Apéritif Littéraire de Musanostra
jeudi 9 juillet, 18h Place Vattelapesca, Bastia

Musanostra vous convie à son prochain apéritif littéraire qui réunira auteurs et lecteurs. Un rendez-vous placé sous le signe du partage, des rencontres et de la bonne humeur, autour d’un verre et de belles plumes. 

Chacun pourra évoquer ses lectures et échanger avec les auteurs présents.

Nous aurons la joie de retrouver autour de la table Jean-Chris Alberti, Thierry Desplantes, Diana Eva Filippi, Roland Frias, Etienne Meloni, Philippe Moncho, Dominique Petris, Jean-Guy Talamoni... 

Venez nombreux pour discuter, rire, trinquer et refaire le monde littéraire le temps d’un verre !

Contactmusafestivals@gmail.com — 06 10 93 15 11

1. Organisation de la soirée littéraire –

Format et gestion du temps

Les organisateurs annoncent un format très cadré : un “maître du temps” Genia, arbitre de formation, signalera la fin des interventions ; une minute est allouée pour présenter un ouvrage si l’auteur est absent et cinq minutes pour les auteurs présents. La soirée se clôt par une séance de dédicaces avec vente (librairie sur place). Le retard initial impose de donner rapidement la parole aux intervenants pour respecter un programme dense avec neuf auteurs invités.

La présidente,  Anne-Marie Sammarcelli, rappelle qu’il s’agit du dernier événement littéraire du premier semestre 2026 à Bastia, après une saison riche : nombreux cafés littéraires, ateliers d’écriture et de lecture réguliers, cycles de conférences qui ont eu un grand succès. Une courte pause est annoncée avant le festival E Statinate à Lumio fin août, puis reprise début septembre à Bastia où les ateliers d’écriture, seuls, se poursuivent tout l’été.  Le public est invité à suivre les actualités sur le site musanostra.com et les réseaux sociaux de l’association.

Présentation collective d’œuvres littéraires et poétiques mêlant spiritualité, mémoire, langue corse, histoire et psychanalyse. Étienne Bellone expose son “tour du monde des religions” (tome 2) après un abécédaire (tome 1). Catherine présente “Enfants de minuit” (Stéphane Uchez/Lochez et Xavier Dandoy de Casabianca) et lit des extraits. Kevin Roussel dialogue avec Thierry Desplantes sur “Martial, le boomerang des vies passées”, roman structuré par le karma, les vies antérieures et l’amitié-philia. D’autres segments portent sur un auteur (« Jean-Chris ») dont le roman nocturne avance en crescendo vers une résolution rationnelle, le recueil de poésie “Aux revers de la lumière” de Roland Frias, un texte de transmission de la langue corse par Stéphanie M, “Puerto Rico 1893” de Philippe Manchot, ainsi que la pensée de l’imaginaire chez Romain Gary (Jean-Guy Talamoni). Un volet célèbre la littérature corse contemporaine, avec les œuvres d’Ange Salducci (livre-CD), Pedro Agostini (poésie), et Steve (ouvrage bilingue corse/français).

Neuf invités sont cités dans l’ordre alphabétique

L’ordre de passage sera chronologique et différent de la liste. Deux mini lectures sont prévues entre certains auteurs et ouvrages, afin de dynamiser les échanges et maintenir le rythme serré de la soirée.

La présidente valorise la variété des livres présentés, “pour tous les goûts”, incitant le public à découvrir et à choisir pendant la dédicace. Le ton est chaleureux et inclusif, mettant en avant la convivialité et l’échange autour de la littérature.

Présentation du premier roman “Le schiste et l’Asphodèle” 


Le Schiste et l’Asphodèle , de Diana Eva Filippi (Ed. @Маї)

Elisa, la modératrice introduit le premier roman d’une jeune autrice, “Le schiste et l’Asphodèle” (éditions Maia), en soulignant ses thèmes, surnaturel, identité, langue, rapport à la nature, chant, transmission, ancrage au village. Elle valorise la dimension introspective : la connaissance de soi et la quête de l’essence de soi, centrales dans l’œuvre.


Le tour du monde de la spiritualité, de la foi, et des croyances @Etiennne Meloni (Tome 2) Editions Etienne Meloni
@www.letourdumondedelafoi.com

Présentation collective d’œuvres littéraires et poétiques mêlant spiritualité, mémoire, langue corse, histoire et psychanalyse. Étienne Meloni expose son “tour du monde des religions” (tome 2) après un abécédaire (tome 1)
Étienne Meloni : Voyageur-auteur du “Tour du monde de la foi, des religions et de la spiritualité” (tome 2), rescapé d’un AVC sur l’Everest ; tome 1 abécédaire (~200 religions), tome 2 rencontres et prières dans 27 pays.

