Eugène Gherardi, Janie Bereni et Dominique Faria publient aux éditions Albiana le texte, la traduction et l’édition critique du récit de voyage en Corse du grand écrivain portugais Ferreira de Castro. Voyage méconnu, cet ouvrage permet de rendre à ce séjour majeur de Ferreira de Castro dans l’île la place qui lui revient. Il s’agit d’une plongée inédite et fondamentale dans la Corse des années trente.

Par Kévin Petroni

Légende de l’ouvrage : Ferreira de Castro à Bastia (MFC/C/Cx.2, museu Ferreira de Castro, Câmara municipal de Sintra, Portugal)

En 1934, l’écrivain Ferreira de Castro se rend à deux reprises en Corse. Ses voyages se déroulent en février et au printemps pour le compte du journal portugais O Século (p.20). Grand voyageur, auteur très réputé de son époque, Ferreira de Castro cherchait à mener une œuvre qui « reven[ait] à l’homme », selon ses propres mots. Cela consistait à « faire œuvre humaine » (p.15). C’est cette motivation qui explique pourquoi Ferreira de Castro appartenait au courant du roman social. Son œuvre cherchait à dépeindre les lieux, l’histoire, la culture, qui imprégnaient les peuples confrontés à la montée des régimes totalitaires modernes. Farouche opposant de la dictature salazariste, l’auteur représente l’une des figures de l’opposition au régime. Son voyage en Corse n’est pas étranger non plus à cette question.

Mondes en petit et Vieilles civilisations : Ferreira de Castro et la description des petits peuples avant la guerre

L’écrivain sillonne l’Europe pour différentes revues dans les années trente. Le reportage est alors en vogue. L’ensemble de ses voyages sont réunis dans un recueil Pequenos Mundos e Velhas Civilizaçoès (Monde en petit et vieilles civilisations). Beau livre, il témoigne de son goût de son auteur pour la mise en page et l’iconographie (P.18).

Publié en 1937, il se concentre sur le récit des petits états, des îles, des mondes clos et repliés, ayant réussi à sauver leur culture dans la modernité. Au moment de la montée des totalitarismes et de leur volonté impérialiste, le livre de Ferreira de Castro se présente comme le formidable travail d’un écrivain qui cherche à sauver la beauté des cultures européennes et méditerranéennes bientôt confrontées à la guerre. Dans ce contexte, les séjours en Corse de Ferreira de Castro traduisent « la conscience vive d’avoir à défendre un patrimoine, une culture et une langue, une forme de vie morale qui ne veut pas périr » (P.24). Cette fin permet de saisir l’intérêt de ce voyage dont l’intérêt réside dans la restitution de la vie sociale des Corses dans la société d’avant-guerre.

La Corse physique de Ferreira de Castro

Les critiques de l’ouvrage souligne l’intérêt « classique » de Ferreira de Castro pour « la description physique de la Corse » (P.21). Il s’agit de respecter le déroulement classique de la découverte d’un territoire par un voyageur, depuis les premières images du dévoilement du territoire en bateau, jusqu’à son exploration intérieure en voiture ou à pied. Pour autant, Ferreira de Castro accorde à la description physique de l’île un intérêt supérieur à celui que l’on attribue généralement à la présentation d’un territoire.

Légende de l’ouvrage : Brin de myrte cueilli par Ferreira de Castro lors de son séjour en Corse (MFC / F8, museu Ferreira de Castro, Câmara municipal de Sintra, Portugal)

Pour l’auteur, la terre détermine le caractère moral des habitants : « La terre exerce ici une influence sans mesure sur l’âme humaine » (P.58). Si la terre y joue un rôle si particulier, c’est en raison de deux critères géographiques essentiels de la Corse. Ce sont l’insularité et la montagne qui déterminent la culture des habitants. De plus, les deux notions témoignent de l’intérêt de l’auteur pour « tous ceux qui vivent isolés sur notre planète » (P.55). À l’abri du monde, l’auteur trouve dans les territoires séparés une sorte de refuge, un monde intempestif. L’intempestif représente l’intemporel, tout ce qui n’a pas été altéré par l’histoire. Cette séparation permet ainsi de remonter à une vérité de l’homme que la modernité a altérée. Par l’insularité, l’auteur dresse un éloge de la distance et de la frontière, celles qui permettent aux hommes de conserver leur particularité. Le rapport direct de l’insulaire à la nature et à l’univers restitue le lien originaire entre l’homme et le monde :

