Seule et célèbre
Célèbre – Maud Ventura – éditions l’Iconoclaste – 2024
Article de Julie G.
Célèbre, titre qui peut paraître aussi niais que celui de son précédent ouvrage, Mon mari … Il a fallu la persuasion de Jean-Noël Pancrazi, invité en novembre d’un des cafés littéraires de Musanostra pour que je m’y attarde. Il était heureux de cette récente lecture qu’il a évoquée, parmi d’autres. A vrai dire, Mon Mari de Maud Ventura m’avait moyennement plu et je n’avais pas vraiment saisi le pourquoi du succès médiatique obtenu. Avec Célèbre, je pense avoir compris ce qui fait que , bien qu’agacé, on ne lâche pas ses romans .
-Une femme se souvient pour le lecteur et pour elle-même de tout ce qu’elle a fait pour devenir célèbre, ce qu’elle a réussi à être ; elle prend le temps de tout raconter, depuis sa déclaration de toute petite fille à son père archéologue -elle affirma vouloir devenir aussi célèbre que Céline Dion !- jusqu’à son exil volontaire d’adulte adulée sur une île déserte , sas de respiration pour milliardaires en mal de paix intérieure.
On apprend comment tout est travail, sur soi principalement : tout y passe, on se croirait dans le miroir de Merteuil quand dans les Liaisons dangereuses, elle se construit une liberté. Pour Cléo Louvent, la narratrice personnage de ce roman de plus de 500 pages c’est la construction de la célébrité qui importe. Tout est étudié, rectifié, surjoué, jusqu’à amitié ou amour. On travaille les autres, on s’en sert, leur valeur tient à leur fonction de marche pied vers la gloire.
Et en ce nombre de pages de ce vade me cum, un mode d’emploi pour qui veut sortir de l’anonymat, où les détails anodins et vains côtoient des remarques souvent pertinentes et parfois érudites, on comprend vite qu’elle mise tout sur son physique, son talent aussi , mais que cela ne suffit pas ; il manque le coup de bol qui propulse. Et on comprend que le destin, aussi, ça se force ! Ce qui est intéressant c’est l’expression de l’assurance, la confiance en soi manifestée… L’auteur décortique avec lucidité le drame de cette quête insensée et de la perte engendrée. Cléo souffre, son image compte plus qu’elle et sa vie est une lutte permanente. Elle ne s’épargne pas et se scarifier devient l’échappatoire. Le narcissisme de Cléo est hyperbolique. On est obligé de sourire , quelle belle satire de notre époque ! Après bien sûr il y a un aspect stratégie suivie d’effets un peu trop systématique, attendu…des prolepses font -trop vite- entrevoir ce qui va advenir et rendent les pages suivantes un peu longues.
Dans l’ensemble la lecture est agréable, malgré les pages en trop. La fin est , pour moi, particulièrement bien amenée, préparée au fil des pages, intelligemment.
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