Premier des arts majeurs, l’architecture rayonne à travers d’autres disciplines, notamment la littérature. Comment l’homme perçoit-il son espace ? À l’ARIA, la lecture d’extraits de « La renfermée, la Corse », de Marie Susini donnait des éléments de réponse.

Par : Sophie Demichel-Borghetti

Il est des lieux et des moments où il faut rappeler que c’est par les mots que l’on donne sens aux pierres et aux hommes. Le président de l’ARIA et la directrice de la Maison de l’architecture de Corse le savent, qui portent ensemble une alliance fondatrice, celle qui unit les enjeux de l’architecture et ceux de la création, qui éclaire le patrimoine comme lieux d’arts, d’éducation. « L’architecture transforme nos vies », nous dit ainsi Robin Renucci, « elle aide à ne pas céder sur la sidération. »

Et il fut beau, il fut grand, de sceller cette alliance par une lecture. Parce que faire scène sur une montagne, c’est faire preuve qu’une volonté de renaissance sera toujours là.

Et même si dans le texte de Marie Susini, le temps semble s’être arrêté là, si percent parfois noirceur et nostalgie, aussi l’inquiétude du destin implacable qui, ici, semble marquer toute pierre, tout être vivant, ils étaient beaux !

Ils étaient beaux , ces jeunes gens nous offrant ces mots, cet amour malgré tout…

« Il y a là-bas des matins qui sont comme le premier matin du monde. ».

Oui, la Corse peut être dure et ses pierres, anciennes ou futures, inquiétantes, comme cette « menace diffuse qui accompagne l’émerveillement. ». Oui, elle reste terre de séparations, terre de distances, de liens profonds avec les morts et leurs pierres.

La Corse crée des artistes

Mais ces trois comédiens, en osant ces mots, ont ouvert leurs âmes, ont incarné en voix cet hommage.

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Ils ont su nous toucher parce qu’ils ont su se parler, heureux d’être là, d’y être ensemble. Parfois, les acteurs font mentir leur texte : oui, la Corse crée des artistes.

C’est en conteurs magnifiquement humains que ces jeunes gens nous ont offert, par-delà les mots, leur justesse, leur bonheur d’être là. Ils n’ont pas cédé sur leur désir.Ils ont fait sourire et pleurer les nôtres. Et les berceuses futures seront belles.

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