À travers son nouvel ouvrage, La Cuisine de mon père, publié aux éditions Musanostra, Jean-Paul Marcheschi évoque les saveurs de son enfance. Dans cet article, Nathalie Pacchiani souligne l’importance et le prestige de cet artiste écrivain à l’œuvre marquée par la Corse.
Par Nathalie Pacchiani
Retour au pays natal
Jean-Paul Marcheschi a une nouvelle fois posé son pinceau de feu pour prendre sa plume et nous charmer en nous transportant dans la saveur des parfums culinaires de son enfance. Sa dernière œuvre, Les Perséides était une ode à la Méditerranée, cette Méditerranée faite d’ombre et de lumière, d’un tragique solaire dont naissent de si lumineuses aubes. Dans cette autobiographie, la plume de Marcheschi évoquait dans un élan camusien les lieux chers de sa terre natale, de son enfance, Bastia, Sisco, Pedre scritte…nous rappelant ce que ses œuvres picturales ne cessent d’évoquer : l’importance de l’origine.
La Cuisine de mon père, ou le goût de l’enfance
Jean-Paul Marcheschi, La cuisine de mon père
Dans La cuisine de mon père, publiée au sein de notre collection, Jean-Paul Marcheschi livre ici un fragment surprenant de son autobiographie : des souvenirs de son enfance à travers des recettes qu’il a précieusement conservées, celles de son père. Elles fleurent bon son île natale. Un hommage sensuel et touchant à sa famille, un bouquet savoureux …
Rien d’étonnant dés lors à ce pèlerinage dans le passé par le palais qui unit tous les sens et que la flamme une nouvelle fois transforme, transcende. C’est l’invitation de l’artiste avec son dernier ouvrage bilingue La cuisine de mon père, A cucina di babbu . Tout commence par le feu qui crépite, les premières senteurs qu’il fait naitre, le regard posé sur le met qui exalte la voûte palatine avant même d’avoir passé le seuil des lèvres. Cette fête sensorielle, Jean-Paul Marcheschi la revit à travers l’évocation succincte de recettes paternelles, savoureusement parsemées d’une douce nostalgie. Car la magie de ce fragment culinaire tient dans ce subtil passage entre réminiscence et souvenir. Ces traces, ces empreintes que l’on extrait de l’esprit sont la signature même de l’artiste insulaire, qui chaque jour jette sur des feuilles, des mots, des images que la nuit, le sommeil ont parsemés dans sa mémoire et que la flamme embrase joyeusement …comme les lumini d’Erca, la grand-tante tant aimée, éclairaient autrefois la nuit de l’enfant.
Une œuvre qui a sa place au Musée Rodin
Chacune des œuvres du peintre corse qu’elle soit picturale ou littéraire est tournée vers sa terre natale qu’il a sublimement honorée en entrant de manière pérenne au Musée Rodin. En effet, il compte parmi les trois artistes internationaux retenus pour orner les boiseries de l’hôtel Biron ; trois artistes contemporains dont la spécificité artistique insuffle à ce lieu une note de modernité, s’harmonise avec l’œuvre de Rodin et l’évocation des trois éléments présents dans la sculpture de l’artiste.
Le choix du prestigieux musée s’est ainsi porté sur Barthélémy Toguo pour son travail sur le thème de la terre, Li Xin, nommé explicitement le « peintre de l’eau », et Jean-Paul Marcheschi dont le travail sur Dante illumine désormais les boiseries du salon consacré à la Porte de l’Enfer.
Parmi les huit finalistes du Médicis
Marcheschi, c’est un lieu et un nom qui raconte son histoire, ses racines, ses ancêtres ; c’est l’ambivalence que l’individu méditerranéen porte en lui comme une nécessaire fatalité… ou destinée, d’où émane « le souffle noir de l’origine ». On comprend ici l’attachement au Gréco souvent évoqué dans les essais du peintre insulaire , lui dont le dernier, Un grand sommeil noir, Le Greco, figura parmi les huit finalistes pour le prix Médicis.
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