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Articles

Forme animale. A lingua lla bestia. de Stefanu Cesari Fior di carta

par M.H.Ferrari


Un rispondini più i paroli a chjama
Di a ciorma
Ghjustu un’acqua pien’a tarra
Chi penaA righjunggja d’altri foci aparti
E u mari (…)
U linguaghju
Ansiighja
Buddaru di lena


J’ai ce recueil depuis un bout de temps déjà, il est toujours à côté de moi dans mon bureau, car non seulement les textes sont magnifiques, mais pastichant mal l’auteur, je dirais que mi vuriu sfà ‘ssa prisenza, mais ce n’est pas possible.

Les mots y sont retenus, pleins de pudeur et de violence, un univers qui parle, et qui est celui que nous avons chacun en nous.

J’aime beaucoup la poésie de Stefanu, qui je pense, mérite une plus large publicité et dont je rappelle qu’il a été préselectionné par le Jury de Ouessant l’année dernière, avec raison.Je ne fais jamais de publicité, mais compte tenu de la modestie de sa diffusion, si ce livre vous plait, il est disponible sur le site de a fior di carta.

J’espère qu’il y en aura d’autres


Réédition d’un article, première mise en ligne Musanostra 2009

Articles

L’ULTIMI , Jean-Pierre Santini, A fior di carta

par Jean-Marc Riccini

L’Ultimi  est le titre qui convient parfaitement à cet ouvrage. Les derniers corses, les derniers espoirs, les dernières illusions. Ce livre de Gjuvan Petru Santini aurait pu l’intituler aussi « L’Ultimu » en référence au personnage central de cette histoire.

Matteu Susini y croit encore, y croit toujours. Lui, un des fondateurs du FLNC, dresse le constat amer que la lutte qu’il mène depuis 40 ans n’est plus et qu’elle a été dévoyée. Militant de la première heure, écrivain, auteur de manifestes, d’articles et d’essais politiques, Matteu va aujourd’hui utiliser les réseaux sociaux pour organiser une Consulta qui aura lieu le 15 Juillet 2015 au couvent Saint Antoine d’Orezza, lieu et date symboliques s’il en fût. Le but est d’insuffler une nouvelle dynamique au mouvement indépendantiste au moment ou la pensée autonomiste a prévalu, avec des responsables qui tiennent, paradoxalement, un rang dans les institutions françaises et non corses comme l’aurait souhaité Matteu.

Qu’a-t’on fait du manifeste en 5 points du FLNC du 5 mai 1976 ? Il faut selon Matteu Susini retourner aux fondamentaux. Son initiative est « likée » 150 fois.
Mais qui va suivre réellement ce théoricien pur et dur pour amorcer de nouveau la lutte telle qu’elle était il y a quarante ans. C’est sûr, les amis d’alors seront là : Martin Tramoni et Marcu Nebbia. Matteu attendra une trentaine de personnes : ils seront 12.
La vie ou même le jeu politique a engendré la résignation. Et c’est une (petite) armée en déroute (mais y a-t-il encore des soldats ?) qui quittera, ce soir là, la réunion. Matteu cristallise la critique : « s’il se perd dans ses rêves, qu’il s’y perde seul sans déranger les autres » les mots sont durs.

Martin Tramoni, l’ami, constate en parlant des Nazionali qui sont présents aux cérémonies de Ponte Novu : «  on se joue la comédie comme on le fait partout où le folklore a remplacé l’histoire ». Il ne restera rien de cette rencontre. Matteu, le sincère, le pur, y croit encore et prévoit une réunion à la rentrée. Mais comme le dit un participant « la sincérité ne suffit pas quand on fait de la politique ».

Que peut-il faire dans cette île livrée au consumérisme ? Que peut-il faire face à des militants qui préfèrent privilégier leur vie de famille et leur bien- être matériel ? Que peut-il faire face à des militants comme Paulu Maria Franceschetti qui sont venus saboter son projet ?

Dans un premier temps l’auteur nous présente tous les protagonistes et leur passé de militants. Puis vient l’analyse de la situation que développe Matteu lors de la Cunsulta. On pourra pendant le discours mesurer le degré d’implication des participants et connaître le fond de leur pensée. Pour conclure viendront les conséquences ou comme le dit l’auteur les inconséquences de cette réunion.
La désillusion gagne Matteu : « un jour encore dont il ne restera rien, que le goût amer du temps perdu. C’est un échec mais j’ai tenu le discours que je tiens depuis toujours. Un rêve de liberté pour un peuple qui, au fond, n’en veut pas ».

L’Ultimi est un livre qui se lit rapidement. Les questions qu’il pose, les constats qui en ressortent correspondent bien à ce qu’est la Corse aujourd’hui et on peut sans doute en partager l’analyse.
Pour terminer, une question : Matteu Susini et Ghjuvan’Petru Santini ne seraient-ils pas une seule et même personne ? La réponse est dans la question.