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Le neuvième annulaire, un excellent polar signé Yan Kellern

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Très bon moment de lecture ! C’est un roman paru aux éditions du 38 (je ne les connaissais pas ) qui nous entraine en Bretagne, à Concarneau où le tueur en série perpètre ses crimes sans se faire prendre. Comment l’arrêter ? Avec le commissaire Y-M Plazek  et Martin Lempereur qui vient lui prêter main forte depuis Paris où d’autres crimes mettent à mal les équipes de policiers, on assiste à un travail aux effets un peu improbables car chacun a sa méthode : le profileur aux prises avec le terrible Yakusa a ses habitudes, et Plazek également. Difficile collaboration donc. Il semble à un moment donné impossible de démêler l’écheveau. En plus les deux affaires sont bien complexes !
J’ai aimé les regards différents portés sur les êtres et les événements, selon les focalisations. Dans la tête d’un tueur, dans le regard de Plazek, avec Yakusa et d’autres, on devient froid, on anticipe, on dissimule. On est victime , on est bourreau …

Chaque meurtre semble original, mais rien ne l’est : malgré l’absence de ressemblance immédiatement perçue entre les divers cas (les morts sont nombreuses ) , la seconde série de crimes concernant des femmes retrouvées mortes, violées avec l’annulaire coupé, comporte certains points qui mettront les enquêteurs sur d’autres voies.

Un thriller qui se lit vite, avec plaisir, curiosité : beaucoup de mystère, un style très plaisant, humour et parfois horreur sont au rendez-vous !

Saluons aussi la qualité de fabrication de ce gros roman  de 492 pages, belle couverture, papier de qualité ! mon coup de cœur  !

Paul Poggi, Cannes 2017

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Tout ce dont je ne me souviens pas, ou la question du pourquoi…

 
Tout ce dont je ne me souviens pas
Jonas Hassen Khemiri
Roman traduit du suédois par M Ségol-Saumoy, 340 pages
Paru en France, Actes sud , en Mai 2017

Après la mort de Samuel, qui faut-il écouter pour comprendre ? Est-il mort d’un accident ? S’est–il suicidé ? Il s’agit ici d’une enquête dans laquelle de nombreux intervenants racontent un moment de la vie de Samuel, qu’ils l’aient vu peu ou beaucoup, qu’ils l’aient aimé ou que celui-ci leur soit indifférent : son voisin, sa mère, sa petite amie, son colocataire, un ami, son ex…On reconstitue peu à peu avec le narrateur la vie, les joies et soucis de l’absent et on distingue mieux les traits du jeune homme, on l’entend par propos rapportés, on en apprend davantage sur lui, son quotidien, ses rêves.
Son rapport aux autres, à la langue, à l’identité, à la justice, son soutien aux femmes bafouées, sa volonté de gommer un peu les difficultés de l’appartenance à deux cultures bien différentes, car comme pour l’auteur, il est question de double héritage font de ce livre un roman intéressant, qui ne donne pas immédiatement toutes les clés, qui fait parler plusieurs voix à la façon de Chronique d’une mort annoncée de G Garcia Màrquez , ce qui à la fois éclaire et crée la confusion. Samuel est mi arabe mi suédois et les diverses prises de paroles posent entre les lignes la question de la qualité de vie de ceux qui ne trouvent pas leur place dans une société car différents.

MF Bereni Canazzi