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Casanova l’européen

ARCHIVE – Claire Giudici présente la figure de Casanova, Histoire de ma vie, publié dans la collection Bouquins des éditions Robert Laffont. Il sera cette année au programme du concours externe de l’agrégation de Lettres modernes. C’est le temps où l’Europe parlait français que nous raconte Casanova.

Un Casanova, l’expression désigne souvent, par approximation, un Don Juan, un séducteur, un prédateur … Amalgame. La lecture dHistoire de ma vie de Giacomo Casanova permet de découvrir l’odyssée d’un aventurier à travers l’Europe du XXIIIe siècle, celle d’un homme de son siècle,  d’un libertin comme d’autres alors, dans une Europe dont on se rend compte qu’elle est aussi réelle que celle d’aujourd’hui. On y circule facilement, les frontières sont loin d’être infranchissables, on y commerce, on y négocie, on y complote. Bref, on y vit. Les échanges y sont relativement faciles : la « bonne société » parle latin. Puis Casanova est polyglotte. A un point tel que ses Mémoires ont été écrits en français !

Giacomo est né le 2 avril 1725 à Venise et mort le 4 juin 1798 à Dux en Bohême. C’est là qu’il rédigea ce livre. Fils de comédiens, confié à sa grand-mère maternelle, il fut tour à tour religieux et spécialiste de droit canon, violoniste, écrivain, magicien (pour escroquer une riche veuve peut-être, mais magicien tout de même), espion, diplomate, puis à la fin de sa vie, bibliothécaire. Il fit fortune, il fit faillite, il alla en prison et en sortit. Il a même été enfermé sous les Plombs, la redoutable prison située sous les combles du Palais des Doges à Venise. Une prison dont on ne s’évade pas, sauf quand on s’appelle Casanova : il a filé au bout de 14 mois en perçant le toit et raconte avec brio cette aventure, dans ses Mémoires mais également dans un fascicule paru à part.

Faisant face à l’adversité, il rebondit à chaque fois, trouvant toujours des amis, des moyens financiers, une femme… Des femmes, il en a connu beaucoup. Plus de 120 mentionnées dans les 3 tomes. On y lit, dans des descriptions explicites, l’humeur d’un libertin bien sûr, et aussi l’expression sincère du respect, du sentiment. Il a séduit et s’est laissé séduire. Il a aimé aussi. Il a aidé souvent. Avec lui on visite l’Europe du siècle des Lumières. Grandes et petites gens, frontières perméables, croyances, mœurs et intrigues. Tout y est. 

Sans doute  parce qu’il était franc-maçon, peut-être (ou surtout) parce qu’il avait l’âme d’un aventurier, il a rencontré  Voltaire, Goethe, Mozart, Jean-Jacques Rousseau, le pape Clément XIII, le roi du Royaume-Uni George III, le roi de Prusse Frédéric II ou l’impératrice de Russie Catherine II… Le style est léger, le récit se veut sans posture, même si l’on sent parfois qu’en bon fils de comédiens, il se met en scène et qu’il fixe sur papier ce qu’il a dû souvent raconter, à la demande, dans les salons. Et il embellit sans doute. Sinon, comment aurait-il pu retenir autant de détails ?

L’œuvre de Casanova ne se limite pas à cet ouvrage, mais elle avait été on s’en doute  mise à l’index, puis un peu oubliée. Une première publication d’extraits des Mémoires, traduits de l’allemand et nettement expurgée de tout ce qui semblait contraire aux bonnes mœurs est parue en 1925. La BNF acquiert en 2010 les 3700 pages du manuscrit, rédigé en français dans une écriture serrée. Les Editions Laffont avaient déjà fait une publication. Ils la réactualisent. Une édition est également disponible dans la collection La Pléiade aux éditions Garnier. Les textes, tombés dans le domaine public sont accessibles aussi au format PDF et si vous le souhaitez, sur Librivox ou sur Youtube, on votrouve de nombreux extraits, très agréables à écouter, dont la fameuse « Histoire de ma fuite des prisons de la République de Venise» en 6 heures et 52 minutes, ou ses rencontres féminines à Paris ou ailleurs en Europe. 

Rencontres qui n’ont rien à voir avec celles de Don Juan. Au contraire de Casanova ce dernier n’est pas un personnage historique, même si on aime à penser qu’il serait d’origine balanine, un Don Miguel de Mañara (Mannarini à l’origine) qui, après des années de frasques, aurait à Séville, fini sa vie dans la piété.  Don Juan – dans les récits – n’a pas le même souci des femmes. C’est un collectionneur qui se contente de séduire avant d’abandonner.  

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Le deuil de la mélancolie Michel Onfray, Robert Laffont, 2018

L

par Philippe Fiori

L’auteur désigne ce texte comme un récit intime, effectivement c’en est un

Une bonne partie est dédiée à la maladie, aux ruptures qu’elle a entrainées et à ses effets : c’est aussi une critique des ornières de certains médecins, des docteurs spécialistes au point d’être devenus tiroirs caisses …

Il ya dans ce deuil de la mélancolie le récit aussi d’une reconstruction partielle car Marie-Claude,  sa femme , est décédée 5 ans auparavant et que c’est le moment d’un bilan, de ce qui est à présent possible, envisageable, de ce qui perdure, cruellement ou pas.

Le deuil de la mélancolie, le titre interroge ; ce n’est pas le deuil d’un événement, c’est le deuil d’un état …mais à cette mélancolie, peut-on s’y habituer, comment la supporter ? En faire le deuil ? Est ce elle qui apporte le sentiment de deuil ? Comment comprendre le deuil de la mélancolie, l’un découle t-il de l’autre ? Autant de questions que le lecteur se posera, entre gêne d’en apprendre tant sur l’auteur et sa forte fragilité , sur ceux qui  l’ont entouré et ceux qui aujourd’hui l’entourent, sur ses quêtes si proches de celles de tous.

Un auteur que l’on découvre ici autrement et c’est bien intéressant pour qui, comme moi, ne l’aurait jamais vu qu’un peu arrogant sur les plateaux de télévision.

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Le deuil de la mélancolie Michel Onfray, Robert Laffont, 2018

Le deuil de la mélancolie

Michel Onfray, Robert Laffont, 2018

L’auteur désigne ce texte comme un récit intime, effectivement c’en est un

Une bonne partie est dédiée à la maladie, aux ruptures qu’elle a entrainées et à ses effets : c’est aussi une critique des ornières de certains médecins, des docteurs spécialistes au point d’être devenus tiroirs caisses …

Il ya ds ce deuil de la mélancolie le récit aussi d’une reconstruction partielle car Marie-Claude,  sa femme , est décédée 5 ans auparavant et que c’est le moment d’un bilan, de ce qui est à présent possible, envisageable, de ce qui perdure, cruellement ou pas.

Le deuil de la mélancolie, le titre interroge ; ce n’est pas le deuil d’un événement, c’est le deuil d’un état …mais à cette mélancolie, peut-on s’y habituer, la supporter ? En faire le deuil ? Est ce elle qui apporte le sentiment de deuil ? Comment comprendre le deuil de la mélancolie, l’un découle t-il de l’autre ? Autant de questions que le lecteur se posera, entre gêne d’en apprendre tant sur l’auteur et sa forte fragilité , sur ceux qui  l’ont entouré et ceux qui aujourd’hui l’entourent, sur ses quêtes si proches de celles de tous.

Un auteur que l’on découvre ici autrement et c’est bien intéressant pour qui, comme moi, ne l’aurait jamais vu qu’un peu arrogant sur les plateaux tv