Une belle rencontre avec Delphine Horvilleur

C’est ma première lecture de Delphine Horvilleur et la rencontre est forte. Nous nous sommes ratées l’été dernier au festival littéraire E Statinate où sa venue a dû être déprogrammée au dernier moment. Mais quand j’ouvre Comment ça va pas ? je  passe quelques heures de tête à tête aussi délicieuses qu’inattendues.

Couverture du livre "Comment ça va pas ?" de Delphine Horvilleur - Grasset 2024

Couverture du livre « Comment ça va pas ? » de Delphine Horvilleur – Grasset 2024

Croire en l’homme ou pas

Delphine Horvilleur est l’une des six femmes rabbins de France. Enfant, elle est très proche de son grand- père paternel, agrégé de lettres classiques,  dont la famille a été sauvée de la Shoah par des français non juifs. La famille de sa grand mère a, elle, perdu tous les siens Il en résulte que les premiers ont une grande confiance en l homme, alors que les seconds ne se remettront jamais de l’horreur et ne compter ont jamais que sur eux-mêmes.

Par B. Tozzi
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Un nouveau drame

Avec le traumatisme du 7 octobre lors des  enlèvements et assassinats de milliers de juifs par le Hamas, c’est toute l’histoire de son peuple que Delphine sent rejaillir du plus profond de ses entrailles, cette histoire que chaque juif porte en lui, faite de peurs, d’errance, de rejets et d’assassinats collectifs. « Le monde ne comprend pas et ne comprendra pas, je le sais. (…) celui qui n’est pas héritier de cette peur ne peut pas comprendre ni ce qu’elle convoque, ni ce qu’elle provoque »;.

D Horvilleur écrit, émeut, éclaire

Elle sait néanmoins trouver les mots justes pour que nous ayons la fugace impression  d’approcher cette peur, leur peur, qui doit nécessairement devenir la peur de chacun d’entre nous afin que l’Histoire ne puisse sans cesse se renouveler.

Avec eux, nous, vous, en discussion

C’est à travers une série de discussions plus ou moins fictives, avec ses grands-parents, une vieille femme mourante, ses enfants et d’autres encore, toutes plus délicieuses les unes que les autres, avec des échanges et des partages d’opinion ciselés, au plus près des sentiments de chacun, que Delphine Horvilleur choisit de nous écrire pour nous parler de ce que le séisme du 7 octobre a, une fois encore, provoqué pour la communauté juive et de l’ombre qu’il projette sur le monde à venir.

Caroline Vialle


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