Une panne d’inspiration, ça arrive à tout le monde. Et même au narrateur de David Foenkinos. Le romancier, prix Renaudot et du Goncourt des lycéens, a alors une idée. Faire puiser dans le banal et interroger la première personne croisée dans la rue. Un récit lumineux.

Par : Catherine Poggi

Comment et où trouver l’inspiration ? Deux romanciers parmi mes préférés ont choisi de lever le voile sur la recette du roman. Joël Dicker et David Foenkinos, dont j’aime tous les livres depuis des années, nous donnent des clés en 2020, ou font semblant de le faire. Il faut laisser de la place à la vie, tel est le credo de leur protagoniste.

Si Joël Dicker nous ramène à des événements antérieurs de quelques décennies avec L’énigme de la chambre 622 , David Foenkinos quant à lui, choisit au présent de descendre dans les rues de Paris. D’ailleurs, si j’évoque Joël Dicker et David Foenkinos, c’est parce qu’on devine bien leur volonté de troubler le lecteur dans un jeu mêlé de part autobiographique et fictionnelle. Ils n’ont sans doute pas de mal à trouver des sujets, leurs trames narratives se ressemblent. Tous deux ont pour personnage principal un narrateur célèbre, un auteur reconnu. Deux hommes, assez jeunes et séduisants menant une vie aisée, mais sortant tous deux d’une rupture amoureuse. Ils sont seuls et malheureux.

Glaner de quoi écrire

Alors, en panne d’inspiration, ils trouvent de quoi stimuler leur écriture avec le récit de la vie des autres. Mais pour cela il faut faire un grand effort de sympathie pour comprendre ce qui anime les autres. En somme, il faut jouer les psy. Savoir écouter et quelquefois évoluer en eaux troubles ; supporter certains moments de gêne et de confusion, allant parfois même jusqu’à décevoir les autres. Certes, tomber de son piédestal.

Dans sa dernière publication, La famille Martin, aux éditions Gallimard, David Foenkinos nous propose de suivre son double au sein d’une famille. De Madeleine, l’adorable grand-mère, qui va retrouver son grand amour en Amérique, à la colère de sa petite fille, Lola. Il nous dresse cinq portraits différents, cinq personnages à gérer. Tous, plus ou moins accueillants avec cet « auteur bizarre », qui dès lors, ne pense plus qu’à une seule chose, découvrir quelle histoire se cache derrière ces visages et raconter ces différentes vies dans son prochain livre.

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Il y a aussi Jeremy, encore lycéen, qui obtient l’aide de ce fureteur pour rédiger un devoir de français difficile et ennuyeux sur un texte de Villon. Même si au fond, il aurait préféré Amélie Nothomb. De son côté, sa mère essaie de sauver son emploi et son couple. Elle qualifiera l’écrivain « d’homme charmant« . Une histoire sans énigme, un écrivain admis au sein d’une famille, cherchant à se faire oublier pour glaner de quoi écrire ! Les thèmes en sont l’écriture, le couple, l’amour, le chômage, l’adolescence. Une belle idée même sans avoir de quoi nourrir des thèses. Ce livre, qui se veut agréable à lire nous détend en oubliant la grisaille. Un livre comme on les aime, sans prétention, pour ceux qui aiment lire et s’évader.

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