Mardi 2 novembre 2016, au Regent kids, nous tenions un nouveau café littéraire consacré aux liens entre littérature et événement.

Le compte-rendu

Si la littérature s’empare de façon assez récurrente des faits divers, les liens entre ces deux notions demeurent complexes. Considéré comme un objet philosophique, historique ou journalistique, l’événement joue pourtant un rôle dans la configuration du récit, la référentialité ou encore le mensonge romanesque. C’est dans ce contexte que Françoise Bastien est intervenue pour évoquer Laëtitia, le roman d’Ivan Jablonka, primé le lendemain de notre rencontre par le Prix Médicis, et qui revient sur l’affaire Laetitia Perrais. Autre roman consacré et abordé lors du café littéraire, le Prix Goncourt de Leïla Slimani, Une chanson douce, que Françoise Ducret a trouvé intéressant. Il s’agit d’un trio amoureux entre un couple marié et la nounou dans lequel cette dernière prend progressivement la place de l’épouse et de la mère de famille au sein du foyer tandis que celle-ci reprend sa carrière d’avocate. Laurent Bindi, de son côté, est revenu sur le célèbre roman de Truman Capote, De sang froid, première expérience de ce que l’on nomme le True crime ou encore le roman-vérité. L’ouvrage évoque le meurtre de quatre fermiers par deux hommes appartenant au grand banditisme. Janine Vittori a présenté le roman d’Emmanuel Carrère, L’Adversaire, qui concernait l’affaire Jean-Claude Romand, l’homme qui avait menti à sa famille en s’inventant une carrière de médecin à l’OMS avant de tuer sa femme, ses enfants et ses parents pour cacher son mensonge. Nathalie Malpelli a évoqué sa lecture du roman de Philippe Jaenada, Petite femelle, sur la vie de Pauline Dubuisson, une femme amante des nazis, accusée d’avoir tué son mari en 53. Jean-Marc Riccini a souhaité nous parler du dernier essai de Marc Dugain et Christophe Labbe, L’Homme nu, sur le rôle de plus en plus fondamental des algorithmes dans notre vie et sur notre santé. Enfin, Kévin Petroni a parlé du roman de Jean-Baptiste Predali, Nos Anges, qui raconte un fait divers sordide, la découverte du cadavre d’un enfant dans une décharge de Borgu Serenu, et l’accusation à tort d’Augustin Bianchi.

Le lieu de notre rencontre

13095988_156855241381240_6101246564765177129_n.jpg

Regent Kids, 5B rue César Campinchi, 20200 Bastia. Tel: 06.11.40.72.01. 

Informations utiles:

Ivan Jablonka, Laëtitia, Paris, Fayard, coll. « La librairie du XXIe siècle », 383p., 21 euros.

Leïla Slimani, Une chanson douce, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 270p., 18 euros.

Truman Capote, De sang froid, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 512p., 9,20 euros.

Emmanuel Carrère, L’Adversaire, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 219p., 6,50 euros.

Philippe Jaenada, Petite femelle, Paris, Seuil, coll. « Points », 737p., 8,95 euros.

Marc Dugain, Chistophe Labbe, L’Homme nu, Paris, Plon, Robert Laffont, 320p., 17,90 euros.

Jean-Baptiste Predali, Nos Anges, Arles, Actes sud, coll. « Domaine français », 177p., 19 euros.

Vous pouvez également aimer :