Le vent passe et la nuit aussi, un roman de Milena Agus, éditions Liana Levi, 2025
On ne présente plus Milena Agus. La romancière sarde a l’art de raconter de belles histoires depuis son île ; ses mots nous dépaysent tout en nous ramenant à nos vies, à nos émotions. Est-ce le destin des méditerranéens d’être ancré à sa terre et en même temps de rêver qu’on en part ? Ou l’insularité qui fait voguer d’un ici, capital, à un -ou des- ailleurs nécessaires ?
Milena Agus, le pouvoir de lire
Découverte à Musanostra à l’occasion de la sortie en français de Mal de pierres, en 2007, elle n’a cessé depuis de nous séduire ; l’auteure réinvente la vie, mêlant imaginaire et réalité, qui révèlent de façon subtile les soucis de l’actualité, sans jamais sembler y toucher. Depuis Mal de pierres, les titres se sont succédé. Nous l’avons invitée à Bastia, ce ne fut pas facile, beaucoup n’y croyaient pas, elle voyageait peu, était très discrète. Et pourtant, nous avons eu le privilège, aidés par son éditrice et amie Liana Levi et son assistante Elodie Pajot, de la recevoir lors du Festival du cinéma italien de Bastia où un prix pour l’ensemble de son oeuvre lui avait été remis des mains du président du conseil exécutif. C’était sa première venue sur l’île et ce ne fut pas la dernière. Quelques années plus tard, en 2021, elle revint nous retrouver pour E Statinate, l’un des festivals littéraires annuels de Musanostra qui a lieu l’été à Lumio, en Balagne, et elle y a reçu le Prix Musanostra pour Une saison douce.
Son dernier roman, tout juste paru, vous séduira aussi. Intitulé en français Le vent passe et la nuit aussi, il nous transporte au fil des saisons dans sa Sardaigne aimée où Cosima, jeune fille ardente, passionnée, quitte son village natal pour la ville. Mais elle garde le désir profond d’y retourner et ce qu’elle fait.
Dans ce roman , il faut s’arrêter aux très belles descriptions des paysages sardes, aux réflexions sur la politique, sur ceux qui laissent les villages exsangues et sans vrai projet de développement : « Mon père et moi évoquions souvent les problèmes de la Sardaigne. Pourquoi plus personne ne voulait- il être berger ou agriculteur ? Pourquoi les sardes désertaient- ils leurs villages ….. »
Cosima et ses rêves et ses romans qui tiennent une place si importante, elle s’identifie et idendifie chacun à un personnage de roman. Chaque situation la ramène à un passage d’un célèbre roman, les œuvres les plus connues trouvent leur place dans l’imaginaire de cette femme isolée. « Vous vous rappelez que, à peine sortie de pages de Tchekhov, il me tardait de me plonger dans une tragédie de Shakespeare ? C’est là que je me suis perdue….. »
Milena Agus, fidèle à sa Sardaigne, nous entraîne dans ce monde où les rêves de Cosima nous semblent réels et où les personnages existent pour nous et nous enseignent, à l’instar de sa professeure de lettres, que les livres améliorent la vie.
Texte rédigé par Lucie Memmi
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