INTERVIEW- Durant le confinement, nous avons pris des nouvelles de François-Henri Désérable. Confiné à Saint-Florent-le-Veil, village de Julien Gracq, il réfléchit à son futur roman. L’oeuvre de François-Henri Désérable est disponible aux éditions Gallimard.

M: Comment vivez-vous ce confinement ?

F-H. D : Je suis à Saint-Florent-le-Vieil, un village entre Nantes et Angers, où se trouve la Maison Julien Gracq, qui est aujourd’hui une résidence d’écriture. J’y suis arrivé début mars, avant le confinement, et j’en repars mi-mai, après le confinement. J’y suis seul, avec quelques milliers de livres et la Loire à mes pieds.

M: Quelles ont été vos activités récentes ? 

F-H. D : Lire, (essayer d’) écrire.

M: Quels sont vos projets ? 

F-H. D : J’ai terminé début janvier un roman, que je vais laisser décanter quelques mois, et que je reprendrai après l’été. En attendant, j’ai repris le récit d’un long voyage que j’ai fait en Amérique du Sud. 

M : Quel est votre rapport aux crises et aux traumatismes ? Sont-ils un élément déclencheur de fiction, ou le moyen, à travers la littérature, de donner du sens ? 

F-H. D : Je suis sûr qu’il ne manquera pas d’écrivains pour écrire sur la crise sanitaire que nous traversons. Je ne pense pas être de ceux-là : pour l’instant, je ne l’ai traversée que de loin, et le confinement, pour moi, s’est borné à remplir une attestation de sortie pour faire mes courses au Super U de Saint-Florent-le-Vieil. Pas sûr d’avoir matière à en faire un roman…

M : Avez-vous le sentiment que désormais tout sera différent ?

F-H. D : Je l’espère, j’espère une prise de conscience planétaire mais j’en doute. Je ne suis pas loin de penser, avec Houellebecq, que ce monde sera le même – en un peu pire. La croissance, la croissance, la croissance… Éternel mantra de nos dirigeants politiques : la planète envoie des signaux de plus en plus régulièrement, mais il semble plus urgent de relancer la croissance… L’espèce humaine finira bien par passer. 

M: Quelles découvertes littéraires avez-vous faites récemment ?

F-H. D : J’ai beaucoup, beaucoup lu pendant le confinement. Des trucs d’une nullité abyssale, comme la poésie de Bukowski, mais aussi Le Parfum de Süskind, qui m’avait ébloui à vingt ans, et que j’avais un peu peur de relire : c’est toujours aussi éblouissant.

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