JULIETTE AU PAYS DES HOMMES
Jean Giraudoux
Derrière « Juliette au pays des hommes », on entend « Alice au pays des merveilles » et c’est bien dans un conte que Giraudoux nous entraîne, un conte où Juliette, « vérificatrice de l’irréel, de l’inimaginable, du non-révolu », décide, à un mois de son mariage, de partir à la recherche d’hommes qu’elle a rencontrés dans le passé et dont elle a noté les noms sur son petit carnet.
Que sont-ils devenus ? Auraient-ils pu influer sur son destin ?
À la recherche de ces « existences possibles », Juliette va rencontrer successivement Rodrigue, un éleveur de « bêtes bizarres », Emmanuel Ratié, personnification de l’orgueil, « le plus vicieux de la ville la plus riche en vices, Chantilly », Jean Daudinat, archéologue, Lemançon, écrivain spécialiste du monologue intérieur, l’auteur lui-même, ce qui permet à Giraudoux d’insérer dans le récit sa Prière sur la Tour Eiffel, écrite un an plus tôt, enfin Boris Selmalov, un beau Russe passionné de timbres-poste qui tentera de la violer.
Une galerie de portraits où l’absurde se mêle à la poésie, l’humour au merveilleux.
Mais une galerie où l’on se perd parfois dans les méandres d’une écriture quasi automatique, les digressions érudites, la confusion entre le réel et l’imaginaire.
Une œuvre étrange, qui charme autant qu’elle peut agacer. MP Durand

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