Corses de la diaspora , ed.Scudo 2018. Questions à JP Castellani

Qui êtes-vous jean-Pierre Castellani ?
Je suis né à Ajaccio et ai suivi mes parents dans ce pays étrange qu’était  l’Algérie où ils  exerçaient  le métier d’instituteurs. J’ai donc été élevé en Algérie d’où je suis rentré en 1962.
J’ai ensuite suivi une carrière classique de professeur en passant le concours d’agrégation d’espagnol puis une thèse sur l’autobiographie.
J’ai passé 3 ans à enseigner la littérature française à l’université de Saragosse en Espagne. J’ai enseigné d’abord dans un lycée puis j’ai été recruté comme enseignant à l’université de Tours jusqu’en 2006. À partir de 1987 j’ai aussi été recruté comme charge de cours à l’université de Corte.

Vous êtes considéré comme l’un ses spécialistes de Marguerite Yourcenar ; bien loin des études d’espagnol, pourrait-on penser …D’abord parce que je n’ai jamais voulu m’enfermer dans une seule recherche. Ensuite parce que j’ai enseigné et travaillé l’espace autobiographique et que j’ai été amené à m’occuper de l’œuvre de Marguerite Yourcenar , qui a d’abord été une passion de lecteur puis une grande activité de chercheur et enfin une aventure intellectuelle passionnante avec la création d’une Société des amis de M. Yourcenar qui a fait que j’ai parcouru le monde en présentant des conférences, en participant à des colloques sur l’œuvre de cette écrivaine.

Ayant connu par le hasard de l’histoire l’Algérie en même temps que la Corse puis la France. je considère que j’ai trois Patries, que j’appartiens à trois identités successives, complémentaires et chacune riche  de son histoire. Cependant je considère que c’est la Corse qui est ma patrie par la force de l’enfance qui construit un individu. C’est pourquoi quand par le hasard des rencontres, des projets, j’ai eu l’occasion à partir de l’an 2010 de participer à un cycle consacré à l’histoire de la Corse, à son passé, à sa mémoire et à son identité j’ai accepté très volontiers. Depuis 2010 avec la parution de Une enfance Corse puis de Mémoire de Corse puis de Corse utopies insulaires puis de Portraits de Corse , j’ai coordonné plusieurs ouvrages dans le but de constituer une représentation des 50 dernières années de l’histoire de la Corse.


Pour en revenir à ce livre, oui, il s’inscrit dans une chaine qui  s’interroge et nous interroge sur notre rapport à la Corse ; vous-même en êtes souvent éloigné géographiquement. Pouvez-vous nous présenter votre démarche ? La notion de diaspora ?

Mon nomadisme et mes incessants voyages d’aller et retour entre la Corse et l’extérieur m’on conduit à réfléchir sur la notion de diaspora puisque au sens propre du terme la diaspora est une dispersion de population dans un territoire extérieur à partir du territoire d’origine.
C’est pourquoi nous avons décidé de consacrer le cinquième volume de notre cycle à la diaspora corse, Moi-même me considérant comme un membre de cette diaspora. Ce qui m’a conduit à réfléchir profondément sur le concept même de diaspora, mot ambigu et complexe qui recouvre des expériences très différentes depuis les origines. Il m’a semblé que dans la réflexion sur la  Corse  d’aujourd’hui s’est imposée une interrogation sur cette diaspora Corse qui a toujours existé et qui à mon avis doit jouer un rôle important dans la construction de la Corse de demain.
C’était d’ailleurs le sens du combat d’ Edmond Simeoni avec son association Corsica diaspora qui considérait qu’ était terminé le temps de l’antagonisme entre les corses de l’extérieur et ceux de l’île  et qu’était venu le temps de les rassembler dans un combat commun pour sauvegarder notre identité


C’est pourquoi je souhaite que les jeunes corses éprouvent ce même désir pour s’enrichir du contact des autres et revenir dans leur territoire d’origine plus forts, plus innovateurs, plus entrepreneurs. C’est pourquoi l’ université de Corse a un rôle à jouer et elle le fait en encourageant les séjours à l’étranger, par aussi des conventions avec les universitaires d’autres pays car on ne s’ enrichit qu’ au contact des autres ; mais on peut constater qu’existe une nouvelle diaspora tout à fait différente de la classique.
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Dites nous aussi quelques mots de votre nouvel éditeur, Scudo ; quelles sont ses desiderata, ambitions? Vers quelle littérature se tourne t-il ? 
Scudo deux à vrai dire n’est pas un nouvel  éditeur puisque c’est Jean-Jacques Colonna D’Istria qui dirige cette maison d’édition pour des raisons d’indépendance éditoriale dans un marché très compliqué du livre , on est en Corse et ailleurs. Je l’ai donc suivi volontiers dans cette nouvelle aventure qui l’engage car j’ai une confiance totale en cet homme qui est un vrai éditeur dont le souci principal n’est pas l’argent mais la qualité de ce qu’il publie.


Je pense que toute personne qui vit en Corse en regardant la mer éprouve le besoin de la traverser, d’aller au-delà de cet horizon qui nous fascine et nous inquiète en même temps. Voilà pourquoi tous les insulaires ont exprimer le besoin de partir ailleurs. C’est pourquoi je souhaite que les jeunes corses éprouvent ce même désir pour s’enrichir du contact des autres et revenir dans leur territoire d’origine plus forts plus innovateur plus entrepreneurs cette perspective université de Corse un rôle à jouer et elle le fait en encourageant les séjours à l’étranger, les conventions avec les universitaires d’autres pays car on ne s’est enrichi que au contact des autres mais on peut constater connaît une nouvelle diaspora tout à fait différente de la classique.

Les Corses qui partent maintenant ont un billet aller retour et non pas seulement les billets de l’aller. Ils reviennent au pays avec la volonté de transformer grâce à l’expérience acquise à l’extérieur ; les nouvelles conditions technologiques avec Internet ont brisé l’enfermement de l’île. Ils vont donner des pratiques innovantes qui vont modifier l’expérience de la diaspora

Qu’est ce qui a prévalu au choix des auteurs ? 
Nous avons cherché en toute liberté des personnes ayant connu une expérience importante à l’extérieur de la Corse et en leur demandant non seulement de nous raconter leur séjour à l’étranger mais aussi en analysant les raisons de leur départ de l’île : les conditions de l’arrivée dans le pays étranger et comment ils avaient été reçus dans ce pays. Nous avons choisi donc 17 personnes sans aucun tabou, avec le seul souci de diversifier leurs expériences, d’éviter les doublons. Nous avons fait le choix peut-être discutable mais que nous assumons de ne faire appel qu’à des Corses ayant vécu à l’extérieur du continent français pour deux raisons : d’abord nous pensions que cela a été fait déjà avec ceux de Marseille ou de Paris et que l’expérience de Corses du Venezuela , de Porto Rico , de New York ou du Japon ou de Chine avait cette étrangeté au sens propre du terme que nous recherchions.

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