C’est dans l’atmosphère chaleureuse et animée que le café littéraire de Musanostra a tenu sa séance mensuelle. Il marquait l’anniversaire de l’asssociation. 18 ans d’activités autour des livres et de l’écriture. Une soirée placée sous le signe de la joie. L’occasion de remercier les bénévoles, le public fidèle avec toujours de nouveaux venus et les soutiens institutionnels et privés qui rendent l’aventure possible.
Un tour du monde en livres
La séance de présentations courtes, le format « 3 minutes chrono » étant cher à Musanostra pour un café littéraire, a une fois de plus révélé l’éclectisme assumé de ses membres. Kévin Roussel a ouvert le bal avec le dernier roman de Jérôme Ferrari, Très brève théorie de l’enfer (Actes Sud). Il s’agit d’un roman poétique sur l’expatriation. Il est campé dans la rudesse d’une zone industrielle d’Abu Dhabi. Caroline Vialle a ensuite fait voyager l’assemblée au Japon avec Le Goûter du lion d’Ogawa Ito. C’est un récit tout en délicatesse autour d’une maison de fin de vie sur une île. Ce roman a été salué avec chaleur par plusieurs participants.




Lucia Memmi a présenté avec enthousiasme le dernier livre de Simonetta Greggio, portrait saisissant d’une naturaliste polonaise, Simona Kozak. Elle a vécu 30 ans en immersion forestière. Elle cohabite avec une laie adoptée, un corbeau cleptomane et un lynx. Baptiste Leberigot a rendu hommage à Juan Rulfo. Il évoque Pedro Páramo et El Llano en llamas. Ce sont deux œuvres majeures du réalisme magique mexicain. Elles sont saluées pour leur puissance littéraire et sociale.
Des voix du monde entier
Hervé Cheuzeville a présenté son propre ouvrage, À la rencontre des EnawenêNawê. C’est un voyage humanitaire au Mato Grosso (Éditions Maya). C’est un journal de terrain chez un peuple autochtone du Brésil. Il mêle immersion émotionnelle, deuil personnel et engagement éducatif. Pascale Leoni a présenté le polar sarde de Piergiorgio Pulixi, L’Île des âmes. Il s’agit d’une enquête sur le paganisme, le lien à la terre et le décalage culturel entre l’enquêtrice et le lieu de l’intrigue. Elina est revenue sur le classique de John Fowles Le Collectionneur, toujours aussi éprouvant pour sa tension psychologique.





Côté francophone, Anne-Marie Sammarcelli a présenté le dernier ouvrage d’Adélaïde Clermont-Tonnerre. Sa réinvention de Milady, héroïne des Trois Mousquetaires, a séduit l’assemblée. L’auteure a revisité l’héroïne dans toute sa complexité. Et Marie-France a conseillé la lecture du Folcoche de Émilie Lanez, une lecture critique du récit familial d’Hervé Bazin. Il démystifie l’autobiographie par un travail d’archives minutieux.
Elisa Allari présente l’ouvrage de Sandro Veronesi de Septembre noir (Grasset). L’ouvrage évoque le passage de l’enfance à l’adolescence, les attentats des Jeux Olympiques de Munich, les liens entre la mémoire et le drame intime. Elle a évoqué un deuxième livre, de Régine Detambel, intitulé Écrire juste pour soi (Actes sud). Il s’agit d’un plaidoyer pour l’écriture personnelle et des vertus thérapeutiques de celle-ci.
Un recueil inédit
Ce café littéraire a aussi réservé une belle place à la littérature corse et régionale. Marie-Ange Antonetti a présenté Soli di Parigi. C’est un recueil de 27 poèmes en corse et en traduction française. Une promenade parisienne publiée aux éditions de la Casa d’Avena (Île-Rousse).
Lucia Memmi et Marie-France Bereni-Canazzi ont aimé l’ouvrage Jardins de Corse et de Balagne, de Sophie Garrone, paru chez Albiana. C’est un ouvrage collectif sur le patrimoine naturel et culturel corse. Un patrimoine à découvrir et à protéger. Un plaidoyer pour les jardins, la vigne et les savoir-faire agricoles de l’île.
Restitution de créations des ateliers écriture et théâtre
Caroline Pount a lu un très belle création. Des instantanés dans un décor urbain parisien. Catherine Agostini a mis à l’honneur les textes de François-Xavier Dianoux-Stefani dans Le Chant des ronces (Omara éditions).

Un agenda culturel chargé
Musanostra a aussi dévoilé un programme de rencontres à venir. Le 28 mars, à Bastia, un atelier d’écriture accueillera les participants de 14h à 16h. Le même jour, à la bibliothèque de Ghisonaccia, le printemps des poètes battra son plein avec des lectures variées.
À Bastia, d’autres événements vous attendent. Les scontri de Cathy Campana ont été annoncés avec de belles personnalités invitées (le cardinal Bustillo, Marcandria Castellani).
Le 30 mai, les lecteurs se déplaceront jusqu’à Ogliastru pour la Journée de l’Olivier. En projet, la philosophe italienne Ilaria Gaspari devrait faire le déplacement pour présenter son nouvel roman, Une rumeur dans le vent (Le bruit du monde).
Dix-huit ans après sa fondation, Musanostra continue de faire de la lecture et de l’écriture un acte ouvert sur le monde.
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