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Revue

Revue #24

REVUE – Du manga à la poésie en passant par le roman, ce vingt-quatrième numéro de la revue est très éclectique. Retrouvez l’interview inédite de Jean-Marie Rouart, l’académicien passionné. Mais aussi la recension du magnifique ouvrage de Luce Deramo, Le Détour, publié chez l’incontournable Tripode. Ou encore un poème inédit de Petru Canon, Ti faraghju alta… Julien de Casabianca nous fait l’amitié d’illustrer d’une de ses oeuvres cette édition.

Sommaire

ARTE – Présentation de la couverture : une oeuvre de Julien de Casabianca // L’Editorial de Marie-France Bereni-Canazzi – P.3 // MUSINATEPatricia Guidoni, Le monde d’après… et alors – P. 4 // CHRONIQUEFrancis Beretti, Gabriel Garcia Marquez, Le Triple Champion dévoile ses secrets – P.6 // CONCOURSFantine Billieux, Une longue nuit – P. 8 // Chronique – Lena Maria Perfettini, Zaï zaï zaï – P.11 // CHRONIQUE – Dominique Memmi, Cher Saul – P. 12 // PORTRAIT – Jean-Marie Rouart, l’académicien passionné – P.14 // CHRONIQUE – Marie-France Bereni-Canazzi, La Jeune Fille au chevreau – P.19 // CHRONIQUE – Alain Walter, Stefan Zweig, Marie-Antoinette – P.20 // DOSSIER – Sam Bozzino, Le Prix des découvreurs : une fenêtre ouverte sur la poésie vivante – P.22 // CHRONIQUE – Marie-Anne Perfettini, Luce Deramo, Le Détour – P. 26 // MANGA – Elina Marcelli-Bertrand, Bungo stray dogs – P. 28 // CRONICA – Marianne Laliman, Piuma albeghja – P. 30 // PUESIA – Petru Canon, Ti faraghju alta – P.31.

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Articles

L’art et le livre

« Ut pictura poesis » disait Horace dans son Art poétique. Si l’image et le verbe ont autant en commun, leur rencontre était inévitable. Marine SimonCiosi nous conte l’histoire de cet entremêlement fertile entre livre et art.

Par : Marine SimonCiosi

Lorsqu’il est question d’art en littérature, c’est une profusion d’œuvres mêlant écrit et image que l’on rencontre. Fables illustrées tel le Pânchatantra indien, traités scientifiques étayés de schémas, ouvrages de géographie ou d’histoire comme les Chroniques de Nuremberg, ou simplement romans d’aventure ou de jeunesse… Derrière l’extrême diversité des livres et des époques se profile une multiplicité d’intégrations du visuel au sein du textuel.

À l’époque médiévale, livre et art se rejoignent souvent en un même médium, pensé comme un relais de sacralité. Les Bibles en sont un exemple majeur. Joyaux artistiques, elles sont célébrées pour leur intérêt spirituel et historique. Mais aussi comme témoignages d’un patrimoine iconographique et d’une virtuosité technique. Un ouvrage consacré aux plus belles Bibles enluminées du Moyen Âge, Le livre des Bibles de Füssel, Gastgeber et Fingernagel étudie le formidable fond de la Bibliothèque Nationale d’Autriche. La production de ces ouvrages, la formation religieuse et artistique des scribes sont évoquées. De même que les ornements, choix stylistiques et soubassements théologiques propres à chaque œuvre, montrant combien le «grand code» allie l’écriture sacrée à une riche symbolique formelle.

Une synthèse entre narration et figuration

Si l’on s’éloigne des seuls horizons européens, comment ne pas évoquer un cas d’extraordinaire synthèse entre narration et figuration : les Codex aztèques ! Citons par exemple les Codes Borgia ou Borbonicus. Les tlacuiloque, peintres-scribes aztèques, utilisent un langage essentiellement visuel. Les spécialistes parlent donc d’écriture pictographique. Ils représentent avant tout les croyances idéologiques de leur civilisation.

Codex Borgia, p.11, c. XVe siècle, FAMSI Inc.

Artisans respectés, leur instruction n’est pas purement plastique. À l’apprentissage des codes de représentation tels que l’orientation de lecture, la multiplicité des points de vue et les traits noirs entourant chaque figure, ils allient une connaissance large dans les domaines géographique, mythologique, toponymique ou encore zoologique. Les amontli précolombiens furent massivement détruits. Mais certains furent conservés à des fins d’outil documentaire par les colonisateurs ou envoyés comme objet de curiosité en Occident. Ils montrent combien la figuration du monde passe par un signifiant riche en symbolique, plus proche du dessin que du mot.

