Fugue Pulsations d'Antoine Graziani avec Aquarelles de Bernard Filippi Editions, E Cunchiglie, Editions Albiana

par Alain Franchi
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D’abord une couleur…
Le blanc devient l’union, sans marges, de cet opus, cette Fugue à quatre mains et lorsque la couleur et les mots rompent le silence, la conscience du lecteur est investie. Le geste lié à l’écriture, la musique des mots, narre ici l’insaisissable. Si c’est une rive que l’on veut atteindre, on apprendra d’abord que la compréhension de cet univers est ici intimement liée à l’humus. La subtilité du monde et des mystères qui l’entourent passe avant tout par le non-vouloir. Le poète et le peintre cultivent ces valeurs, pour créer le tourbillon, la force susceptible d’entraîner le lecteur dans le courant.

Un espace…
Chaque espace de création définit ses propres marques où l’avenir, le présent et le passé ne s’arriment à aucun totem connu. Une sorte de territoire libre où les formes restent à inventer, les couleurs transcendent les deux gestes confondus, celui du peintre et de l’écrivain et s’abandonnent ainsi en une vision commune. L’œil bondit, il passe d’une marge à une autre, il s’affranchit des présences convenues, les mots se superposent à la pureté de l’aquarelle. C’est le temps de la rencontre. Jamais langage n’aura été aussi parlant.

Un mouvement (un geste)…
L’échange entre la plume et le pinceau est permanent, il trace avec rage l’absolue nécessité de dire l’indicible. C’est lorsque l’espace du livre s’agrandit et qu’il s’ouvre sur une double page de couleurs et de mots, une foule de résonnances telluriques, comme des ricochets sur la surface d’une eau limpide, que l’évidence s’installe. Pour le lecteur, le geste, d’insaisissable, devient errance. Le temps d’une « Pulsation », le rythme et la glose se transforment en une mélodie composée de lumière et de sons.

Une musique…
La divagation est complète, tellement la musique est partout, l’opus devient symphonie, une Fugue qui permet le passage d’une dimension à une autre et dans le ravissement une échappée grandiose qui ouvre les portes d’un domaine ou tout est sans cesse à recommencer.

 
 
 
 

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