Jean-Raphaël Cervoni, cet ami trop tôt parti

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès il y a quelques semaines de Jean-Raphaël Cervoni, auteur et ami de Musanostra. Nous avons voulu lui rendre hommage avec  la petite présentation de Marianne Lalliman, certains que ceux qui l’ont connu ne l’oublieront pas.
cervoni.jpg

Si l’homme est discret, il n’en est pas moins une figure connue, et même une voix familière, portée par les ondes de RCFM jusqu’aux oreilles des amateurs de sport, d’étrange ou d’humour. Jean-Raphaël Cervoni est surtout un auteur prolixe qui nous fait partager son goût pour l’histoire à travers ses ouvrages. De ses multiples casquettes et de ses centres d’intérêt variés, il tire la matière pour des livres à la fois riches et accessibles.
L’historien qui sait allier l’érudition et les qualités du pédagogue propose ainsi régulièrement à un large public de découvrir des pans du passé de la Corse prise dans les évènements marquants du XXème siècle. On rappellera Le petit dictionnaire de 14-18, écrit avec son épouse Marie-Flore, ou Avant l’orage et Les Corses dans la tourmente (en collaboration avec André Cesari) qui donnent une vision détaillée et accessible de cette période particulièrement tragique pour la Corse.

La petite histoire intéresse aussi ce curieux, passionné par tous les aspects de la vie en Corse et qui a collecté au cours d’années de recherches, d’enquêtes et de consultations d’archives, quantité d’informations et de récits depuis le Moyen-âge pour nourrir les colonnes du Petit Bastiais dont il est un collaborateur régulier.
Avec ses Chroniques de la Corse ancienne, dont le troisième tome est paru  fin 2017 aux éditions Clémentine, il nous a offert un recueil de ces anecdotes et faits divers où la vie quotidienne de la société insulaire croise bien souvent les grands moments ou les personnages importants de l’Histoire.

Emplies de mystère ou très prosaïques, souvent amusantes et toujours insolites, ces petites histoires rappellent les mœurs et les croyances des corses au cours des siècles. Elles montrent aussi parfois combien la vie dans nos villes et nos villages a pu être rude, pour les plus modestes surtout.

 

Le couvent San Francescu di Caccia et Castifau mettait en valeur les richesses de sa commune d’origine, tout comme il le fait à longueur d’année en animant l’association San Francescu di Caccia qui œuvre pour la sauvegarde du patrimoine de Castifau.

Mais Jean-Raphaël Cervoni est également un bastiais de cœur, amoureux de la ville dans laquelle il vit, doublé d’un fervent supporter et observateur attentif de l’univers sportif. C’est ainsi qu’après Les rues de Bastia, réédité il y a peu, ou L’épopée européenne du SECB, Bastia sera à nouveau au centre de l’ouvrage qui paraîtra prochainement aux éditions Clémentine.
Les murs de Bastia, écrit en collaboration avec Alice Coudrain, nous en promet une visite originale et très visuelle. Accompagnés d’un photographe, les auteurs en ont arpenté les rues pour prendre plusieurs centaines de clichés qui reflètent la richesse et la diversité du patrimoine de la ville. Façades, portes, plaques ou sculptures sont autant d’occasions pour faire le lien avec un personnage célèbre, un moment de l’histoire de la cité, une anecdote ou simplement admirer une particularité architecturale. La publication des Murs de Bastia a du être retardée, mais l’ouvrage est prêt et devrait être bientôt disponible dans les librairies.

Jean-Raphaël Cervoni nous laisse une œuvre variée, celle d’un passionné de son île et de l’histoire de ses habitants, mais aussi le souvenir d’un homme généreux et modeste que nous avons eu tant de plaisir à côtoyer.

Marianne Laliman

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *