Musanostra a rencontré Julie Canarelli pour son projet intéressant.



Julie, pouvez-vous vous présenter ?
«  Je suis née à Bastia, et je me définis comme une artiste visuelle ». 
Quelles œuvres pouvez-vous citer ?
«  J’ai  publié  « Nonza, un album de famille »,

« Empreintes méditerranéennes »

Sur quoi focalisez-vous votre travail ?
 « Sur les paysages des mers intérieures comme pour Seto Naikai, et les relations avec la mémoire à partir de photos d’archives comme « Fiuri Sunori ».

Et actuellement ?
« A l’incitation de « Cerca Paulina », à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Pasquale Paoli j’ai reçu une commande de l’Université de Corse pour effectuer un travail documentaire sur les lieux d’exil de Pasquale Paoli en Angleterre et en Ecosse ».
Pourquoi avoir accepté ce sujet ?
« Après avoir lu Pascal Paoli en Angleterre, de Francis Beretti (Editions Alain Piazzola) je me suis aperçue que peu de personnes, en fait, connaissent ce qu’a été l’Angleterre pour Paoli et son admiration pour le système politique anglais. En Corse, Paoli est surtout connu pour ses batailles à l’intérieur de l’île, et surtout pour celle de Ponte Novu. Cependant, ce sont ces périodes d’exil en Angleterre qui ont aussi été importantes pour le chef corse, et c’est à travers ce travail documentaire sur les lieux d’exil que j’ai voulu amener le public à enrichir sa vision sur Pasquale Paoli. » De l’album que Julie Canarelli a finalement réalisé après sa tournée en Grande-Bretagne,  Musanostra a sélectionné sept photos qui représentent autant d’étapes du parcours de Paoli en Angleterre et en Ecosse .


Afin de mieux comprendre ces illustrations, il convient de préciser le contexte historique dans lequel elles se situent.En juin 1769, le père Bonfigliolo Guelfucci, homme de confiance de Pascal Paoli, et dépositaire des archives du général , prend des dispositions pour organiser le départ du chef corse. Il prend contact avec un certain baron Grothaus ,originaire de Hanovre, et le capitaine Charles Wood, le dernier Anglais que Paoli rencontra en Corse. Wood avait acquis, dans des conditions douteuses, un navire baptisé le Bermudas Packet.Novu. Cependant, ce sont ces périodes d’exil en Angleterre qui ont aussi été importantes pour le chef corse, et c’est à travers ce travail documentaire sur les lieux d’exil que j’ai voulu amener le public à enrichir sa vision sur Pasquale Paoli. » 

De l’album que Julie Canarelli a finalement réalisé après sa tournée en Grande-Bretagne,  Musanostra a sélectionné sept photos qui représentent autant d’étapes du parcours de Paoli en Angleterre et en Ecosse . Afin de mieux comprendre ces illustrations, il convient de préciser le contexte historique dans lequel elles se situent.
En juin 1769, le père Bonfigliolo Guelfucci, homme de confiance de Pascal Paoli, et dépositaire des archives du général , prend des dispositions pour organiser le départ du chef corse. Il prend contact avec un certain baron Grothaus ,originaire de Hanovre, et le capitaine Charles Wood, le dernier Anglais que Paoli rencontra en Corse. Wood avait acquis, dans des conditions douteuses, un navire baptisé le Bermudas Packet.

Carron works, à Falkirk , en Ecosse, à une quarantaine de km d’Edimbourg.
Julie Canarelli a saisi une image très peu connue, et pourtant importante qui démontre l’engagement de Boswell en faveur de la cause des Corses, puisqu’il a commandé dans cette forge des canons à destination des partisans de Pascal Paoli.

