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Festivals littéraires

Salon du livre de Bastia : le compte-rendu

Retour en images sur le premier salon du livre de Bastia organisé par la municipalité, les éditions Éoliennes et par Musanostra, le 19 septembre sur la place du marché. Et en bonus, quelques échanges enregistrés avec Frédéric Aribit, Pascal Ottavi, Pierre Jourde et Guidu Benigni.


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Échanges

Rencontre avec Frédéric Aribit, écrivain, en compagnie de Janine Vittori . La rencontre, animée par Pascal Ottavi, s’est déroulée à la médiathèque l’Alboru.
Rencontre avec Pierre Jourde, écrivain, en compagnie de Catherine Vincensini et de Kévin Petroni

A lire aussi : La lettre ouverte de Catherine Vincensini à Pierre Jourde

Rencontre avec Guidu Benigni, écrivain, en compagnie de Marianne Lalliman

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Au cœur de l’événement

Presse

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Remerciements

Nous tenions à remercier chaleureusement l’ensemble des auteurs et des éditeurs présents lors de cette première édition du salon du livre de Bastia.

Nous tenions à remercier tout aussi chaleureusement la Mairie de Bastia, en particulier Mattea Lacave et Lisandru de Zerbi, et l’ensemble des équipes de la ville.

N’oublions pas nos autres partenaires, les éditions Éoliennes, les éditions La Trace, les éditions Eléments de langage, les Éditeurs de Corse, la Collectivité de Corse, sans qui cet évènement n’aurait pas été possible.

Un grand merci aux médias et journalistes qui ont accompagné ce festival. Un grand merci à Corse-Matin, aux journalistes Jean-Baptiste Croce et Isabelle Lançon-Paoli, à Corse Net Infos et à la journaliste Livia Santana, à Claire Giudici de l’Informateur Corse, à Marie Bronzini de RCFM, à Alta Frequenza, et au journaliste Julien Pernici, et au Petit Corse.

Enfin, nous vous remercions, vous autres lecteurs flâneurs ou passionnés, d’avoir permis à ce moment d’être un succès.

Nous vous retrouvons l’année prochaine, et d’ici là, bonnes lectures !

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L’équipe

Présidente : Marie-France Bereni-Canazzi.

Directeurs : Antoine-Marie Canazzi, Kévin Petroni.

Membres de l’équipe : Audrey Acquaviva, Laure Antoni, Francis Beretti, Cristofanu Ciccoli, Sophie Demichel Borghetti, Alain Franchi, Louis Garcia-Guerrini, Eugène Gherardi, Laëtitia Giannechini, Marion Houssin, Marianne Lalliman, Cynthia Lassey, François-Marie Lucchetti, André Martelli, Mathilde Mattei, Lucia Memmi, Isabelle Pasqualini, Anne-Marie Sammarcelli, Janine Vittori.

Agenda

PASCAL MARCHETTI , présentation du 30 mai 2018, Musanostra, Salon du livre de Bastia

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Portrait photographique: Getty images. Gilles Saussier
 
par Francis Beretti

Pascal Marchetti , qui vient de décéder (le 17 mai),était né en 1925 à San Nicolao, d’une mère enseignante, d’un père journaliste.

Il fit ses études primaires à Paris, ses études secondaires au lycée de Bastia. Reçu à l’agrégation d’italien, il obtint son premier poste à Lille, puis il passa deux ans au Lycée de Bastia.

Il enseigna à l’Université de Bologne, puis, pendant neuf ans à l’Institut universitaire de Naples. A la fin des années 60, il revint à Paris.

Au début des années 70, il fut l’un des grands acteurs du bouillonnement culturel qui agita l’île. Auprès de Fernand Ettori, entre autres, il siégeait régulièrement aux Università d’estate à Corte. Quand Radio Corsica Internaziunale fut créée, il s’en prit aux
« tontons brouilleurs » qui essayaient de la museler.

En 1971, Pascal Marchetti participa à un ouvrage qui fit date, Main basse sur une île, défini par Aimé Pietri comme « la bible des contestataires ».

La même année 1971, parut son premier ouvrage marquant, Intricciate e cambiarine, manuel de grammaire corse, édité en collaboration avec Dumenic’Antone Geronimi.1

Ce manuel expose des trouvailles lumineuses, d’un point de vue de la pédagogie du corse : les « intricciate » CHJ ou GHJ, des lettres composées qui rendent bien l’originalité phonétique de la langue. Les « cambiarine » sont les consonnes mutantes, qui se prononcent différemment, selon leur place dans la phrase. Le manuel assure la cohérence de la graphie du corse, et propose une terminologie linguistique qui se démarque du français ou de l’italien, ainsi, par exemple « u santacroce », pour l’alphabet, et « l’incalcu », pour l’accent tonique.

Pascal Marchetti publie dans la célèbre collection Assimil Le corse sans peine.

En 1980, il restitue, chez Flammarion, Une mémoire pour la Corse, où il déploie tous ses talents d’historien, de linguiste, et de polémiste, et que Marie-Jean Vinciguerra juge « incisif dans l’analyse, avec « le regard froid d’un scientifique et d’un moraliste
sans concession ni complaisance »2

Autre ouvrage important, La corsophonie. Un idiome à la mer, qui clarifie considérablement le sempiternel débat sur la double appartenance du corse : langue/ ou dialecte. Comme l’explique Marie-Jean Vinciguerra, « on identifie abusivement le binôme langue italienne/ dialecte corse, et un binôme langue française/ dialecte corse. Or, la transposition dans un contexte où la langue dominante n’appartient pas à la même famille [linguistique] conduit nécessairement à la folklorisation du dialecte ».3

En 2001 paraît chez Alain Piazzola la deuxième édition, revue et augmentée de L’usu corsu, dictionnaire des mots d’usage et des locutions du Nord et du Centre de la Corse avec les équivalences dans les langues italienne et française.

Entre temps, Pascal Marchetti avait publié, aux éditions Cismonte e Pumonte, une sélection des billets intitulée Impinnatelle qu’il avait écrits pour Kyrn, sous le titre de « In quattr’e trè sette »

En 2004, Alain Piazzola publie les « chroniques d’identité » de Marchetti sous le titre de Le corse dans tous les sens.

La même année, dans la revue Commentaire, Marchetti fait une recension de l’ouvrage d’Olivier Durand La lingua còrsa, publié à Brescia en 2003, sous le titre de « La lingua corsa à l’heure de vérité ».4 Une fois de plus, il a ainsi l’occasion de fustiger les « manipulations idéologiques visant à éloigner le corse de l’italien ». Il déplore que dans la préparation au CAPES de corse, ni l’étude de l’italien, ni celle de la linguistique romane et du latin ne fassent partie du cursus.

En 2011, Alain Piazzola publie son dernier ouvrage : San Nicolao, notes et documents, la première monographie de cette commune du Murianincu.

Pascal Marchetti, un « grand dérangeur », un maître à penser qui a marqué son temps dans le domaine de la linguistique corse, et même de la pédagogie, un intellectuel dont l’engagement passionné n’altérait pas la lucidité. En un mot, un « maestru » dont on se doit de relire, de méditer, et de retenir les leçons.

 

1 Intricciate e cambiarine, manuel pratique d’orthographe corse, Les éditions Beaulieu, 94 Nogent sur Marne, 1971
2 Kyrn magazine, 4 août 1989
3 Marie-Jean Vinciguerra,« Lingua corsa:avatars ou métamorphose», in Kyrn Magazine, 4 août 1989, p. 54-55.
4 Commentaire, 2004, numéro 108, p. 1140-1141

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