EXTRAITS – Christophe Ciccoli nous propose un extrait et une traduction d’Andrea Camilleri, Autodifesa di Caino, publié aux éditions Sellerio.

Dopo tutte queste falsità vorrei riportarvi una voce che si alzò a mia difesa. È quella di Giordano Bruno, che durante il processo che lo condannò a morire orrendamente bruciato vivo sul rogo, dichiarò che:

“ Cain fu huomo da bene e che meritamente uccise Abel suo fratello, perché era un tristo e carnefice d’animali. Cain ragionandosi di quei che ammazzavano li animali, mostrava d’haverli compassione e diceva che faceano male, e che Abel era stato un carnefice.”

Quindi per Bruno io non sarei un assassino, ma un giustiziere. Pensate, lo dico a favore della tesi di Bruno, che allora gli animali parlavano la nostra stessa lingua che era la medesima di quella di Dio. Uccidere un animale era uccidere una creatura di Dio, come creatura di Dio era l’uomo.

Anche la voce di Gioachino Belli si è levata in mia difesa. E l’ha fatto, naturalmente a modo suo, con un sonetto:

Nun difenno Caino io, sor dottore,
chè lo so ppiù ffu Ccaino:
dico pe ddi che cquarche vvorta er vino
pò accecà l’omo e sbarattajje er core.

Capisch’io puro che agguantà un tortore
e accoppacce un fratello piccinino,
pare una bbonagrazia da bburrino,
un carciofarzo de cattiv’odore.

Ma cquer vede ch’Iddio sempre ar zu’ mèle
e a le su’ rape je sputava addosso,
e nnò ar latte e a le pecore d’Abbele,

a un omo com’e nnoi de carne e dd’osso
aveva assai da inacidijje er fele:
e alloro, amico mio, tajja ch’è rosso.

Per dovere d’onestà devo aggiungere che nel periodo moderno e contemporaneo il giudizio sul mio operato si è molto modificato. Parecchi scrittori, drammaturghi, poeti da Hugo a Unamuno, da Herman Hesse a Ugo Betti, da Giuseppe Ungaretti a Mariangela Gualtieri, a Saramago e tanti altri hanno sostenuto che io fui, piuttosto che un assassino, una vittima delle circostanza.

Torno al racconto dei fatti.

Mi levai dal cospetto di Dio e cominciai a errare per il mondo.

Après tous ces mensonges je voudrai vous parler d’une voix qui s’éleva pour me défendre. C’est celle de Giordano Bruno. Durant le procès qui le condamna à la mort atroce de brûler vif sur le bûcher, il déclara que :

«  Caïn fut un homme de bien qui a eu du mérite à tuer son frère Abel, parce que c’était un sombre bourreau d’animaux. Caïn lucide envers ceux qui abattaient les animaux, fit preuve de compassion et dit qu’ils faisaient le mal, et qu’Abel avait été un bourreau. »

Pour Bruno je n’étais donc pas un assassin, mais un justicier, imaginez, je dis ça uniquement en faveur des thèses de Bruno, les animaux alors parlaient  notre langue, qui était la même que celle de Dieu. Tuer un animal c’était tuer une créature de Dieu, comme l’homme était une créature de Dieu.

Même la voix de Gioachino Belli s’éleva pour me défendre. Et il l’a fait, à sa façon évidement, avec un sonnet :

Je ne défends pas Caïn messire,
Car je sais mieux que vous qui fut Caïn
Je veux seulement préciser que quelques fois le vin
Peut aveugler l’homme et changer ses sentiments, lui bouleverser le cœur

Je comprends également qu’empoigner un bâton et
avec celui-ci tuer son frère cadet semble un acte rustre,
de paysan étranger et ignorant, un coup porté en traître

Mais de voir continuellement Dieu cracher sur le miel
et les navets qu’il lui portait en offrande alors qu’il
faisait les yeux doux au lait et aux brebis d’Abel

C’était amplement suffisant pour faire bouillir le sang
d’un homme semblable à nous.
Dans ces cas-là mon ami que le diable t’emporte

Par souci d’honnêteté je dois ajouter que dans les périodes modernes et contemporaines le jugement porté sur mon acte s’est beaucoup modifié. Plusieurs écrivains, dramaturges, poètes de Hugo à Unamuno, d’Herman Hesse à Ugo Betti, de Giuseppe Ungaretti à Mariangela Gualtieri, à Saramago et tant d’autres qui ont soutenu que je fus, plutôt qu’un assassin, une victime des circonstances.

Revenons aux faits.

Je prenais congé de Dieu et commençais à errer de par le monde.

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