Enfant de minuit, S Cesari et X Xavier Dandoy de Casabianca, Ed. Éditions Éoliennes
Catherine, Présentatrice de “Enfants de minuit”, recueil bilingue corse/français co-créé par le poète Stéphane Cesari et Xavier Dandoy de Casabianca 
Genèse du personnage-enfant née d’ateliers en milieu scolaire et en EHPAD, tissant mémoire, lieux, figures parentales et un nocturne étrange.

Xavier Dandoy de Casabianca : Architecture visuelle et typographique ; souligne l’originalité formelle du projet.

Catherine : Présentatrice de “Enfants de minuit”, recueil bilingue corse/français co-créé par le poète Stéphane Cesari et Xavier Dandoy de Casabianca (images/mise en espace). 

Thierry Desplantes https://thierry-desplantes.fr

Kevin Roussel dialogue avec Thierry Desplantes sur “Martial, le boomerang des vies passées”, roman structuré par le karma, les vies antérieures et l’amitié-philia. 
Kevin Roussel, modérateur anime l’entretien avec Thierry Desplantes (genèse, thèse karmique, personnages). Ancien magistrat devenu romancier ; “Martial” en diptyque narratif (karma, vies antérieures, amitié, combat symbolique contre l’affaiblissement culturel).

“Martial” : vision karmique — les dettes se rejouent jusqu’à être comprises et aimées ; amitiés intellectuelles et spirituelles ancrent les trajectoires.

Thierry Desplantes : Martial devient psychanalyste ; Pia secrétaire, Marc ami malade du sida ; société secrète contre le mal ; patient Président catalyse un combat culturel.

« Ça devait se passer comme ça » de Jean-Chris Alberti

« Ça devait se passer comme ça » de Jean-Chris Alberti : Auteur d’un roman né d’éclats nocturnes, mêlant spiritualité, causalité et psychanalyse autour d’un jeune couple et d’une intrigue d’enlèvement ; progression anxiogène puis résolution rationnelle.


Au revers de la lumière, Roland Frias, Ed. Hello
Roland Frias, poète ; “Aux revers de la lumière” explore la lumière dans les blessures et les doutes, poésie accessible, influencée par slam et classiques.

Roland Frias : Intention poétique. de lumière dans l’ombre, mots simples proches du slam ; partage d’intimités universelles.

Lecture par Marie-Luce : “Derrière le reflet” (au-delà du miroir), “Le duel intérieur” (combat entre ange et démon).

Texte de Stifanina

Je ne sais pas exactement quand j’ai compris que ma langue allait mourir si je ne la faisais pas sortir de moi. C’est venu comme ça, doucement, comme une eau qui monte : l’inconscient devenait conscience. 

Mes parents la parlaient naturellement, sans réfléchir. Moi, je la portais comme un poids sacré, un héritage qu’on m’avait posé sur les épaules sans mode d’emploi. C’était transgénérationnel, mais surtout viscéral : un truc qui te serre la gorge et t’ouvre le cœur en même temps. 

Ce jour-là, je l’ai appelée : « veni, ò figliò…t’aghju da dì ti una cosa »

Elle a levé les yeux, un peu inquiète, comme si j’avais une révélation grave à lui faire. En vrai, j’étais juste nerveux. Peur de mal faire. Peur qu’elle rejette. Peur qu’elle se moque. Peur, surtout, d’être le dernier. 

On s’est assis sous le vieux châtaignier derrière la maison. L’air sentait la terre humide, le figuier écrasé par le soleil. Elle mâchait une mûre qu’elle venait de voler au buisson, les doigts encore tachés de violet. 

J’ai commencé par une histoire, comme le faisait mon grand-père : 

« Ci hè stata una volta… »

Elle a souri. Ma voix tremblait un peu au début, un mélange bizarre de fierté et de trac. La tradition, ça a parfois le goût d’un examen oral.

Et puis c’est venu. Les mots corses glissaient entre nous, parfois rudes, parfois doux comme du miel chaud. Je lui parlé de valeurs, de cette île qui porte la mémoire de ses pierres. Je lui ai raconté les croyances anciennes, les magico-religieuses, celles qu’on chuchote encore lors des veillées ; les mazzeri, les prières murmurées pour détourner l’œil noir, les gestes transmis en cachette comme des dons. 

