Par Frédéric Grossi

Le lecteur repèrera vite deux noms , celui de Jacques Mailhos entendu à Bastia à l’occasion d’une rencontre littéraire et celui de Pierre Lemaitre, reçu  en Corse aussi

Tous deux ont contribué dans cet ouvrage, le premier à la traduction et le second par sa préface. J Mailhos fait un très bon travail (bel effort avec le lexique ) et la préface de Lemaitre est très à propos.

Benjamin Whitmer part d’une intrigue assez commune: par une nuit en principe festive l’évasion d’un groupe d’hommes  d’un centre pénitentiaire du Colorado, là où les murs et cloisonnements sont nombreux, très nombreux.
Cette évasion jette des hommes, traqueurs ou traqués, dans la tourmente opaque et glaciale car il fait nuit et la neige ne cesse de tomber. La violence de leurs rapports à eux -mêmes et à l’autre est d’emblée sensible, elle va crescendo et une autre tragédie se noue .

L’auteur  restitue de façon percutante et naturelle les dialogues entre ces désespérés et livre une galerie de portraits effrayants, des killers et de faux agneaux qui se révèleront requins le moment venu, un big brother craint et tout puissant, enfin presque, des losers et ceux qui croient gagner, tous dans la même nasse pourtant.

Car au jeu de Whitmer tous ont déjà perdu et sans doute nous avec .
Critique d’une Amérique qui veut séparer et exclure , avec l’idée de murs ? D’une Amérique aux monstres étiquetés et aux monstres libres ? Ou est-ce une vision de notre pauvre humanité si limitée , frustrée et imparfaite partout et toujours?

C’est un roman à garder . Le style est remarquable souvent , les portraits  bien campés  avec souvent très peu de mots. Si le parti pris pessimiste est un peu convenu dans ce type de littérature, l’histoire vaut celle d’un bon film et le livre, tel que livré par Gallmeister est bel objet, comme à l’accoutumée.

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