Un trait de crayon épuré, une ode à la tolérance et une critique de la société de consommation remplie d’humour : c’est la recette du succès emporté par Zaï zaï zaï, le « road movie » burlesque de Fabcaro.

Par : Lena Maria Perfettini

S’il est retrouvé, la sentence sera certainement bien sévère. L’humour absurde est la marque de fabrique du dessinateur et scénariste Fabcaro. Dans cette bande-dessinée multi récompensée (entre autres, le Grand Prix de la Critique ACBD et le Prix des libraires de bande dessinée en 2016), il propose une parodie de notre société hyper-médiatisée, dans laquelle, de fil en aiguille, un simple fait divers prend des proportions inimaginables.

Chaque page est une courte histoire, mettant en scène des personnages rapidement brossés et rehaussés de quelques aplats de couleur ocre, qui deviennent alors le stéréotype du journaliste qui fait des suppositions, du voisin qui a son mot à dire, du pilier de bar complotiste… On ne peut s’empêcher de rire en lisant chacune des vignettes.

Pour poursuivre la découverte de l’univers graphique et littéraire de Fabcaro, nous vous conseillons son faux cahier de voyage Carnet du Pérou sur la route de Cuzco (6 pieds sous terre, 2013) ; ses saynètes de vie de couple dans Moins qu’hier (plus que demain) (Glénat, 2018) ; et son roman Le discours (Gallimard, coll. « Sygne », 2018). Attention, vous risquez d’attraper des fous-rires incontrôlables…


« Vous avez la carte du magasin ? » Cette phrase anodine, vous l’avez entendue des centaines de fois. Et quelle que soit votre réponse, le caissier ou la caissière a continué son travail. Mais, voilà : Fabrice a osé oublier sa carte de fidélité, laissée dans son autre pantalon.

À lire aussi : Riad Sattouf, l’écriture dessinée

Une cavale rocambolesque

Face à ce crime de lèse majesté contre la société de consommation, le vigile du magasin veut l’appréhender. Il parvient à quitter le magasin, mais la police est alors sollicitée, et pour éviter d’être arrêté, Fabrice part en cavale. S’en suit alors un road-movie rocambolesque qui conduit le fugitif, en autostop, jusqu’en Lozère. Région bien reculée dans laquelle il espère que la nouvelle de sa fuite n’a pas fuité.

En effet, tandis que la traque de la police se met en place, les télévisions commentent en boucle cet évènement ; la population donne son avis, l’Assemblée nationale en discute… Est-ce un signe de radicalisation ou doit-on croire que c’est uniquement un oubli fâcheux ?

Certains voient en lui un dangereux délinquant ; tandis que d’autres prônent la tolérance pour cet homme qui a droit à l’erreur. Et que dire de son métier : auteur de bandes dessinées ?


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *