Gilles Antonini a lu La Mort du taxidermiste de Guillaume La Touze, un roman publié en janvier aux éditions Actes sud. 

Ce n’est pas une lecture facile dans la mesure où elle aborde des questions importantes. Ce roman raconte comment les uns et les autres vivent la famille, cette cellule de tendresse,  de non dit et de dépit aussi. Marianne a perdu bien des illusions  et se réfugie en Corse, dans le village natal de sa famille maternelle, dans la maison de sa minnana (grand-mère), seule, prête à vivre  dans de rudes conditions,  pour se reconstruire. Son frère Antoine est toujours à la ville, pas loin des parents. Il  voudrait garder un contact avec elle mais est maladroit  ; comment pourrait-il lui faire oublier qu’il a toujours eu une place privilégiée auprès de Bernard, leur père, taxidermiste ? Le père justement se meurt justement et il a demandé qu’on ne s’acharne pas sur son corps déclinant pour prolonger artificiellement ce qui doit cesser. Marianne ne peut admettre un départ aussi peu combatif et c’est l’occasion pour l’auteur d’aborder des thèmes essentiels comme la mort du père et la redistribution des rôles, la transmission, le passif entre ceux qui restent, le secret, la question de l’origine, celle de l’histoire individuelle et collective et celui de la fin de vie.

Outre cet aspect du récit, il y a dans ce texte la présentation du  travail du taxidermiste, peu connu en fait, qui est mis en relief car Antoine prend le relais à la cave et poursuit les gestes du père  : donner l’impression de vie, juste parce qu’on colle à la fin d’un travail de patience et de tâtonnements des yeux de verre ou parce qu’on a trouvé, un peu à la manière qu’a le poète d’écrire un vers, et de le découvrir beau, la courbe d’une patte, l’impression générale d’une posture animale…

Et la Corse, bien présente, présentée cette fois autrement qu’en carte postale.

Informations utiles

Guillaume Le Touze, La Mort du taxidermiste, Arles, Actes sud, 2017, 192 pages, 18 euros. 

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