Mais pour le lecteur du XVIIIe siècle à nos jours, c’est davantage un monde moderne et démultiplié par de nouvelles productions textuelles qui s’offre à la découverte. L’Encyclopédie (1751-1772) de Diderot et d’Alembert apparaît comme une entreprise où l’illustré a toutes ses lettres de noblesse. Symbole par excellence des écrits des Lumières, qui s’inspire et dépasse les ouvrages de Bayle et Chambers, le projet vise à présenter à l’honnête homme l’état actuel des connaissances dans tous les domaines. On mentionne souvent le gigantisme de la démarche, composée de 60 000 articles en 17 volumes, fruit du travail de Diderot, Jaucourt et d’Alembert ainsi que 150 autres collaborateurs. Et si l’on s’intéresse souvent à l’audace de certains articles, l’une des caractéristiques de l’œuvre est également la place qu’elle accorde aux Arts et Techniques. Ils deviennent objets d’intérêt et donc d’étude. Et leur évocation passe notamment par des planches explicatives.

Passementier. Métier à faire le galon. Élévation perspective du métier à faire le galon. Illustrations de Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, arts et métiers.
Passementier. Métier à faire le galon. Élévation perspective du métier à faire le galon. Illustrations de Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, arts et métiers. Tome 1 des planches

Consécration de la technique

On compte ainsi onze volumes d’illustrations entre 1762 et 1772. Ces volumes sont souvent inspirées des planches des Descriptions des Arts et Métiers que l’Académie Royale des Sciences ne publie pas aussi vite. La majeure partie de ces dessins est exécutée par Louis Jacques Goussier. C’est donc une double consécration de la technique, entre savoir-faire étudié et savoir-faire employé au service du propos. C’est en ce sens que l’on peut apprécier le second nom de l’Encyclopédie : Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers. Celui-ci rend compte de l’ampleur globale de la démarche.

Étrangeté littéraire, le Tristram Shandy de Laurence Sterne est quant à lui un long texte décousu et subversif. Il évoque et pastiche les figures de la Renaissance telles Rabelais et reprend les réflexions philosophiques de l’époque. La postérité de l’œuvre est surtout due à une formidable licence typographique. Les lignes évoquent vaguement un paysage émaillant le propos du narrateur.

Laurence Sterne. The Life and Opinions of Tristram Shandy,
Laurence Sterne. The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman. 1759. 7e édition (1768), vol. 1, pp. 70-71.
University of Glasgow Library, Special Collections Department.

L’aventure des surréalistes au XXe siècle marque un autre tournant dans l’inclusion du visuel au sein d’un texte entièrement repensé, troué, fragmenté ou remodelé. Revendiquant la création par fulgurance, vision et association, la recherche de l’inédit et du «stupéfiant image», ce courant en appelait naturellement à repousser les relations traditionnelles entre textes et illustrations, entre livre et art. Avec Une Semaine de bonté, qualifié de roman graphique ou roman collage, Max Ernst réalise 184 planches nées de retouches apportées à des gravures victoriennes. Il aboutit ainsi à des cadavres exquis visuels étonnants et parfois glaçants.

Le texte : un élément artistique

On peut songer encore à bien d’autres formes de cette alliance moderne entre mots et images surréalistes. Comme Aragon qui fait surgir au sein du récit du Paysan de Paris divers éléments visuels comme des pancartes ou affiches publicitaires. Ou encore les Calligrammes d’Apollinaire qui innovent puisqu’il ne s’agit plus d’inscrire l’illustration dans le texte, mais de faire du texte un élément artistique lui-même, le contour des mots formant les figures d’un dessin. Le goût surréaliste se délecte pleinement du recours à une écriture visuelle. Et dans un contexte de tension de l’art et de la littérature vers la contestation ironique et le postmodernisme, donner au visuel le primat sur le textuel revient à déconstruire l’objet livre purement académique, perçu comme sclérosé.

À lire aussi : Philippe Soupault « écrivain polygraphe intelligent  et doux qu’aucune gloire littéraire n’intéressa »

La Maison des Feuilles de Mark Danielewski présente toujours une intrigue. Mais l’œuvre a surtout fait date en tant que rupture avec les conventions typographiques et éditoriales. Paragraphes en pagaille, notes de bas de page hypertrophiées, mise en page décentrée ou découpant le texte contribuent à relativiser l’intérêt du propos tout autant que la course à l’innovation et à la modernité. La dynamique visuelle au sein de la littérature n’en finirait ainsi pas de faire débat. Prolongement superfétatoire ou ludique d’un texte, atout didactique, dimension à part entière d’une œuvre duelle, textuelle et artistique, ou encore médium d’une innovation ou d’une déconstruction, l’art dans le livre met assurément en jeu intentions et représentations, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Entretien

Questions à Philippe Granarolo, à propos des Carnets Méditerranéens de Nietzsche. Editions Colonna. Par Jean-François Pietri.

