Dominique Taddei, auteur de deux beaux livres, USS Corsica et, avec Jean-Michel Casanova, WeCorsicans, vient de nous livrer un troisième ouvrage intitulé Hollywood in Corsica (Albiana, juin 2025).Il est impossible de rendre compte de toutes les illustrations, tellement elles sont abondantes et variées. Retenons, par exemple, la photo pour le moins insolite des latrines collectives ouvertes à tous les vents : une dizaine de GI’s en rang  d’oignon, sont assis sur le trône, toute honte bue . Ou celle de l’officier en blouson de vol en cuir qui offre des cigarettes à un paysan barbu. Mais celles qui incontestablement volent la vedette de la galerie de photos offerte par Taddei sont les superbes pin up girls aux poses suggestives inattendues sur de formidables machines de guerre , exemplaires d’un art  tout -à- fait original , le nose art, c’est-à-dire les peintures qui ornaient l’avant du fuselage des bombardiers US.

Il ne faut pas se fier aux apparences : Hollywood in Corsica est plus qu’un album que l’on feuillette avec curiosité. C’est le fruit d’une recherche approfondie dans tous les domaines : non seulement sur l’histoire du cinéma, de la société de consommation, du journalisme en temps de guerre, de la santé, de la musique nouvelle, de l’art, et même de la littérature :qui aurait pu penser que Joe Heller, l’auteur du célèbre Catch 22, avait fait une partie de son service en Corse ?

Le sous-titre du livre nous en donne l’objectif : « Evocations de l’empreinte culturelle américaine en Corse (1943-1945) ». Dès le mois d’octobre 1943 en effet, les U.S.A., par l’intermédiaire de leur armée,opèrent un débarquement massif sur la plaine orientale :32 200 aviateurs sont passés par la Corse. D’octobre 1943 et pendant 18 mois, on a compté entre 45 000 et 50 000 Américains de passage. Par leur supériorité technologique et leur richesse, ils imposent leur modernité à un pays pauvre et archaïque, et bien souvent ils  en font profiter les insulaires ; n’oublions pas que les Américains ont éliminé le paludisme en plaine orientale. La représentation la plus saisissante, la plus symbolique de ce choc de cultures est probablement la photo où l’on voit se croiser un Dodge, véhicule renommé pour sa robustesse et sa fiabilité,  et un cabriolet tiré par un cheval et conduit par Zi Micheli.  

  


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