par Audrey Acquaviva

Au-delà de la plongée dans la mécanique implacable d’un prédateur sexuel et de sa proie ; au-delà de l’universel besoin d’amour ; au-delà d’une résilience livrée à travers un éprouvant récit de reconquête de soi, départi de toute émotion ; au-delà même de l’emballement médiatique, Le Consentement de Vanessa Springora soulève un passionnant et déroutant questionnement éthique qui mêle sphère privée et sphère publique : la capture du réel par l’écriture.

Le Consentement en évoque deux. La première concerne à la fois le parcours de la proie et la reconquête de soi. La seconde aborde le réel transformé dans les récits de son ancien prédateur, lui-aussi écrivain. Et Vanessa Springora comprend que chez ce dernier, le réel est transformé afin de le mettre à l’honneur. Elle y perçoit même une faculté à aborder la vie dans le seul but de la coucher sur papier.

Le Consentement évoque aussi la transformation de personnes en personnages à travers l’écriture. Ainsi, dans son passé douloureux, Vanessa Springora est passée tour à tour de muse à objet, d’adolescente en quête d’amour en être disloqué. Dépossédée d’elle-même, elle a été réduite à une initiale. Elle termine son récit en transformant à son tour son ancien prédateur en personnage, l’enfermant à jamais dans une prison de mots.

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