 

1) Vous nous faites partager les sentiments, les impressions et les idées vraiment personnelles de Nietzsche voyageur, «  le plus méditerranéen de nos philosophes ». Le philologue devenu philosophe se déplaçait dans le temps, le voici parcourant l’espace pour devenir Grec. Pourrait-on évoquer une sorte d’ homérisation ? «  Comment ai-je pu vivre si longtemps loin de cette mer sur les rives de laquelle pour la toute première fois de ma vie, je me suis senti chez moi ? ».

Vous évoquez quelque chose comme une « homérisation » de Nietzsche : je souscris à ce terme. Nietzsche a donné à l’Université de Bâle des cours sur Homère qui sont de purs bijoux. Pour aller dans ce sens, j’ai souvent mis en évidence cette formule d’Humain, trop humain :
« Il y a de grands avantages à se faire une bonne fois et dans une large mesure étranger à son temps, à se laisser […] flotter sur l’océan des conceptions passées du monde. De là, reportant ses regards vers la côte, on en embrassera, pour la première fois sans doute, la configuration d’ensemble, et on aura, au moment de s’en rapprocher, l’avantage de la comprendre mieux en totalité que ceux qui ne l’ont jamais quittée » 1.
Le détour par la Grèce a été pour Nietzsche, comme je l’ai montré dans une conférence prononcée au sein de la Commission Littérature de l’Académie du Var 2, une stratégie d’évasion que l’on peut comparer à celle de Rousseau s’immergeant dans l’état de nature pour mieux penser la société de son temps, ou à celle de Claude Lévi-Strauss passant par l’Amazonie pour mieux comprendre la civilisation occidentale.
Il y a un peu de coquetterie de la part de Nietzsche à affirmer qu’au bord de la Méditerranée, il s’est senti pour la première fois « chez lui ». En réalité, ce que notre philosophe a compris avant tout le monde, c’est que nous sommes exagérément prisonniers du présent, c’est que malgré notre immense savoir historique nous sommes de plus en plus incapables de nous éloigner de notre époque pour mieux la saisir. Devenir grec (même s’il convient de prendre avec prudence cette expression), ce que lui a permis l’enseignement de la philologie, a constitué pour le philosophe une étape décisive dans son parcours : parcours, rappelons-le énergiquement, qui n’a nullement pour intention de ressusciter un monde perdu, mais d’interroger le présent et d’imaginer l’avenir.

2) La distinction philosophie/ mythologie est traditionnelle, elle est reprise ici avec l’oubli de la « catastrophe monothéiste » qui nous a engourdis avec « les pitoyables inventions d’une imagination malade ». Savons-nous encore prendre la mesure du fait que les Dieux méditerranéens sont Grecs ?

La notion de mythe prête aisément à contresens. Dans sa brève période wagnérienne (beaucoup plus courte que ce qu’ont prétendu nombre de spécialistes), Nietzsche a cru possible de ressusciter le mythe, de redonner à notre civilisation un mythe fondateur tel qu’il avait cru en lire les prémisses dans les opéras wagnériens. Il renonce très vite à ce fantasme, comme le montre de façon évidente le Livre du philosophe (ouvrage non publié de 1872-1873) dans lequel il affirme à de nombreuses reprises que la puissance de la science rend plus qu’improbable l’apparition d’un nouvelle mythologie.
Mais Nietzsche n’est pour autant scientiste, loin s’en faut. Il détecte avec une grande finesse les insuffisances de la science, et démontre l’impossibilité de construire une véritable civilisation sur les fondements du seul savoir scientifique. Ce qui doit prendre la place du mythe, c’est une construction philosophico-poétique, celle dont le Zarathoustra sera l’esquisse (et seulement l’esquisse). Nous avons besoin du « philosophe créateur », celui qu’il oppose dans Par-delà Bien et Mal aux « ouvriers de la philosophie » 3. Pour lui, le christianisme est bien moins un mythe qu’une « idéologie », même si ce terme marxisant n’appartient pas à son vocabulaire. Le christianisme a imposé un renversement des valeurs, et Nietzsche souhaite le renversement de ce renversement, tâche majeure de la philosophie. Se nourrir des mythes grecs peut constituer une espèce de « thérapie » destinée à nous guérir de la maladie judéo-chrétienne.

3) Nietzsche célébrait « la grande santé » des esprits libres qui n’ont pas de dettes à acquitter, pas d’autres ancêtres que ceux qu’ils se donnent. Voyager en Méditerranée, c ‘est retrouver la Thalassa, chez Homère, la Mer vue de la Terre. S’agit-il de l’énigme de l’éternel retour comme présence permanente du passé ?

Se donner des ancêtres a été une préoccupation constante de Nietzsche. « Quand je parle de Platon, de Pascal, de Spinoza et de Goethe, je sais que leur sang circule dans mes veines – je suis fier lorsque je dis la vérité à leur sujet » 4. De la même façon il s’est donné des ancêtres polonais pour mieux se détacher de l’Allemagne.