Auchinleck : au nord-ouest de l’Ecosse, à une soixantaine de km de Glasgow c’est la demeure familiale de James Boswell.  L’Ecossais a joué un rôle essentiel pour établir la renommée de Pascal Paoli et de la cause de la Corse auprès du public lettré européen, et notamment anglophone, qui a grandement facilité l’acceptation du réfugié corse en Angleterre, et son insertion dans les cercles littéraires et culturels de la capitale. La demeure est un bâtiment classé, et le siège d’annuel d’un festival en l’honneur de Boswell.

Wilton House, au sud de l’Angleterre, à 140 km de Londres : un splendide manoir situé dans la campagne du Wiltshire, résidence des comtes de Pembroke depuis 400 ans, célèbre pour son décor intérieur et ses jardins. Pembroke, depuis sa visite en Corse, a toujours manifesté sa fidélité envers Paoli. 

Baggrave Hall, à  70 km de Birmingham était la demeure du révérend Andrew Burnaby. Ce dernier, qui était chapelain de la communauté d’hommes d’affaires britanniques  de Livourne, ne cessa de témoigner de l’estime qu’il éprouvait envers Paoli depuis son voyage en Corse en 1766 jusqu’aux derniers jours de l’exilé . Burnaby. Il fut l’exécuteur testamentaire de Paoli, et c’est très vraisemblablement grâce à son intervention que le souvenir de Paoli fut célébré dans l’un des hauts lieux des monuments britanniques, c’est-à-dire dans le bas- côté sud de Westminster Abbey, où se trouve son buste sculpté par John Flaxman l’un des artistes néo-classiques  les plus admirés de son temps.

Bath : comme le nom l’indique, une station thermale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, comme exemple de l’architecture classique du temps de George III, située à 180 km à l’ouest de Londres et à 25 km au sud-ouest de Bristol. Julie  Canarelli nous montre une partie du quartier le plus original de la ville, The Royal Crescent. Pascal Paoli aimait bien y séjourner aux beaux jours.

Edgeware Road : la dernière adresse connue de Pascal Paoli à Londres ; dans  une  importante artère de la capitale, qui suit le tracé d’une ancienne voie romaine. C’est dans cette maison que mourut Paoli le jeudi 5 février 1807

Saint Pancras Old Church, dans le cimetière de laquelle Paoli fut enterré  : du temps de Paoli, l’église n’avait pas cette apparence. Elle fut reconstruite au 19e siècle, époque à laquelle son cimetière fut aussi restructuré. 

  Les cendres du chef corse furent rapatriées en 1889.

Le 13 juin, le Bermudas Packet quitte Porto Vecchio avec Paoli comme passager, et peut-être Guelfucci et Filippo Masseria. A Livourne, Pembroke Lockhart et le baron Grothaus attendent les réfugiés. Raimondo Cocchi un érudit italien qui connaissait les meilleurs représentants de la bonne société anglaise de Toscane,  rejoint le chef corse à Pise.

Pembroke va accompagner le chef corse jusqu’à Turin. Henry Herbert, 10e comte de Pembroke était l’aristocrate du plus haut rang que Paoli air reçu en Corse, en 1768. 

A Florence Léopold , grand-duc de Toscane, accorde une audience au chef corse. A Mantoue, c’est au tour de l’empereur Joseph II , qui suggère à sa mère Marie-Thérèse de considérer Paoli comme un rebelle et de lui interdire de séjourner sur son territoire.

Paoli quitte Florence le 12 juillet en route vers l’Autriche. On connaît son itinéraire : Mantoue, Vérone, Munich, Augsburg, Nordlingen, Blanfelden, Hannau, Francfort. En août il est en Hollande.

Le 6 et le 7 septembre, Paoli obtient une audience auprès de Sir Joseph York, l’ambassadeur de Sa Majesté britannique à La Haye. C’est une entrevue déterminante. Sir Joseph est impressionné par la personnalité de son interlocuteur, et la grande valeur politique  des documents qu’il lui montre. Il suggère donc à George III d’accorder une audience à ce Corse « d’un mérite supérieur ».

Le 18 septembre il s’embarque à destination de l’Angleterre. Ce jour même, il débarque à Harwich.


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