Les petites îles me fascinent surtout parce qu’elles me permettent de mieux observer l’homme face à lui-même, replié sur lui-même et, en même temps, dispersé dans l’infini, entre la mer et le ciel, toujours entre la mer et le ciel, inconscient même de l’effort psychique qu’il accomplit face à l’éternité. La nostalgie doit être née sur une île et ce n’est que sur une île que l’on comprend pleinement ce que signifie la distance. C’est pourtant parmi les peuples enfermés au milieu des massifs montagneux que l’on retrouve l’homme au plus près de son tout originel, celui pour qui l’énigme de la vie se réduit à une simple croyance et à l’âpre lutte pour le pain quotidien.

Ferreira de Castro, Mondes en petit et vieilles civilisations, édition traduite et commentée par Eugène Gherardi, Janie Bereni et Dominique Faria, Ajaccio, Albiana, 2023, p.55.

Les petites îles, comme la Corse, sont représentées comme des territoires restituant une vérité originaire de l’homme. Territoires séparés des modes, ils permettent de renouer avec l’éternité de l’homme placé dans la Création. Le caractère escarpé, péniblement accessible des îles, leur confèrent le privilège certain de ramener le voyageur au cœur du monde. C’est pourquoi l’auteur refuse de sillonner la Corse en touriste. Il cherche à créer les conditions d’un séjour authentique dans l’île, d’un voyage qui lui permettrait de découvrir la vérité de ce territoire :

Nous avons refusé les voyages gérés par les organismes touristiques, car nous voulions voir la Corse de nos propres yeux et non à travers ceux du guide; nous voulions vivre dans les villages perchés, dans les maisons des humbles montagnards. Aux excursions officielles, nous préférions les promenades individuelles, le long des forêts, sur les sommets enneigés ou dans les vallées où les ruisseaux murmurent des chants pleins de lyrisme.

Ferreira de Castro, Mondes en petit et vieilles civilisations, édition critique et traduction d’Eugène Gherardi, Janie Bereni et Dominique Faria, Ajaccio, Albiana, 2023, p.57.

Dans sa description, l’auteur ne s’attarde pas sur la découverte des villes dans la mesure où la géographie est décrite comme le moyen d’accéder à la description morale des Corses. Du pays vers l’arrière-pays mental de l’île, tel est le parcours de Ferreira de Castro.

À l’abri du monde : la Corse rurale de Ferreira de Castro

Parti à la découverte de l’âme corse, soit de la singularité de l’île, il considère que celle-ci ne se trouve pas sur le littoral : « Nous avons débarqué à Ajaccio, mais ce n’est pas dans la capitale que l’on perce le mystère du fameux caractère corse. La mer et les villes constituent des éléments qui banalisent toujours. Ce n’est qu’après avoir fait connaissance du panorama intérieur de l’île que l’on commence à en comprendre l’étrange panorama humain » (P.58). La Corse est avant tout désignée comme « la plus montagneuse des îles méditerranéennes » (P.58). Par conséquent, « l’énigme de la terre et des rochers tourmentés et percés » sont à explorer pour remonter au cœur de « la vie humaine » (P.58).

Légende de l’ouvrage : Ferreira de Castro à Corte (MFC / C /Cx.2, museu Ferreira de Castro, Câmara municipal de Sintra, Portugal)

