Partir un jour - un film réalisé par Amélie Bonnin

Sortie en 2025 – 1h45 – Le film est présenté « hors compétition » en ouverture du Festival de Cannes 2025.

Recension d’Audrey Acquaviva

Partir un jour est un film musical français réalisé par Amélie Bonnin, sorti en 2025.  Il a été présenté hors compétition au Festival de Cannes dont il a d’ailleurs fait l’ouverture. A la distribution Juliette Armanet, Bastien Bouillon, François Rollin et Dominique Blanc entre autres.

On y suit  Cécile, une cheffe cuisinier enceinte qui s’apprête à ouvrir son restaurant gastronomique à Paris. Après l’infarctus de son père, à la tête d’un relais routier, elle retourne dans son village natal pour l’épauler et lui permettre, surtout, de prendre sa retraite. Elle y recroise Raphaël, son amour de jeunesse, et, immanquablement, ses souvenirs ressurgissent. Ses certitudes vacillent.

Le film offre un mélange de genres réussi. En premier lieu, c’est une comédie musicale. On en retrouve les marqueurs comme les chansons interprétées par les comédiens et les chorégraphies. La fantaisie aussi quand Cécile et Raphaël ont la folle opportunité de revivre à l’âge adulte un moment marquant de leur adolescence, comme pour rattraper le temps perdu. Comme un fantasme. De plus, il y a une double originalité : les chansons font toutes partie du répertoire français et le spectateur se risquerait presque à pousser la chansonnette. D’ailleurs, la chanson,   éponyme,  a une nouvelle dimension. Plus nostalgique. Plus douloureuse comme ces moments de vie implacables que tous traversent. Et les chansons, d’abord parlées, avant d’être entonnées , offrent aux personnages les mots qu’ils n’ont pas à des moments critiques. Des mots d’autres offerts pour dire les maux, l’amour, la vie.

Partir un jour a en parallèle une visée à la fois plus sociale.  Ainsi la réalisatrice  traite-t-elle du transfuge de classe de façon à la fois classique et originale. La première montre le décalage attendu entre la jeune cheffe et ses parents ou amis d’enfance. La seconde prend la forme d’un carnet sur lequel le père, mi-revanchard mi-meurtri, répète à sa fille les paroles blessantes qu’elle a prononcées lors  de sa participation à  l’émission  Top  Chef.

Quant aux amis d’enfance, ils permettent d’évoquer les gens qui restent et l’adolescence, thème déjà traité au cinéma.

Le film est aussi un film réaliste et populaire, à l’instar des chansons choisies tout au long de la narration : la vie en province et le relais routier notamment.

Amélie Bonnin propose aussi un récit d’initiation. On peut le voir grâce au départ et aux ruptures pour éclore à soi, selon ses propres règles. D’ailleurs la dernière chanson donne son nom au titre.


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