Carole Ottaviani-Marmouset revient avec un nouveau recueil de poésies, édité par la maison les Bonnes Feuilles.
Millefeuille d’hiver, comme nous l’explique son autrice, nous permet de jouer sur les mots et leur signification dès le titre. Elle a choisi de nous présenter cette succession de pages comme le gâteau croquant à l’extérieur et fondant en son centre, qui nous réconforte rien qu’à son évocation. L’édition soignée fait le choix d’un papier mat et d’un tableau de couverture Illustrant une forêt corse par un peintre qui ne l’est pas. Le papier est issu de forêts gérées durablement. La table des matières, pour peu que l’on ait la curiosité de commencer par elle, nous promet mille feuillets divers.
Pour qui a lu Carole Ottaviani depuis les débuts de son écriture, on retrouve une pâte bien à elle, avec le choix souvent fait de vers courts permettant une scansion rapide, un rythme soutenu, des idées qui l engagent, et qu’elle choisit de défendre de façon percutante.
« Ici tout est éclatant, et pourtant rien n’est léger… ». On pense à Camus, non pas à Noces, où tout reste à la surface de la mer et du soleil, mais plutôt comme une phrase qui introduirait l’Étranger. Carole est une fille de la Méditerranée, attachée à cette île de Corse sur laquelle tout semble lié à la beauté des choses, mais qui sait exprimer ses idées dans un silence parfois intransigeant. Cette ile, elle aime la quitter pour mieux y revenir, et c’est au cours de l’un de ces nombreux voyages qui ouvrent l’esprit et le cœur, que ce recueil est né.
Sa culture et son goût pour l’histoire et le monde se retrouve dans son choix des illustrations.
Sa curiosité et la défense de ce à quoi elle croit, dans le choix de ses titres.
Sa sensibilité dans une simple phrase qui regroupe plusieurs poésies: « L’Amour existe surtout dans ce qu’on n’a pas su dire… ».
Pêlemêle : L’île meurtrie, Le curé, Un autre regard, Étriqué, Injustice, Gaza, L’abyssale étreinte, Les absents, Le grand âge, Le temps de l’édition, Féministe, ou encore L’instant suspendu…
Autant de petits bonbons que les enfants que nous sommes, dévoreurs de poésie, s’apprêtent à consommer sans modération.
Nous sortons de cette lecture un peu plus riches d’une beauté qui nous fait de plus en plus défaut, dans ce monde envahi par une actualité brutale qui prend le dessus sur toute autre forme d’écriture, pour peu qu’ on ne prenne pas le temps de choisir la beauté des mots.
Article de Caroline VIALLE

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