Les mots de Ferreira de Castro renouent avec l’incipit de Mateo Falcone dans lequel l’arrivée sur le littoral des côtes porto-vecchiaises s’accompagnait de la traversée en direction des montagnes qui permettaient de nouer avec la « terre des bandits » : « En sortant de Porto-Vecchio et se dirigeant vers l’intérieur de l’île, écrit le narrateur de Mérimée, on voit le terrain s’élever assez rapidement, et après trois heures de marche par des sentiers tortueux, obstrués par de gros quartiers de rocs, et quelquefois coupés par des ravins, on se trouve sur le bord d’un mâquis très-étendu. Le mâquis est la patrie des bergers corses et de quiconque s’est brouillé avec la justice » (Charpentier, 1845, p.230). Néanmoins, ne nous y trompons pas, si l’auteur semble créer un système d’échos avec les propos de Mérimée, c’est afin d’en montrer la pauvreté. Mérimée a concentré son analyse sur le maquis pour désigner la frontière entre le monde du littoral et de l’intérieur. L’auteur, quant à lui, indique que le caractère fermé de l’intérieur des terres tient moins à la végétation sauvage de l’intérieur qu’à la richesse et à la grandeur du caractère et de la civilisation montagnarde de l’île. Pour le comprendre, comme le soulignent les critiques (P.37-39), il faut conserver à l’esprit le fait que Ferreira de Castro organise son voyage avec l’écrivain Petru Rocca, fondateur du mouvement autonomiste A Muvra. Ils partagent tous deux le même désir de défendre et d’illustrer la grandeur de la société rurale, ainsi que la particularité des îles. Les critiques évoquent à ce sujet les liens que Castro ne cesse d’établir entre les îles de Madère et de la Corse (P.45-48). Ainsi faut-il conserver à l’esprit que la grandeur de la Corse doit être tirée de la grandeur de la société campagnarde :

Là où il n’y a pas de grand tronc, une forêt de bonne taille et un bel ombrage, le maquis prend le dessus, offrant aux traditionnels bandits la protection de son enchevêtrement. Le maquis est constitué de sous-bois, bruyères, lauriers, arbousiers et surtout de myrte, buisson romantique chanté par les poètes et qui embaume l’île de son parfum.

La première fois que l’on voit le maquis corse, on a l’impression de s’être fait duper. Ce sous-bois, à lui seul, ne correspond pas à la renommée dont il jouit. Ni la densité de son feuillage ni la hauteur des plantes arborescentes ne le distinguent des fourrés verdoyants d’autres régions du monde.

Voyant cela, l’étranger a du mal à comprendre qu’un homme, pourchassé pour crime puisse s’y sentir aussi à l’abri que sur une autre planète. Ce n’est qu’à la lumière de la psychologie des Corses, de leurs coutumes, leurs traditions, leur conception de l’honneur et de la viri-lité, que l’on peut concevoir que le maquis, qui, dans la plupart des cas, jouxte d’importantes agglomérations humaines, puisse servir de place forte quasi imprenable à ceux qui, un jour, ont tué pour se venger.

Ferreira de Castro, Mondes en petit et Vieilles civilisations, édition critique et traduction établies par Eugène Gherardi, Janie Bereni et Dominique Faria, Ajaccio, Albiana, 2023, p.59.
Pierre Bach, Asco, XXe siècle, collection particulière

Le propos est intéressant parce qu’il repose sur la déception causée par l’une caractéristique prototypique du voyage en Corse, le maquis. Si l’auteur reste fasciné par l’esprit de vengeance et par les figures de bandit, chose que la fin de l’ouvrage atteste à travers l’évocation de plusieurs grandes figures comme Bartoli (p.115-118), son intérêt dépasse les récits liés aux vendetta. Toujours en quête d’une vérité originaire sur l’homme, l’auteur ne cesse de remonter aux signes ou aux traits qui restituent la vie des peuples antiques à laquelle les Corses sont indéfectiblement associés. Pour lui, ce sont les coutumes liées à la mort qui restituent la beauté de cette civilisation :

L’étranger débarque et sa première impression est que l’île est peuplée de petites chapelles, par milliers, par dizaines de milliers, depuis les vallées à la végétation luxuriante jusqu’aux sommets agrestes. Ces temples-là n’ont pas été édifiés pour un dieu ou un saint mais pour la mort. Chaque famille a son propre tombeau, à côté de la maison, au bout de la propriété, au bord de la route ou sur un rocher élevé, ici, là, là-bas, toujours dans le plus bel endroit du terrain qui lui appartient.