Elle riait quand je racontais comment, enfant, on me faisait croire qu’un revenant pouvait venir me tirer les pieds si je ne respectais pas les règles. Rire nerveux, rire franc. Du partage pur. 

La peur, la joie, l’humour, la fierté… tout ça se mélangeait. 

Et moi, je sentais que je passais quelque chose qui ne m’appartenait déjà plus. 

2-    Celle qui reçoit

Au début, je croyais que c’était juste une histoire de langue. Quelques mots à retenir pour faire plaisir. Une tradition parmi d’autres.

Mais non. C’était un passage. 

Quand mon père a dit :

« Ci hè stata una volta… » sa voix a changé. Elle avait une profondeur, une vibration que je ne lui avais jamais entendue. Ça m’a donné des frissons, comme si une porte invisible venait de s’ouvrir et que j’étais invitée à passer. 

J’entendais son souffle, le tremblement léger quand il cherchait ses mots, l’émotion qui vibrait dans la gorge.

J’ai senti quelque chose me traverser.

Comme si ce n’était pas seulement lui qui parlait, mais tout ceux avant lui : ses parents, son grand-père, ses anciens dont je ne connais même pas les noms. 

Les mots corses avaient un goût particulier : celui du maquis, des herbes brûlées d’été, de la farine de châtaigne qu’on tamise en riant. 

La langue sentait la cuisine qui mijote, le linge qui sèche dehors, le rire des cousins pendant les repas trop longs. 

Il y avait aussi de la violence dans certaines histoires. Pas pour choquer. Pour dire la vérité. Les rancœurs vieilles, les vindette, les colères qui traversent les familles comme des ombres. Et puis il les contrebalançait avec de l’humour, comme pour dire : on a survécu, regarde, on est là

Moi, je recevais tout ça comme un feu. Pas un feu qui brûle : un feu qui éclaire. 

Et j’ai compris ce que je recevais : 

Un héritage, oui, mais aussi une permission, peut-être même une mission.

Quand il m’a dit : 

« Sta lingua hè toia avà. Ùn a perde micca. 

Cette langue est à toi maintenant. Ne la perd pas. »

Jai senti un nœud se défaire dans ma poitrine.

La peur qu’il avait… je l’ai sentie se dissoudre en moi.

Et à sa place, il y avait une joie de vivre, presque insolente.

Le goût de la lecture en corse, que je voulais découvrir.

Le désir de parler, de transmettre à mon tour.

De faire vivre cette voix qui avait voyagé jusqu’à moi.

Je me suis dit :

« Ùn saraghju l’ultima.

Je ne serais pas la dernière. » 

Puerto Rico 1893 Le roman de Paul M.Philippe Moncho
Ed. La Editions La Trace
Philippe Moncho : “Puerto Rico 1893” (mise en abyme historique et création littéraire),
thèmes d’identité, masculinité toxique, condition féminine.
Philippe : Photo “Puerto Rico 1893” déclenche un thriller historique ; alternance XIXe/XXIe siècles ; modernité de thèmes (masculinité toxique, condition féminine) ; quête des origines de Paul M.

Screenshot

J’suis vivant, j’suis mort de Dominique Petris

L’exil de Tyffanie

L’exil

Première lettre (la lettre officielle) : 

Par Typhanie Guillotin

Bastia, 26 avril 1946, cap sur le large. 

Je ne sais pas où je vais, la guerre est finie, je n’ai plus rien à faire sur cette île. La population est en fête depuis la capitulation allemande. J’ai la sensation étrange que l’avenir est sur le point de s’assombrir. La foule en liesse réclame justice aux victimes massacrées durant ces longues années d’occupation. Ce renversement m’angoisse, une animosité en remplace une autre, attisant le feu de la haine avec son tisonnier. Je ne peux rester ici plus longtemps, accablé de douleur devant l’hystérie collective qui assaille les rues pavées du centre-ville… La tension est palpable et la menace permanente. Demain, je serai à Marseille. Je n’ai jamais eu l’occasion de la sillonner, baladant mes yeux sur ces façades haussmanniennes qui me rappellent l’épure de Paris dans mes rêves. Ma visite sera de courte durée car je pars pour un long voyage. Je te posterai cette lettre en espérant qu’elle te parvienne. Je ne saurais te garantir de t’en envoyer une de sitôt. Tant que je ne serai pas certain d’avoir retrouvé l’apaisement qui me manque, je ne me sentirai pas en sécurité de t’écrire à nouveau. J’espère que tu me pardonneras mon absence. 