Ses séjours en Méditerranée ont été en effet pour Nietzsche des étapes décisives dans la conception des « esprits libres » qui est au cœur de sa philosophie 5. Il jette les premières pierres de sa conception de la liberté de l’esprit lors de son séjour à Sorrente, où il va jusqu’à rêver de fonder un « Couvent pour esprits libres » sur l’île d’Ischia. Ses compagnons d’alors, Malwida von Meysenbug et Paul Rée partagent un moment ce projet un peu fou.
Quant à l’éternel retour, que j’ai mis au centre du premier ouvrage que j’ai consacré à Nietzsche en 1993, L’individu éternel 6, j’ai quelque scrupule à l’aborder de façon lapidaire. Si vous le voulez bien, je réserve cette réflexion à notre rencontre de Patrimonio.

4) Ce voyage nous fait penser en hommes libres, hors-temps, dans le monde grec retrouvé, avec Empédocle, Anaximandre, Héraclite, Thalès. La distinction des quatre éléments ( terre, eau, air , feu ) a été probablement mise en cause par le volcanisme : la terre s’embrase, les fleuves de lave s’écoulent. Peut-on rapprocher l’expérience philosophique d’Empédocle de ces aphorismes d’Héraclite: « Nous entrons, et nous n’entrons pas dans les mêmes fleuves, nous sommes et ne sommes pas. Ce monde, nul des Dieux, ni des hommes, ne l’a fait ; mais il est, il était, et il sera toujours ; feu éternel, s’allumant et s’éteignant en mesure. »

Au sein de la famille des antésocratiques 7, pour lesquels il a toujours éprouvé une grande vénération, ainsi qu’en témoigne le petit ouvrage non publié de 1873 La philosophie à l’époque tragique des Grecs 8, Empédocle semble avoir tenu une place à part. Je rappelle dans les Carnets que Nietzsche avait eu pour projet en 1870 de lui consacrer une pièce dramatique. J’imagine comment, alors qu’il achève un séjour à Gênes, il se sent véritablement interpellé par Empédocle et embarque sur un frêle esquif pour la Sicile.
Mieux peut-être qu’Héraclite, Empédocle a su inscrire au-delà du Bien et du Mal la thèse du Retour Éternel : c’est un fragment d’Empédocle qu’il cite à plusieurs reprises, comme argument majeur en faveur de cette thèse, dans le cahier M III 1 (printemps-automne 1881), un cahier absolument décisif qui contient des matériaux beaucoup plus importants sur le Retour Éternel que les ouvrages publiés du vivant du philosophe. Si le destin avait accordé à Nietzsche le temps d’écrire son ouvrage majeur sur la transmutation des valeurs, le Retour Éternel y aurait occupé une place centrale, ainsi que le démontrent tous les plans que Nietzsche avait imaginés pour cet opus. Mais on ne saurait refaire l’histoire, et il nous faudra donc éternellement nous contenter de ce cahier M III 1 pour construire à sa place la thèse que notre philosophe n’a pas pu développer. C’est ce j’avais eu l’outrecuidance d’entreprendre dans L’individu éternel

 
notes
1-Nietzsche, Humain, trop humain, § 616, Œuvres philosophiques complètes, tome III, volume 1, Paris, Gallimard, 1968, p.293.
2-De l’évasion comme méthode, conférence prononcée le 22 mars 2016 et reproduite dans la Revue de l’Académie du Var 2016, p. 210-2014.
3-Par-delà Bien et Mal, § 211, Œuvres philosophiques complètes, tome VII, Paris, Gallimard, 1971, p.130-131
4-Fragment posthume 12 {181], in Gai Savoir, Œuvres philosophiques complètes, tome V, Paris, Gallimard, 1982, p.453
5- C’est bien évidemment en lecteur de Nietzsche que j’ai intitulé mon ouvrage sur l’islamisme Le manifeste des esprits libres (Éditions L’Harmattan, 2017).
6- L’individu éternel / L’expérience nietzschéenne de l’éternité (Paris, Vrin, 1993). Je m’honore d’être l’un des très rares spécialistes de Nietzsche à avoir consacré un ouvrage entier à la thématique du Retour Éternel, qui effraie bien souvent les commentateurs.
7-Permettez-moi de préférer, comme le recommande mon ami Marcel Conche, l’expression « antésocratiques » à la formulation « présocratiques » qui véhicule inévitablement une dimension de « primitivité »
8- On peut trouver ce texte dans le tome I, volume 2, des Œuvres philosophiques complètes, Paris, Gallimard, 1975, p. 207-273.
 
 
 
 

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Même les anges aiment la mer … Jérôme Camilly .

Même les anges aiment la mer …
Picculu rumanzu di Jérôme Camilly .

