Madame Arnoul, de Jean-Noël Pancrazi Gallimard, 1995

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Marie-Luce Calligari a lu Madame Arnoul, de J.-N. Pancrazi
‎(prix du Livre Inter, prix Maurice-Genevoix et le prix Albert-Camus)

Sensible, furtive et délicate mais solide en définitive, que cette madame Arnoul. Une dame au grand coeur, rêvant d’évasion mais viscéralement ancrée à cette terre brûlante, chamarrée, parfumée tonitruante et sensuelle de l’Algérie. Ce paradis perdu d’avant la déchirure, toile de fond écarlate de la mémoire, offerte, dédiée, à travers ce précieux roman, par Jean Noël Pancrazi à une amie véritable.

D’ailleurs, personnage-titre et toile de fond ne s’entremêleraient-ils pas dans l’imaginaire du romancier pour révéler l’essentiel.

À travers cette ‘ »alsacienne », cette « autre mère », épouse bafouée et humiliée par un soudard, jamais reconnue par la communauté des français d’Algérie, punie pour avoir compris et servi la cause des Arabes, nous est dévoilée l’âme soeur, l’autre soi-même, l’ « être à part », l’ « étrangère ».

Infiniment troublante, la plume à fleur de peau de cet « homme du Sud » -tel que lui-même se définit- cisèle inlassablement et avec talent l’indélébile trace.
Trace de l’Histoire et scarification intime
qui le muèrent à jamais en « enfant perdu ».

 

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