Nouvelles § Histoires courtes de Pierre Lieutaud

Il faut lire sans tarder ILLUSIONS, Nouvelles § Histoires courtes de Pierre LIEUTAUD.

par Françoise Bastien

Quatorze courts récits nous conduisent dans des territoires singuliers, de la Pologne à Israël en passant par l’Espagne, Cordoue ou Florence, par des lieux non identifiés et pourtant familiers.

Dans une langue superbe, l’auteur visite avec la sensibilité qu’on lui connait les thèmes de la mère, de l’exode, de la guerre, de la vieillesse, de la mort, mêlant subtilement le réel et l’imaginaire. Chaque histoire est vraie et pourrait être fausse ; chaque récit est inventé mais il s’inscrit pourtant dans le réel. Cette porosité entre l’illusion et la vie traverse toutes ces nouvelles.

C’est toute l’absurdité de l’action humaine qui se joue : la sentinelle qui garde seul une plage où débarque une foule de soldats ennemis, un émigré qui tente d’échapper à la surveillance d’un fonctionnaire décérébré d’un pays totalitaire, ou encore une intervention divine qui favorise la fuite vers la terre promise ou épargne la ville d’un bombardement programmé.

La sauvagerie du monde, c’est par l’imaginaire que Pierre Lieutaud s’en émancipe, en donnant vie à des figurines ou en animant les femmes d’un tableau des Offices apportant chaque nuit au peintre des ballots de ciel bleu pour colorer leur iris.

Nous voguons dans l’imaginaire et la poésie au chevet de la tragédie. A chaque page, on mesure l’absurdité du monde et la souffrance des hommes. Et pourtant, c’est sur la terre qui est parfois si jolie que l’auteur arrime chacun de ses récits. C’est dans un paysage lumineux ou hostile, sombre ou coloré mais toujours vivant que les histoires se déploient. Parce-que vous l’aurez compris, l’auteur nous donne aussi à lire des tableaux et à entendre le chant de la nature.

Il paraît que les médecins sont devenus davantage des techniciens du corps. Il fût un temps pas si lointain où l’on faisait ses humanités pour soigner les hommes. Pour notre plus grand bonheur, Pierre Lieutaud est de ceux-là.

Françoise Bastien

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