A storia hè quella di un omu, Marc, cinquant’anni, architettu in Pariggi.
Trè donne funu impurtantissime per ellu, trè cumpagne sfarente, trà tutte e personne chì l’ anu lasciatu un ricordu :
A storia si sparte trà a narrazione, à u presente, quandu u persunaghju soffre di solitudine, è passaghji di riflessione, d’introspezzione induvè Marc piglia cuscenza chì a so vita fù un crucivia frà tutti quelli / quelle chì anu stampatu ( o più o menu ) a so esistenza.
Una scrittura linda : L’autore mi pare penserosu d’ esse lettu cun facilità : frase simplice, chì correnu d’una pagina à l’ altra è chì facenu avanza prestu a narrazione : si gjunghje à l’ ultimu cun l’ impressione d’avè lettu in furia, senza tempu persu ;
Thema classicu di u famosu bilancciu di i cinquant’anni : ghjunti à st’età, guardemu tutti in daretu : U passatu, ciò chè n’ avemu fattu bè o male : sarebbe ancu un passagiu obligatoriu per pudè campà di più è forse megliu.
Ma, a nostra epica c’impone d’ esse felice senza avè più primura di u passatu, è ghjè quessu u paradossu essenziale di stu libru ! Chì a vita hè troppu corta, è chì omu deve fassi piacè prima chè tuttu! Chì ùn si deve più teme u sguardu di l’ altri, cappià tuttu, ricumincià per esse felice è solamente felice !
È purtantu, ogni parolla di stu librettu mi rammenta « Fiure » una bellissima canzone di u gruppu BARBARA FURTUNA, fatta di nustalgia, è di visi cari …

Anne-marie Sammarcelli

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Tiens ferme ta couronne, Yannick Haenel Une lecture de Sophie Demichel Borghetti

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Pourquoi lire  Tiens ferme ta couronne  , nécessairement, maintenant, vite? ! Avant qu’il ne devienne ce qu’il deviendra, un grand classique !

Parce que ce livre est le plus grand livre écrit depuis des décennies, sans doute ; juste avant – ou après –  Les renards pâles  du même écrivain ; parce que Yannick Haenel est un génie.

Mais une fois l’évidence écrite, comment comprendre ou au moins tenter d’évoquer ce mystère de mots, ces suites de mots étranges, ces « plis », au sens deleuzien du terme ?
Ces replis du sens à l’intérieur de l’histoire, qui, une fois engagés dans cette lecture que l’on ne peut plus quitter une fois entamée, nous enferment dans une sorte de descente circulaire, tournante, vers un horizon inconnu ; vers la recherche d’un sens que l’on découvre seulement au cours de la lecture qui  a été perdu, pour nous, pour le lecteur que nous sommes désormais, enfermé dans la certitude de cette perte dont nous n’avions aucune idée.

Cet homme qui parle sans être celui qui se nomme en parlant, ce fantôme « janusien » qui pourrait être n’importe qui, nous met, comme en défi, à sa place, à la recherche d’un désir devenu obsédant, dévorant. J’entre dans ce livre, et je deviens – et seulement cela – un homme quelconque qui cherche n’importe où un objet qui n’existe pas.
Voilà, c’est tout. Cela n’est rien, peut tenir en trois lignes. Mais cela est tout, contient tout l’univers comme la goutte d’eau se multipliant à l’infini contient toutes les mers du monde….
« Je suis quelqu’un qui ne s’oppose pas à l’univers, l’univers nage en moi ».
(Tiens ferme ta couronne, Y Haenel)

Cela est tout et nous offre une entrée dans un monde digne de Lewis Carroll, d’un pays aux merveilles terrifiantes, où toutes les portes qui s’ouvrent se ferment pour donner sur des impasses, des labyrinthes ou des trous noirs. Un monde que nous allons reconnaître incidemment comme le nôtre, sans que nous nous en soyons rendu compte.
C’est une histoire de fou. L’histoire incroyable d’un fou, d’un écrivain improbable, qui rêve d’un projet impossible et croise de manière évasive des êtres qui disparaissent les uns après les autres.

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? »
(Alphonse de Lamartine, Harmonies poétiques)

L’interrogation poétique devient ici évidence. S’il y a quelque part dans cette époque un reste d’âme, elle ne demeure plus que dans ces matières-traces, ces objets et ces hommes qui se font objets, icônes – Isabelle Huppert, Michaël Cimino – pour être ce qui reste après l’Apocalypse, les reflets d’un être intouchable désormais.

