Par : Janine Vittori

Fabrice Moireau a illustré de nombreux ouvrages pour la collection « Aquarelles » des Éditions du Pacifique. Il a arpenté des régions, la Bretagne, la Provence, la Sicile… Se laissant guider par le hasard, il a parcouru des villes, Paris, Florence, Rome, New-York…

À ses illustrations, qui rendent toujours hommage à la beauté des lieux, les Éditions du Pacifique associent la vision d’un auteur prestigieux. Yann Queffelec, Dominique Fernandez, Jérôme Charyn accompagnent la visite de la Bretagne, de Rome ou de New-York. Pour « Corse, aquarelles » c’est à Belinda Cannone que la maison d’édition a fait appel. Dans cet ouvrage, qui pourrait être un guide de voyage à travers la Corse, la romancière relate son apprentissage de l’île et la relation personnelle et charnelle qu’elle entretient avec elle.

Pour que son chemin la conduise jusqu’à la Corse, Belinda Cannone vagabonde sur les rives de la Méditerranée. De la Sicile à la Tunisie, de Gabès à Marseille, son histoire familiale est une invitation au voyage. L’auteur pose ses bagages en Corse pendant quelques années.

 Sa mère est revenue sur la terre de ses lointains aïeux ; elle s’est installée à Bastia puis dans un village près d’Aleria. « J’ai donc découvert la Corse tardivement » écrit Belinda Cannone. Déjà adulte, elle est nommée à l’Université de Corse en tant que professeur de littérature comparée.

Elle ressent un émerveillement devant la mer, les montagnes et les animaux sauvages. Elle apprend aussi à connaître les gens et côtoie pendant neuf ans les étudiants à Corte.

Le temps passé en Corse par Fabrice Moireau ne se mesure pas en années mais en jours.

Un supplément d’âme

Mais quelles journées ! Commencées à l’aube elles s’achèvent quand la lumière disparaît.

Dans son périple à travers la Corse l’illustrateur a su capter toute la diversité des paysages.

Corse aquarelles

Il restitue bien sûr la magie des côtes tourmentées du Cap Corse, la beauté des rivages de Balagne aux couchers de soleil prodigieux et le charme des plages du Sud qui figurent sur les clichés de tous les touristes. Mais l’approche de Fabrice Moireau apporte à ses illustrations ce qu’il est convenu d’appeler un supplément d’âme. Il ne se contente pas de reproduire la variété des paysages naturels. L’artiste sillonne la Corse pour découvrir les architectures modestes ou somptueuses héritées des anciens. Il saisit la lumière qui embrase les villages. Lumiu, Saint-Florent, Erbalonga figurent parmi les lieux incontournables sur lesquels Moireau pose son regard. Il surprend par des étapes moins attendues. Il révèle ainsi l’harmonie un peu sévère de Riventosa ou de Morosaglia. Car l’aquarelliste aime peindre les maisons de pierre. Il sait traduire par le trait précis de son dessin et par la richesse de ses couleurs toutes les nuances des architectures insulaires.

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Le peintre voyageur prend le temps de s’arrêter sur les places des villages et des villes. Il y rencontre les habitants : une femme avec sa « sporta » fait une pause sur un muret ; un homme rend visite à ses défunts dans un cimetière de Balagne ; à Bastia, dans le quartier du marché, un poissonnier, chaussé de bottes en caoutchouc, enveloppé dans un grand tablier bleu, s’engouffre dans le portail d’un immeuble aux couleurs dorées par les siècles.

Fabrice Moireau est un artiste généreux. S’il est fasciné par l’architecture naturelle il sait restituer, dans des décors grandioses, la présence des hommes et leur travail. Même si c’est avec une pointe d’humour qu’il représente des éleveurs du Niolu et leur 4X4…

 Le magnifique ouvrage « Corse, aquarelles » saura charmer tous les amoureux de la Corse. Il allie le sens de l’observation et la précision du détail de Fabrice Moireau à la spontanéité et la poésie de Belinda Cannone.

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