Dans Nymphéas noirs, Michel Bussi campe un univers fascinant, une intrigue policière dans les somptueux jardins de Giverny. Un polar impressionniste, qui finit en apothéose.

Par : Agnès Ancel   

Dès les premières pages du roman, Michel Bussi peint un tableau de l’assassinat de Jérôme Morval et dessine de subtiles nuances, prémices d’un chef d’œuvre annoncé.   


Par touches successives, il esquisse l’histoire de trois femmes, dont la vie se déroule à Giverny dans les jardins de Monet. La première de ces héroïnes a 84 ans, nature morte anonyme, camaïeu de noirs, qui plus est, se fond en transparence dans le paysage. La seconde a 36 ans et se nomme Stéphanie Dupain. L’arrivée de l’inspecteur Laurenç Sérénac lui ouvrira d’autres perspectives et ravivera la lumière dans ses yeux nymphéas. La dernière Fanette a 11 ans et rêve de peinture. 

Un final en apothéose

Cette fresque en trompe l’œil avec en arrière-plan l’enquête policière, nous immerge dans le monde de Claude Monet avec en toile de fond, les Nymphéas. En fait, nous pénétrons dans la vie du peintre, marchons dans ses traces et découvrons l’histoire obsessionnelle de ce tableau. À vrai dire, ce livre n’est pas une simple promenade d’agrément dans les jardins de Giverny. Ne vous y trompez pas. L’intrigue se révèle sous les coups de pinceau du maître pour un final en apothéose. Le coup de maître de Michel Bussi est de nous surprendre par la richesse de son dénouement. C’est du grand art ! Dans ce roman l’auteur nous dévoile toute l’ampleur de son talent.

Sitôt le livre refermé, vous rêverez sans doute de partir pour Giverny sur les traces de Monet en général. Mais aussi de ces trois héroïnes inoubliables. Vous souhaiterez aussi, et vous aurez raison, vous plonger dans l’univers de Michel Bussi pour un voyage sans retour. Je terminerai donc cette chronique par ces vers de Louis Aragon ; véritable leimotiv de ce livre : « Le crime de rêver, je consens qu’on l’instaure. Si je rêve c’est bien de ce qu’on m’interdit. Je plaiderai coupable. Il me plaît d’avoir tort. Aux yeux de la raison le rêve est un bandit.».   

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