« J’aime que l’itinéraire qui mène le Capitaine Willard vers le Colonel Kurtz relève du bardo – de ce couloir initiatique qui fait passer de la vie à la mort, et inversement. (…) Les ténèbres attendent que nous perdions la lumière ; mais il suffit d’une lueur, même la plus infime, la pauvre étincelle d’une tête d’allumette pour que le chemin s’ouvre : alors, le courant s’inverse, vous remontez la mort. »
(Y Haenel , Tiens ferme ta couronne)
Cet itinéraire littéraire, comme « mimétisé » par l’auteur-narrateur, remonte d’une mort advenue par surprise, et, parce que c’est maintenant ou jamais qu’il faut reprendre vie, fait avancer ; malgré tout ce qui devrait le tuer, l’homme qui dit avance par ce qu’il rencontre et qu’il évite ; malgré tout ce qui devrait le terrifier, l’homme qui lit continue d’avancer de noms en noms, de fétiches en fétiches, pour trouver la chair réelle à tenir.
C’est une histoire qui semble le récit d’un fou divagant, mais c’est le récit de notre monde dit par un sage, un esprit venu de très loin et c’est nous qui sommes fous de ne pas tout de suite y croire, de ne pas tout de suite être saisis de respect et d’effroi.
« Derrière la vie des noms, il y a parfois celui de Dieu, mais la plupart du temps, il n’y a rien. »
De quoi parle-t-on ? Qui parle ?

Alors, bien sûr, Yannick Haenel est un génie, mais un génie savant, et son roman est un roman à clés, non d’êtres humains vivants – ce qui serait sans aucun intérêt – mais bien de personnes icônales, tracées dans une histoire métaphysique, littéraire.

Alors, qui parle ?

Mais les noms ! Ceux qui nous ont laissé les traces des événements réels grâce auxquelles nous nous sentons de ce monde : « Les noms parlent aux noms, c’est le début de la joie »…

Alors, dans le désordre, et pour s’amuser – ou intriguer et faire chercher ceux qui liront ces lignes : La Gradiva, Wittgenstein, Leonard de Vinci, Friedrich Nietzsche – par la référence à l’ « amor fati » -, Jacques Lacan, Jean Genet, Jean Cocteau et ses « Enfants Terribles », le pêcheur grâcié de Malebranche, le penseur arrivé au troisième genre de connaissance dans le livre V de l’Ethique de Spinoza, les visages dont rêvait Levinas…

De quoi parle-t-on ?

Mais de la disposition cachée du Monde, où nous sommes perdus sans le savoir. De ce cerf que l’on passe son temps à chercher pour ne le voir que disparaissant, qui seul tient le fil, dans ses bois, toujours s’évanouissant, qui tient le fil d’une histoire qui est la nôtre et dont nous ne connaissons pas le sens, mais que nous devons chercher pour exister.

« Arrivé à un certain point, le désir prend la forme d’une énigme : Qu’est-ce qui brûle sans se consumer ? Je courais après ce feu. »

Ce roman met en jeu, en expérimentation, un principe métaphysique « intouchable », comme Camille Claudel qualifie l’onyx comme pierre à sculpter, un principe impossible à penser : le principe de disparition.
« Il existe un point où Dieu ne cesse de disparaître, où c’est moins son absence qui nous saute au visage que le moment exact de son effacement. »
C’est ce point autour duquel tourne l’écriture de Yannick Haenel, comme le chasseur tourne autour des bois du Cerf Royal. Ce point d’équilibre galiléen, invisible, disparaissant, mais devant « tenir ferme », pour que l’Etre tienne par-delà toutes les disparitions.
Et c’est de ce point d’où l’on entend les pas d’une catastrophe qui ne dira que très tard son nom…trop tard. De cette catastrophe qui aujourd’hui sera la nôtre, nôtre rencontre avec le tueur !
« Je crois que si l’on n’espère pas un miracle, rien n’arrive : ce qui ne tend pas vers le miracle rend servile. »

