Platon, La République, à propos de la justice

 socrate

 

La République, ouvrage datant du 5e siècle avant J.C., est la retranscription d’un dialogue de Socrate qui, fort de l’idée que l’écrit fige l’idée, gêne la réflexion véritable, a toujours préféré la rencontre, l’échange. Platon, son disciple, a voulu  immortaliser sa parole et sa pensée.

Entre autres thèmes intéressants abordés dans cette oeuvre, les formes de gouvernement ou l’art, une interrogation sur l’homme et son rapport au Bien nous arrête…Il aborde la question de la justice avec le mythe de « l’anneau de Gygès » , petite histoire simple ; c’est de l’argumentation indirecte, un apologue, comme le sont tous les contes, les fables, les paraboles…qui nous font progresser sans nous ennuyer.
Que se passe t-il dans cette histoire que Platon fait remonter au sophiste Simonide ?
Un berger, Gygès, homme respecté, se protège un jour d’un orage terrible en se cachant dans une caverne ; la pluie, les éclairs…redoublent et avec grand fracas, le sol devant lui se fissure ; une nouvelle cavité est mise à jour par accident et Gygès est face à un étrange spectacle. Un cadavre de cavalier gît près de son cheval et à son doigt brille un anneau que le pauvre berger ne peut manquer de remarquer. Ses scrupules initiaux se dissipent et il décide de s’approprier ce bijou.
Quelques jours plus tard, causant parmi les bergers, il s’aperçoit que lorsqu’il fait tourner la bague, plaçant le chaton sous son doigt, on ne le voit plus et on parle de lui à la troisième personne ; il essaie à nouveau, puis en d’autres lieux pour s’assurer de la constance du phénomène. L’anneau a bien le pouvoir de rendre invisible de façon infaillible et Gygès devient audacieux, brigue le mandat pour rencontrer le roi au nom de tous les bergers. Désigné, il se rend avec sa délégation au palais, où il abandonne ses camarades et se rend invisible, ce qui lui permet de commettre de nombreux crimes, parmi lesquels l’assassinat du roi et le viol de la reine…

Que faut-il penser de ce récit ? Quelle est la thèse soutenue  ?  Quel homme, sachant qu’il ne risque aucune punition, que sa réputation ne peut être entachée, ne livrerait pas les sujets d’examen à son enfant, au détriment de toute justice ? Qui, ayant le pouvoir d’obtenir de façon avantageuse un organe en vue d’une greffe, ne se servirait pas ? Sans parler des vols de lingots dans les banques…Tous les scenarii deviennent possibles.

Pourquoi fait-on le bien ? Pour être bien considéré et éviter sanctions et opprobre, ou par volonté de bien agir ? On s’interroge.

 

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