Paul Mancini, le saxophoniste Ajaccien, poursuit sur la route du succès avec sa nouvelle création
Quand le saxophone fait résonner la foi corse à Paris, le 21 novembre
Entre musique, théâtre et spiritualité, Paul Mancini propose avec Mystère de Judée une création profondément inspirée par la Passion du Christ. Nourri par la culture corse et son expérience musicale au sein des églises, l’artiste fait du saxophone un véritable instrument d’expression spirituelle. À travers cet album, il souhaite transmettre une part essentielle de l’identité insulaire et faire résonner cette tradition bien au-delà de la Méditerranée.
Interviews Paul Mancini, saxophoniste
Album Mystère de Judée
- Pouvez-vous nous expliquer le choix du nom de l’album, Mystère de Judée ? Y a-t-il un rapport direct avec la région méditerranéenne, la Corse et la religion qui est omniprésente sur l’île ?
Le titre est né de mon expérience en Judée. Lorsqu’on se trouve dans un lieu aussi chargé d’histoire et de spiritualité, on ne peut qu’éprouver des sentiments exceptionnels. J’avais commencé à prendre des notes sur la Passion du Christ, avec l’idée d’en faire une œuvre musicale. C’est à mon retour en Corse que j’ai repris et mis au propre ces notes. Comme je joue régulièrement dans les églises, notamment en Corse, je souhaitais créer quelque chose de profond qui évoque la Passion du Christ.
- Quel est le sens du mot « Mystère » dans ce titre ? S’agit-il d’un terme métaphysique qui dépasse la raison humaine ?
Oui bien-sûr, il s’agit d’un terme métaphysique, À travers cet album je voulais faire ressentir la Passion du Christ et transmettre la dimension spirituelle de cet événement. En tant que catholique, ma démarche est profondément religieuse.
- Vous êtes un homme de théâtre ; le saxophone est-il pour vous une forme de dialogue avec le public, sachant qu’on le décrit souvent comme l’instrument le plus proche de la voix humaine ?
Pour moi, le saxophone est un prolongement du corps. Je l’ai depuis l’âge de sept ans : c’est un véritable moyen d’expression. Je ne souhaite pas m’enfermer dans une catégorie musicale. On peut me trouver au théâtre, dans des projets classiques ou encore autour du rap. Ma démarche musicale est éclectique
J’ai notamment travaillé sur la vie de Charlie Chaplin, qui composait lui-même toutes ses musiques. Dans un spectacle avec Francis Huster, consacré à la vie de Chaplin, celui-ci racontait son parcours tandis que j’intervenais musicalement
- Vos productions mêlent souvent la musique, le théâtre et l’histoire.
Comment l’idée est-elle née de placer la foi et la spiritualité au cœur de cette création ?
J’ai passé une grande partie de ma vie à jouer dans les églises, en Corse, la culture et la foi sont étroitement liées. J’ai été bercé par cette culture insulaire et par tout ce qui l’accompagne. La foi est omniprésente dans cet environnement et elle a naturellement nourri mon parcours artistique.
- La Passion du Christ est un pan fort de la culture et de l’actualité corse : est-ce une volonté de votre part de la faire résonner jusqu’à Paris ?
Bien sûr. C’est même une forme de militantisme. La foi fait partie intégrante de la culture corse. Lorsqu’on souhaite faire découvrir cette culture, il est essentiel d’évoquer également les chants d’église et toute cette dimension religieuse qui la caractérise.
- La religion semble occuper une place centrale dans votre démarche artistique. Pouvez-vous nous dire en quelques mots pourquoi elle est devenue votre « muse » ?
Lorsque j’ai commencé mon apprentissage musical, mes premiers pas se sont faits dans l’église. La religion m’accompagne depuis mes débuts et continue de me suivre dans chacun de mes concerts. Lorsque j’entre en scène, je fais un signe de croix. C’est une dimension profondément ancrée dans ma vie et dans ma pratique artistique.
- Historiquement, le saxophone a parfois été boudé par les autorités religieuses, tout en étant un symbole de liberté et de rébellion, notamment à travers la culture noire. Est-ce une façon pour vous de réhabiliter cet instrument dans le milieu sacré par le biais d’une contestation sociale ?
Lorsque j’ai commencé à jouer à Paris, certains prêtres n’étaient pas nécessairement favorables à la présence du saxophone dans les églises.
Pourtant, j’ai eu l’occasion de jouer lors de la messe du pape. J’ai également sorti un album à l’occasion de sa venue en Corse. À la suite de cet événement, nous avons reçu une lettre du Vatican nous encourageant à poursuivre dans cette voie.
- Pouvez-vous nous parler de l’enregistrement de Mystère de Judée et de la suite du projet ?
L’œuvre Mystère de Judée a récemment fait l’objet d’un enregistrement avec des musiciens de l’Opéra de Paris, qui accompagnent le projet, ainsi qu’avec le studio Ricordu, en Corse. Les orchestrations pour l’orchestre ont été réalisées par Costa Papadoukas. Un concert est également prévu à Paris le 21 Novembre
Geldreich Carla, membre de MUSA NOSTRA
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