Aucune loi n’oblige le Corse à enterrer ses proches dans un cimetière communal. Dans ceux-ci, quand ils existent, comme à Ajaccio et à Bastia, ne sont enterrés que ceux qui l’ont souhaité, et rares sont ceux qui le souhaitent. Le Corse veut rester, même après la mort, proche de sa famille et isolé des étrangers; et la famille, de son côté, n’admet guère de se séparer de son mort.

En Corse, on ne conçoit pas de distance kilométrique entre les morts et les vivants. La vie, avec son travail et ses exigences, suit son cours à côté même des tombes et c’est ainsi que, dans certaines parties de l’île, on cultive la terre qui entoure les tombes, une terre maraîchère fertilisée par la mort.

Ces coutumes anciennes confèrent une beauté incomparable au paysage majestueux de la Corse.

Ferreira de Castro, Mondes en petit et vieilles civilisations, édition critique et traduction établies par Eugène Gherardi, Janie Bereni et Dominique Faria, Ajaccio, Albiana, 2023, p. 61.

Ferreira de Castro est particulièrement marqué par l’attachement des Corses à leurs morts. À travers la description spatiale de ces tombeaux, placés au milieu des routes, le long des chaînes de montagne, il rapporte une certaine philosophie de l’existence, une philosophie antique de la vie et de la mort. La mort semble nourrir la vie des vivants. Les hommes cultivent la mort de leur proche comme ils cultivent la terre. De cette manière, en honorant leur mort, ils honorent leur propre terre. Les Corses demeurent fidèles au sens du verbe latin colore. Honorer revenait, chez les Latins, à rendre hommage aux dieux, à la terre et aux parents. Il s’agissait donc de louer les dieux qui leur avaient accorder naissance et prospérité, ainsi que les parents qui avaient veillé sur leur vie et la terre qui matérialisait la vie même. L’auteur associe ce culte des morts à l’isolement dans lequel se trouvent les montagnards depuis leur terre escarpée. Avant même La Renfermée, la Corse, Ferreira de Castro concilie la grandeur des coutumes de l’île à son repli, repli présenté comme un secret précieux.

C’est dans ce panorama que vit le Corse. C’est dans les festons de ces hautes chaînes de montagnes, parfois sur leurs flancs, leurs éperons, leurs proéminences blanchies de lumière, que les autochtones ont construit leur maison, leurs villages isolés. C’est ici aussi que l’on retrouve le mystère de l’âme corse, avec ses vieilles traditions, dans un monde unique. Ce peuple, hospitalier comme aucun autre, noble comme peu le sont, se distingue de tous les autres.

Ferreira de Castro, Mondes en petit et vieilles civilisations, édition critique et traduction établies par Eugène Gherardi, Janie Bereni et Dominique Faria, Ajaccio, Albiana, 2023, p. 62.

Pour l’auteur, la préservation des mœurs tient au fait que « l’homme vit dans la solitude » (P.81). Il considère que « le relief du terrain » tient les villages « très loin les uns des autres » (P.81). Ainsi les Corses vivent-ils dans la méconnaissance de leurs propres concitoyens, doublement repliés. « Les Corses ne se connaissent même pas entre eux » (P.81). Isolement extérieur, isolement intérieur. Les Corses ne fréquentent pas ou peu les autres peuples ; les Corses ne se fréquentent pas entre eux. Cela crée les conditions d’un maintien des traditions, traditions locales ou villageoises reproduites depuis des siècles. Par ce biais, Castro révèle aussi les difficultés du développement économique corse. Il traite de la situation de misère dans laquelle l’île se trouve.

Fins d’un monde

À travers ce titre, il s’agissait de restituer aussi bien le but de ce livre que le constat réalisé par l’auteur lors de son voyage. Ferreira de Castro semble délivré le dernier éloge de la culture paysanne insulaire, avant l’entrée de la Corse dans la guerre. Son livre épouse à la perfection, nous semble-t-il, la motivation des critiques à l’origine de l’ouvrage : restituer la richesse de la culture corse des années trente, la civilisation rurale avant sa disparition.