Ce roman est l’histoire d’une catastrophe manquée pour celui qui la veut, qui la cherche, d’une catastrophe déplacée.
Au fur et à mesure des situations, on voit les choses dégénérer vers la folie, la misère ou la catastrophe.
Comme si l’avatar de l’auteur – ou de ce narrateur « janusien », qui est peut-être l’auteur, ou n’importe qui d’autre -, comme si ce personnage avait défié le ciel, et attiré une foudre impitoyable qui va s’abattre sans cesse autour de lui, lui qui tourne autour de ce qu’il ne faut pas toucher, que l’on peut appeler le « Sacré ».
Et « Le sacré, c’est quand ça crève ! » !!
C’est cette foudre qui nous frappe au moment précis où justement, on – ce « on » en chacun de nous qui se réfugie dans la banalité des gestes quotidiens effaçant l’insupportable cruauté du monde -, on était en train de l’oublier, de le « faire passer » comme une pilule amère !
« En jouant avec les noms, avec le murmure et le silence, on se déplace dans le Sacré »
Ce roman est ce jeu. Ce jeu improbable et nécessaire pour tenir contre la catastrophe.
C’est une recherche. Mais pas une recherche de réussite, de gloire ou de reconnaissance, comme pourrait le laisser penser le simple « résumé » de l’histoire strictement déclarée – un scénariste fauché qui cherche à faire tourner son scénario… C’est la recherche de la beauté, au sens stendhalien de cette « promesse de bonheur », qui peut tenir devant toute catastrophe. Devant la catastrophe qui va être dite.
« Un jour, vous comprendrez que le rite est sans fin : vous comprendrez que même si personne n’y assiste, même si les vases sont vides, même si l’officiant fait défaut, ça a lieu. Vous avez la révélation de les Dieux sont morts, mais que le rite continue. Vous sentez qu’un filigrane s’écrit en silence derrière l’histoire des hommes. »
Au travers de ce qui pourrait apparaître comme un rêve de malade, mais qui n’est que la traversée intérieure d’un cerveau, d’un esprit commun qui se révèle être le nôtre, et qui doit penser l’impensable, résiste quelque chose de cet insaisissable vérité qui ne cesse de disparaître.
Ce qui résiste est bien la révélation que ce rite qui continue préserve la survie de l’espèce. Ce qui résiste est bien que la beauté existe, effroyablement, même quand des enfants meurent.
« Quelque chose échappera toujours aux humains ; et n’en finira jamais de brûler sans nous – Nos désirs viennent d’une nuit lointaine. »
Ce sont ces désirs, qui se donnent en ces mots par les énergies retenues, éclatées, poussées au plus loin du supportable, au plus loin de ce qui peut être écrit, qui éclairent ce livre de cette nuit enfin devenue perceptible en nos sens auparavant défaillants.
Avant de lire  Tiens ferme ta couronne .
                                                                                                               Sophie Demichel-Borghetti

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Articles

UNA QUESTIONE PRIVATA, livre et film, une proposition signée Mia Benedetto

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A l’occasion du trentième Festival du film italien, sera projeté le film des frères Taviani, Una questione privata, adaptation du roman éponyme de l’écrivain et ex partigiano Beppe Fenoglio. Je m’étais intéressée dans mon précédent article à la transposition au cinéma de deux romans de la récente littérature transalpine (Les deux films étaient La tenerezza qui sera présenté d’ailleurs durant le Festival et à La ragazza nella nebbia). N’ayant pas encore vu le film qui s’annonce particulièrement intéressant, je me suis penchée sur le roman de Fenoglio qui constitue une œuvre majeure de la littérature italienne de l’après guerre

 
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BEPPE FENOGLIO
Beppe Fenoglio, né Giuseppe Fenoglio originaire de la région Langhes, qui sera le théâtre fascinant de ses œuvres, est un écrivain, issu d’une famille modeste, son père étant boucher dans la petite ville de Alba. Sa formation intellectuelle débute durant ses années de lycée auprès de ses professeurs dont certains seront pour lui de véritables maitres à penser et deviendront par la suite des compagnons de Résistance. Parallèlement le jeune adolescent se passionne pour la littérature anglaise et américaine, influences qui imprégnent son tissu narratif. Ses études universitaires sont perturbées par la situation politique et la guerre, en 1943 il suit un cours d’officier puis s’engage dans la résistance d’abord aux côté des brigades garibaldines puis au sein des troupes de Badoglio. Aux lendemains de la guerre il aspire à écrire mais il est obligé de subvenir à ses besoins, en travaillant dans une entreprise oeonologique qui l’engage au vu de ses compétences en anglais . Il mène de front son emploi de traducteur et son activité d’écrivain . Quelques nouvelles sont publiées qui témoignent de son expérience de partisan. A l’aube de la quarantaine, c’est un auteur à la rénommée circonscrite uniquement aux cercles culturels exclusifs de la littérature piémontaise, il est proche cependant d écrivains déjà connus comme Italo Calvino. C’est aussi le moment pour Fenoglio d’une crise existentielle, l’auteur refuse une œuvre monothématique qui serait vampirisée par son expérience de la guerre civile dans les Langhes. Il veut écrire « un libro grosso » qui lui permettrait de s’affranchir de son expérience d’ex partigiano, mais aussi de sa condition d’écrivain de la mémoire partisane. « Basta coi partigiani ». Se pose alors le problème de la forme pour Fenoglio et pour d’autres auteurs. Retranscrire ce moment exceptionnel de l’histoire italienne apparaît comme un défi inédit pour les auteurs transalpins.

