Mon vrai nom est Elisabeth de Adèle Yon – Editions du Sous-Sol 2025
Une recension de Kévin Roussel
Combien d’Elisabeth faut-il déplorer ?
Le livre se lit comme une enquête ; celle qui la mène, la narratrice, évoque avec clartés certaines errances de la médecine et tire de tristes conclusions de cette poignante histoire. Betsy, la
« folle », le personnage dont on suit le parcours accidenté, incarne la force des femmes et la raison.
Ce livre, succès de l’été et plus encore, se trouve à la frontière de différents styles ; il est une enquête familiale mais aussi un essai et un récit de soi. Si l’écriture est fluide très travaillée et légère, le livre se voit entrecoupé de correspondances entre Elisabeth et son mari André, de documents médicaux, d’archives et même de recettes de cuisine qui en font une lecture de prime abord assez complexe. La narratrice cherche à savoir ce qui est arrivé à son arrière-grand-mère Elisabeth, dénommée plus couramment Betsy. Cette femme meurt 4 ans avant la naissance de la narratrice. Hospitalisée près d’Orleans à Fleury les Aubrais, Betsy avait été
diagnostiquée schizophrène. Pour la narratrice qui a peur de sombrer dans la folie lors de son enquête, Betsy est « une créature énigmatique » et « effrayante ». Betsy aura passé 17 ans de sa vie dans cet hôpital ; la narratrice se pose des questions sur son état de santé. Pourquoi a-t-elle subi une lobotomie frontale ? Pourquoi a-t-elle été internée, d’abord librement, puis sous contrainte ? Pourquoi l’a t-on libérée après 17 années d’hospitalisation ? Quel est le rôle d’André, le mari de Betsy, dans cette histoire ?
Le livre répond à toutes ces questions brillamment. Il est aussi l’occasion d’apprendre l’histoire de la lobotomie aux USA et en Europe au travers de l’enquête. Le livre nous dévoile petit à petit l’enfer qu’a subi Betsy, mais aussi le quotidien des infirmiers en psychiatrie qui sont parfois à bout.
Dans son ensemble ce livre est une réflexion sur la condition des femmes internées pour des troubles psychiques et qui ont été opérées par lobotomie , une pratique qui était devenue commune entre les années 1940 et 1960. Puis son déclin pour disparaitre complétement, faute de réelles avancées prouvées dans le soin des patients.
Cette enquête est avant tout émouvante. On apprend que Betsy a été appelée « la folle » et qu’elle a vécu des grossesses non désirées, et on suit les récits des personnes les plus proches de Betsy. On découvrira tout au long de l’histoire les secrets enfouis de cette famille bourgeoise ainsi que le poids de l’hérédité.
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