Retour à la librairie Morisaki
Roman de Satoshi Yagisawa
Ed. Hauteville
Une lecture de MF Bereni Canazzi
Un quartier de bouquinistes où le livre est roi
On avait découvert ce quartier de Jimbôchô, celui des bouquinistes à Tokyo, dans le premier roman, La librairie Morisaki . Dans ce second volume, Takako, revient pour quelques temps vivre sur place, au cœur de la librairie. Son oncle et sa femme, la si aimante Momoko , doivent prendre l’air, passer quelques jours ensemble , ailleurs ; des soucis e santé , le besoin de repos. La jeune femme sait qu’ils en ont besoin,
que son oncle tétu refusera à moins que…Elle leur offre ce dépaysement, puisqu’elle travaille et cherche l’occasion de les remercier pour leur soutien quand elle avait dû vivre chez eux .
Le livre et la librairie pour passions Mais son oncle est un passionné, ancré dans ses habitudes, pour qui le magasin, affaire de famille, ne peut être délaissé même une semaine. Il faut donc créer les conditions propices pour rassure, Satoru, à qui elle promet qu’elle s’occupera de son commerce, au mieux.
Le livre et la librairie pour passions
Mais son oncle est un passionné, ancré dans ses habitudes, pour qui le magasin, affaire de famille, ne peut être délaissé même une semaine. Il faut donc créer les conditions propices pour rassure, Satoru, à qui elle promet qu’elle s’occupera de son commerce, au mieux.
Prenant mon courage à deux mains, j’ai relevé le rideau et commencé ma première journée. Dans l’ordre, mes missions du jour: faire l’ouverture (c’était bon), rester à la boutique, déposer les bénéfices du jour dans un coffre le soir venu, et fermer le rideau. Je ne pouvais bien sûr pas estimer la valeur des livres précieux, donc si jamais un client souhaitait en vendre, ‘expliquerais la situation et mettrais les ouvrages de côté. J’étais partaitement capable de me débrouiller seule pendant un ou deux jours.
J’ai jeté un coup d’œil dans la rue. Les autres magasins sani-maient eux aussi. Une odeur d’osmanthe parfumé venue d’on ne sait où embaumait l’air. Mon regard a rencontré celui de
M. lijima, le propriétaire de la librairie d’occasion la plus proche, juste à la diagonale du magasin. Je l’ai salué.
— Bonjour!
—Tiens, Satoru n’est pas là aujourd’hui?
—Il est parti en voyage pour quelques jours.
Il a rait les gros yeux.
—Dis donc! Ce n’est pas tous les jours qu’on entend ça.
Le ciel va sûrement nous tomber sur la tête.

Takako et Wada promènent, ce qui nous fait découvrir plus de la ville. La communication entre eux est souvent coupée, ils se voient de façon quelque peu mécanique, se perdent de vue quelques jours, se retrouvent comme si de rien n’était. Elle rêverait de davantage d’enthousiasme. Elle invite aussi son amie, Tomo, belle et tranquille, qui lui apporte des moments d’évasion. La librairie est un lieu de rencontres , il y a les habitués qui savent ce qu’ils recherchent, qui ont leurs auteurs…Mais on trouve aussi quelques bibliophiles ou des curieux qui entrent juste pour humer une atmosphère.
Dans le quartier du livre on promène et on aime
Tout le quartier devient familier. Takako aime les papiers , elle découvre encore des trésors que son oncle garde secrètement. Dans les cafés des environs , au Suburou, , dans les rues où les jeunes gens flânent , il n’est question que de livres, de lectures, de livres et documents rares…et d’amour. Le désir est là , palpable. Avoir ce que l’on ne peut obtenir, depuis le moindre jeune homme qui regarde en soupirant une des clientes en cherchant à trouver un livre disparu depuis longtemps, tout aspire à aimer. Tout est quête.
Mon oncle était très sérieux dans ces moments-examinant la marchandise et prenant des notes. Je ne voulais pas le déranger. J’ai examiné silencieusement le titre de tous les livres sans succès. Même en demandant aux libraires que je reconnaissais, aucun d’entre eux n’a pu me renseigner.
Sortie discrètement de la salle, j’ai maugréé dans le couloi r. Si ce livre demeurait introuvable même en ayant cherché dan tous les recoins de Jinbôchô, où pouvait-il bien être? J’avais bien sûr pu laisser passer quelque chose, mais Takano scannait lui aussi méticuleusement les bouquinistes et Internet en quête d’informations. Ses recherches étaient restées vaines. Finalement, après une discussion au Subouru, nous avons décidé de miser sur le festival du livre d’occasion qui devait avoir lieu la semaine
suivante.
Le festival qui se tient de la fin octobre au début novembre est l’événement le plus important de l’année à Jinbôchô.
Le quartier habituellement hors du temps prend un tout autre visage durant une semaine.
Des étals de livres s’alignent tout le long de la rue, et l’on trouve même de petites échoppes de nouilles sautées et de sucreries de-ci, de-là. Le festival est très populaire. Les visiteurs sont bien sûr tous à la recherche de livres. A l’approche de cet événement, j’ai des papillons dans le ventre. Le fait qu’il y ait autant de lecteurs passionnés me réchauffait le cœur. Ce quartier qui semble n’être indispensable qu’à un petit groupe de personnes est en fait apprécié par tellement plus de gens. C’est ce que j’aime à penser.
La librairie Morisaki y participait évidemment elle aussi chaque année.
La librairie et le livre : les leçons de sagesse
La vie s’écoule ainsi pour la protagoniste qui va encore apprendre que l’évolution n’est pas toujours synonyme de destruction et de fin.
Le drame est là , mais il est abordé d’une telle façon que rien ne heurte vraiment et si on a le cœur gros de l’histoire de personnages, on grandit en lisant la vie des patrons de cette librairie si attachante.
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