ECRIRE LA RESISTANCE
De nombreux témoignages apparaissent très vite en Italie mais sur le plan romanesque le bât blesse et à partir de 1949 s’ouvre dans la péninsule une querelle littéraire, dont le chef de file est Italo Calvino, auteur du très beau Sentieri dei nidi di ragno, dans lequel l’écrivain montre le conflit à travers les yeux d’un enfant Pin et tente à travers la microhistoire de livrer un roman libéré de la mémoire individuelle et de l’autobiographie, aspirant ainsi à l’universalité. Calvino appelle de ses voeux le roman qui sera la Résistance, « il poema » chantant la lutte entre fascistes et anti-fascistes et le spectre de « l’Italia senza » affleure, la polémique rappelle celle des intellectuels du XXVIIIème qui se lamentaient de l’absence en Italie de tragédiens. Avec son « libro grosso » Fenoglio voudrait résoudre cette équation de la représentation de la lutte fratricide des années quarante, mais l’écrivain considère finalement cette tentative comme un échec qui provoque la scission de sa maxioeuvre en deux : naissent de cet ébauche du « libro grosso », qui suit les vicissitudes du résistant Johnny, deux livres Primavera di bellezza et Il partigiano Johnny, volume qui paraitra posthume en 1968. Fenoglio résume cette expérience comme la création d’une œuvre aromanesque, qui se noie selon lui sous la multitude des personnages et des évènements, le cycle de Johnny échoue et de ses ruines naissent toute une série de microrécits comme si Fenoglio se rendait compte de l’impossibité de résumer, de représenter en une seule fois la Résistance.Le jugement de Fenoflio apparaît particulièrement sévère à propos ces deux œuvres qui sont considérées aujourd’hui comme des œuvres essentielles de la littérature de la Résistance. On assiste à une diminution notable des œuvres sur la lutte à la fin des années cinquante, et l’absence du Roman qui sera la Résistance est toujours d’actualité,cependant au début des années soixante resurgissent des romans intéressants sur ce moment de l’histoire sous l’impulsion peut-être d’une crise politique avec l ‘autorisation de rassemblements néofascistes qui éveillent les mémoires de la Résistance. Fenoglio reprend sa quête du Roman de la Résistance.

UN « VERO » ROMANZO
Pour son nouveau roman sur la guerre civile, Fenoglio cherche à se concentrer sur un unique épisode, situé pendant l’été 44 et dans lequel l’auteur essaie de faire converger tous les éléments et les aspects de la guerre civile. Les espoirs du « libro grosso », une fois évanouis, l’auteur piémontais s’attaque à un « vero » roman partisan. Qu’ est-ce Fenoglio entend par roman ? Pour lui un « vrai » roman ne se contente pas de suivre les péripéties d’un personnage du début à la fin de la guerre, selon le projet originel du « libro grosso », le roman se concentrera sur un nombre réduit de personnages et d’évènements. L’histoire de Johnny semblait être modelée surtout à partir de la mémoire partisane et c’est sans doute pourquoi Fenoglio parlait de roman « aromanesque », car le parcours de Johnny ressemble à tant d’autres parcours de jeunes partisans.Le point de départ pour Una questione privata est l’intrigue romanesque et le rapport entre la petite histoire du protagoniste et la grande Histoire collective revêt une configuration inédite. Le personnage principal est Milton, résistant et aussi amoureux malheureux, victime d’un système triangulaire formé également par Fulvia, la femme désirée par le protagoniste mais aussi par Giorgio, ami de Milton et compagnon de lutte antifasciste. Giorgio sera capturé par les fascistes et Milton essaiera de sauver son ami mais aussi de comprendre la nature de la relation entre Fulvia et celui-ci. « Amori » et « armi » s’entremèlent, et cest pour cela que Calvino rapprochera le roman fenogliano à l’Orlando Furioso.Les critiques seront mitigées, beaucoup reprocheront à l’auteur d’oberver la guerre civile par le prisme de l’histoire d’amour mais le jugement de Calvino est plus qu’enthousiaste : « Il libro che la nostra generazione voleva fare adesso c’è, e il nostro lavoro ha un coronamento e un senso, e solo ora grazie a Fenoglio possiamo dire che una stagione è compiuta, solo ora siamo certi che è veramente esistita… », « Una questione privata rappresenta la Resistenza ». Donc maintenant le « vrai » Roman de Résistance existe et à travers lui Fenoglio livre une oeuvre inspirée qui reflète la péculiarité et l’ambiguité de cet épisode, de cet arc temporel de vingt mois, où les hommes peuvent être tour à tour victimes et bourreaux. La disparition prématurée de l’écrivain emporté par un cancer des poumons signe la fin d’une œuvre majeure .
LE FILM
Nous aurons donc la chance de voir l ‘adaptation de ce roman clé de la littérature contemporaine transalpine par les frères Taviani , maitres du cinéma italien qui reviennent pour la seconde fois sur cet épisode emblématique de l’histoire italienne, après « La notte di San Lorenzo », sorti en 1982. A noter l’interprétation de Luca Marinelli, nouvelle coqueluche du cinéma italien qui laisse présager une incarnation fièvreuse et inspirée du personnage de Milton

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