Marie-Paule Durand nous propose une critique du poème S’il ne restait qu’un chien, publié aux éditions Actes sud.

S’il ne restait qu’un chien… Sous ce titre étrange se cache un diamant brut : cinq cents ans de l’histoire du port du Havre. À première vue, rien d’exaltant, et pourtant ! Trente pages d’une langue poétique percutante, vibrante, dépouillée. Joseph Andras ne recherche pas l’effet, il vise au cœur, au cœur de l’écriture, au cœur du lecteur, un lecteur fasciné dès les premières lignes, embarqué dans cette fresque de fracas et de fureur.

C’est le port qui se raconte ici et nous livre cinq siècles de mémoire où résonnent les cris des esclaves, des femmes souillées, des soldats agonisants, où vibrent les anonymes porteurs de rêves et de fraternité. Farandole macabre aux accents rimbaldiens. Sans doute Le Bateau ivre y a-t-il fait escale …

Un CD accompagne le livre : le texte y est mis en voix et en musique par le rappeur et slameur D’ de Kabal, au timbre sépulcral, et les membres du groupe Trio-Skyzo-Phony.

Joseph Andras a refusé le Prix Goncourt du premier roman qui lui a été attribué en 2016 pour De nos frères blessés : « La compétition, la concurrence et la rivalité sont à mes yeux des notions étrangères à l’écriture et à la création ». 

Informations utiles

Joseph Andras, S’il ne restait qu’un chien, Arles, Actes sud, 2017, 19 euros.