Légende de l’ouvrage : Ferreira de Castro à Corte (MFC/C/Cx.2, museu Ferreira de Castro, Câmara municipal de Sintra, Portugal)

À la fin du chapitre consacré à l’île, l’auteur mentionne la tension qui parcourt la Corse au XXe siècle. Les montagnards semblent de plus en plus menacés par les littoralistes, ceux qui souhaitent développer le tourisme en éradiquant les vieilles coutumes. Elle renvoie à la politique particulièrement répressive lancée par le gouvernement français pour détruire le banditisme dans l’intérieur des terres. L’auteur considère que cette politique, qui cherche à mettre un terme à la loi des bandits et à la vendetta, éradiquera également les fondements de la société traditionnelle, celle du culte des morts et de la famille, ou encore la vie agricole, parce qu’elle mettra un terme à l’enfermement de la société paysanne.

Cependant, s’il est vrai que l’ile est présente dans la mémoire du monde à cause de ses bandits et de Napoléon, il est également vrai qu’il existe une autre Corse qui n’aspire ni à tuer ni à dominer qui que ce soit. Et dans cette autre Corse vivent des personnes qui, au nom de la culture et du progrès humain, s’engagent à éradiquer les vieilles croyances et préjugés médiévaux enracinés dans l’âme des insulaires. Leur action est certes malaisée et les résultats sont très lents, car la Corse ancienne mue par un pouvoir mimétique se confond parfois avec la Corse nouvelle, ses beautés panoramiques et le caractère de son littoral. Le représentant de l’ile ancienne est confus et résiste.

Ferreira de Castro, Mondes en petit et vieilles civilisations, édition critique et traduction établies par Eugène Gherardi, Janie Bereni et Dominique Faria, Ajaccio, Albiana, 2023, p.131.

Le combat semble reprendre l’affrontement des Anciens et des Modernes. Les seconds semblent organiser le démantèlement de la société organique au profit de l’individualisme, alors que les premiers défendent coûte-que-coûte leur droit à l’existence. Le tourisme paraît donc concentrer avant même les années soixante les tensions entre deux conceptions de la Corse. Ferreira de Castro prend ainsi les instruments du sociologue pour dévoiler les tensions qui animent la société insulaire. Il les emprunte après s’être muni des instruments de l’ethnologue pour décrire la particularité des voceri ou encore de l’intelligence des insulaires, et des bergers, récitant Dante et Le Tasse (P.80).

Ainsi le texte de Ferreira de Castro restitue-t-il de manière touchante et inédite la richesse de la civilisation rurale corse confrontée aux timides percées de la modernité. Repliée sur elle-même depuis des siècles, elle est parvenue à conserver et à transmettre les valeurs qui ont permis à la Corse de dominer le monde, mais aussi de faire de leur terre la patrie de l’humilité, de l’honneur et de la grandeur. ll était nécessaire de sauver de l’oubli ce texte qui apporte une vision nouvelle des années trente, et nous ne pouvons que remercier les critiques à l’origine de cette édition de proposer aux lecteurs que nous sommes un texte qui remémore l’amitié qui unit notre île au Portugal, ainsi que la part majeure de son influence dans l’imaginaire européen.

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Au printemps 1934, le grand auteur portugais Ferreira de Castro pose le pied sur l’île. Il est en reportage pour le quotidien lisboète O Sécula et son passage ne passe pas inaperçu: « M. Ferreira de Castro. un des meilleurs écrivains du Portugal, venu en Corse pour puiser les éléments d’un livre sur l’île de Beauté », peut-on lire en mars dans L’Île de Beauté.

En effet, la Corse attire à cette époque bon nombre d’écrivains aimantés par la singularité des paysages et des moeurs des habitants. « L’île tragique » vient notamment de connaître l’épisode d’éradication militaire du banditisme dont les échos ont retenti bien au-delà des frontières hexagonales. Écrivains voyageurs et journalistes anglais, allemands, américains, italiens, pour ne citer que les plus nombreux, sillonnent l’île en tous sens pour leurs lecteurs à la recherche des meilleurs angles de vue sur les paradoxes insulaires: douceur du
climat et vendetta, pauvreté et tourisme, italianité et francité… Ils viennent aussi tenter de percer le mystère de l’île qui a donné Napoléon à l’histoire mondiale.


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