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Festivals littéraires

Jean-Luc Coatalem, écrivain voyageur

INVITE – Rédacteur en chef adjoint de Geo, Jean-Luc Coatalem est aussi l’un des plus brillants écrivains de langue française. Il est signataire du Manifeste pour une littérature voyageuse avec Kenneth White, Nicolas Bouvier et Michel Le Bris. Mes pas sont ailleurs a obtenu le Femina et le Prix de la langue française. Prix Jean Giono pour La Part du Fils, Jean-Luc Coatalem nous fera l’amitié de parler de son oeuvre.

Jean-Luc Coatalem est l’auteur d’une oeuvre littéraire marquée par ses voyages

Itinéraire d’un voyageur

Jean-Luc Coatalem, écrivain, nouvelliste, essayiste ; ce voyageur est aussi un journaliste qui a collaboré à Grands reportagesFigaro MagazineVogue et dirige Géo Magazine. Entre autres mentions et distinctions, notons Je suis dans les mers du sud, essai sur Paul Gauguin ( Grasset 2001, prix des Deux Magots et prix Bretagne). Mes pas sont ailleurs, essai sur Victor Segalen, a obtenu le Prix de la langue française et le Prix Fémina essai.

A lire aussi : La part du fils de Jean-Luc Coatalem présenté par Audrey Acquaviva

Son dernier ouvrage,  La part du fils (Stock 2019),  est « un livre superbe » motivé et imprégné par « une sensibilité exacerbée » (Jean-René Lefebvre). Il a figuré dans la dernière sélection du Prix Goncourt. L’auteur y retrace le destin douloureux, longtemps passé sous silence par sa famille, de son grand-père victime de la Gestapo.

Photographie : Créateur : JULIEN FALSIMAGNE / Droits d’auteur : JULIEN FALSIMAGNE // GAILLARDE RAPHAEL/GAMMA

Articles

Sa part de tragédie

ARTICLE – Audrey Acquaviva présente La part du fils, de Jean-Luc Coatelem paru aux éditions Stock

Une enquête

La part du fils, roman de Jean-Luc Coatelem aux éditions Stock, dépasse les cadres temporel, spatial et identitaire à travers une enquête et une dualité, aboutissant à une unité, voire un apaisement. Des quelques bribes glanées sur un secret de famille, plus précisément une tragédie familiale, le roman se déploie en une véritable investigation. Tout y est. Un enquêteur, un disparu, des indices, des documents et dossiers longtemps compulsés, des refus de confrontation, de nombreux silences. Le narrateur, indice après indice, sans relâche, comble le vide de l’histoire familiale causé par la disparition de son grand-père paternel Poal.

Très vite, le lecteur se rend compte qu’il y  a deux personnages principaux. Le premier est le narrateur qui se met en scène dans son enquête et qui, chose étonnante, n’est jamais  nommé, comme pour laisser plus de place au second, le grand-père disparu qui , page après page, sort un peu plus non de l’oubli mais du silence.


Un double voyage


 A travers cette enquête nous est proposé un double voyage. Tout débute par un paysage breton, mêlant présent et enfance. Très vite, ces rivages s’éloignent pour l’Indochine, l’Algérie, l’Allemagne, les Etats-Unis et même la   Lune. Les époques alternent. Le présent du narrateur se met en scène au cours de son enquête comme dans  les grands romans d’investigation et le passé dans lequel évolue son grand-père. Et là, le narrateur s’autorise toutes les libertés. Mariant les faits et la fiction, il  invite à Paol à surgir de l’obscurité, à s’incarner. Le lecteur sent que la fiction permet au narrateur de rendre  son histoire au disparu mais aussi sa présence, ses mots, son regard, sa voix. Il veut approcher le plus près possible des faits, y plonger quand il imagine les pensées de son grand-père, s’autorisant même à créer d’autres possibles pour cet homme au destin fauché. C’est bouleversant.


Une vie dans l’histoire


Cette investigation se rapproche  du roman historique tant le destin de Paol est lié à l’histoire de la première partie du  vingtième siècle. La France des colonies,  la France en temps de guerre, la France occupée,  l’Allemagne , les camps. Le récit parfois picaresque permet de supporter quelques passages terribles et toujours le lecteur se sent projeter au cœur de l’Histoire.

Avec la résolution de l’énigme, le vide se comble et  le narrateur  aboutit à une unification. Il sait bien qu’il a endossé le rôle qu’aurait dû tenir en toute logique son père. Mais comment ce dernier qui s’est construit sur la douleur aurait-il pu entreprendre cette quête ?

On retrouve dans cette oeuvre les codes de l’autofiction mais tout en pudeur. Ainsi le nom de famille tarde-t-il à apparaître.  

En savoir plus

Jean-Luc Coatelem, La Part du fils, Paris, Stock, 2019

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