Les cicatrices – Claire Favan

Article d’Antoine Giudicelli sur le thriller Les Cicatrices de Claire Favan (2020) aux éditions Harper Collins Noir.

Cette auteure est associée au succès : ses romans, très attendus, sont des thrillers au nombreux prix qui s’imposent d’année en année , et elle est française !

Il se dit qu’elle a un métier très sérieux et qu’à côté de ses journées de travail dans la finance, elle s’amuse à écrire.  Le premier de ses romans, intitulé Le Tueur intime, a séduit le lectorat ; tout comme son 2e,  , Le Tueur de l’ombre ;  puis Apnée noire et  Miettes de sang ont fidélisé un lectorat passionné de récits noirs. Serre-moi fort, Dompteur d’angesInexorable, le dernier, Les Cicatrices, des titres qui ont marqué les esprits. 

Des violeurs, des tueurs en série, un récit qui avance avec des rebondissements , comme dans tout bon roman noir, des chocs et surprises qui caractérisent son œuvre. On séquestre, on brutalise, on trompe …et le public en redemande.

Dans Les Cicatrices, juste paru,  Owen Maker, le personnage principal, vit en Amérique. Il aurait pu être heureux mais sa femme Sally, hystérique, l’en empêche ; elle n’admet pas leur séparation et veut le reconquérir. Il n’en veut plus, elle le dégoûte, on apprend peu à peu pourquoi. Et on comprend ses raisons.

En plus il bosse pour le père de Sally à la vente de voitures et vit dans une partie de leur maison en attendant de trouver une solution. La promiscuité l’handicape pour reprendre le cours d’une existence plus normale pour un homme de près de 40 ans qui a envie de jours meilleurs et de quelques plaisirs légitimes.

Il a toujours très mal au dos, étant criblé de cicatrices depuis un accident, qu’il revoit par bribes dans ses cauchemars qui le laissent exténué. Il est aussi à jamais meurtri par la mort de sa fille adorée, Amy , à laquelle il pense avec chagrin. Ce personnage est sympathique. Quand il tente d’être un peu plus heureux, ce qui est difficile, le lecteur éprouve de l’empathie. 

Heureusement il a rencontré l’entreprenante Jenna et redécouvre l’état amoureux. Cependant de nouveaux soucis ne tardent pas : Sally fait des scènes violentes et continue d’attenter à ses jours, son beau-père menace de façon à peine voilée de le licencier  et , surtout, la police le soupçonne d’être le criminel recherché. En effet, on retrouve l’ADN de notre Owen  sur les victimes du fameux Twice, ce monstre qui sévit depuis des années et reprend apparemment du service. Il doit son pseudo au fait qu’il  les séquestre les jeunes femmes enlevées deux à deux, puis abandonne leurs corps usés n’importe où lorsqu’il s’en est lassé ou qu’elles ont préféré abandonner la lutte, perdue d’avance,  contre leur agresseur .

C’en est trop pour un seul homme, Owen devra réfléchir : mais  le peut-il encore ? Ses cicatrices d’ailleurs ne sont-elles que physiques ?  Twice, son imitation car il y a c’est sûr un plagiaire qui trompe la police, des femmes enfermées et violentées, des rebondissements, une écriture fluide, une fin surprenante, et pour moi, mais c’est une autre affaire, une conception étonnante des ressorts du plaisir masculin. A débattre, ce point. 

Ce roman raconte comment on tisse la toile de sa vengeance et comment les mémoires jouent avec la réalité

Un bon polar ! Claire Favan frappe fort à nouveau.

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