Que Dieu te protège !

Seconde lettre (la lettre chiffonnée) : 

         Bastia, 26 avril 1946, je fuis pour déjouer mon funeste destin.

Maintenant que la guerre est terminée, mes heures sont comptées. Ma tête est mise à prix. La France tente de racheter son âme en réécrivant sa sinistre histoire de la collaboration. Certains se sont mis à douter de mon engagement au sein de la Résistance. Bientôt, je serai démasqué. Tôt ou tard, les milices de la grande purge réuniront les preuves de ma loyauté envers l’ennemi. Ils comprendront que les opérations de sabotage avortées auxquelles j’ai participées sont mes trophées de guerre en tant que j’ai infiltré leurs groupes pour les anéantir de l’intérieur. Je ne regrette pas d’avoir accompli ma mission. Elle est un succès dont je porte fièrement les honneurs. Je n’ai pas hésité à divulguer les noms de ceux dont on commence à peine à exhumer les corps fusillés que les soldats du mérite ont jeté dans les fosses après leur avoir administré des tortures qu’ils ont fait le choix délibéré d’éprouver, atteints par la folie. Ce sens du sacrifice m’a toujours répugné. Je repense à ce mal qui me rongeait de les rejoindre à chaque prise de rendez-vous. Il m’était difficile de retenir le mépris qui me tordait le cœur lorsque je devais me tenir fraternellement à leurs côtés. Aujourd’hui, je dois me résoudre à partir. Demain, je serai à Marseille. Je te posterai cette lettre, en espérant qu’elle te parvienne. Je ne saurais te garantir de t’en envoyer une de sitôt. Tant que je n’ai pas trouvé ma terre d’exil, t’écrire est un risque que je ne peux plus courir. Ne cherche pas de mes nouvelles, contente-toi d’agir comme si j’étais déjà mort. 

Que Dieu nous garde ! 

Étienne Meloni : Voyageur-auteur du “Tour du monde de la foi, des religions et de la spiritualité” (tome 2), rescapé d’un AVC sur l’Everest ; tome 1 abécédaire (~200 religions), tome 2 rencontres et prières dans 27 pays.

  1. Étienne Meloni
    • Dans cet ouvrage, le tome 2 de Le tour du monde de la spiritualité, de la foi , et des croyances, l’auteur a continué son périple et rencontré de nouveaux habitants du monde, ceux dont la croyance et le rituel , bien que différents, affirment le besoin de permanence du lien au sacré. En librairie ou auprès de l’auteur (ns contacter )
    • Son premier ouvrage (tome 1) au même titre, présentait quelques deux cents religions ; il est disponible toujours en librairie.
    • Comme salut et graine universelle ; passage du recensement à l’expérience, prière partagée, constat d’unité fraternelle.

Romain Gary, penseur de l’imaginaire, Jean-Guy Talamoni,
Le Bord de l’eau éditions

Jean-Guy Talamoni : “Romain Gary, penseur de l’imaginaire” ; l’imaginaire comme force politique, éthique et fondement de la dignité humaine. Entretien mené par Elisa. Plus que de rechercher la part d’imaginaire dans l’oeuvre de R Gary, l’auteur a voulu en cerner les enjeux et fonctions

Jean-Guy Talamoni : “Romain Gary, penseur de l’imaginaire” ; Ed. Le Bord de l’eau
Imaginaire chez Gary : doctrine fondatrice du courage, de l’amour et de la civilisation, remplaçant la religion contre le nihilisme.

Livre-CD co écrit par C Cardera Colonna et A Salducci ; un poilu corse en quête de paix part pour un voyage qu’il espère salvateur sur les rives de la Méditerranée. Livre complet, texte et musique , on y découvre de très beaux poèmes chants en corse. (accompagnement musical de Charles Pach), accès audio via QR code.

Per a memoria C. Cardera Colonna, Angeo Salducci,
Charles Pach, Ed. Audiolibris


A Fola di u primordiu o u secretu palisatu, Petru Agostini,
Scudo Edition

Recueil poétique où parlent diverses entités inanimées ; souvenirs d’enfance d’un homme qui a avancé en âge et livre sa pensée, sans passéisme ; c’est une réflexion sur la vie et sur la modernité.


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