Dans un ouvrage singulier, les éditions Realità publient une centaine de textes diffusés sur Facebook par Paul Turchi-Duriani. Des contenus à la fois incisifs et variés, qui témoignent d’une pensée libre et vive.

Par : Gilles Zerlini 

C’est vrai, cet ouvrage porte bien son nom : Statut(s) particulier(s). Par sa forme d’abord. Il réunit 97 chroniques postées entre 2014 et 2019 ; courtes, aiguisées, inconfortables et souvent tranchantes. Issues de ce qu’« ils » appellent les réseaux sociaux. La forme a priori éphémère de chacune est ici datée et imprimée, ce qui les sauvent d’un oubli certain. Elles sont illustrées d’un emoji caractéristique, le rythme est soutenu. N’oublions pas la force et la pérennité du livre imprimé face aux humeurs de la toile qui s’évaporent dans l’heure.

Un franc-tireur

L’auteur Paul Turchi-Duriani traite de tout sujet, chronique littéraire, billet d’humeur, point philosophique et/ou politique, souvent autour de notre île ou du monde tel qu’il est. Quelques titres livrés : Insoumission à Houellebecq, Thomas Sankara, l’érotisme de Boccacio…

Cet auteur, ce penseur vaut mieux-t-il dire, est un franc-tireur, il apparaît là où on ne l’attend pas. Il frappe juste et rapidement. Et il prend des risques. Sa pensée et ses sujets ne sont pas bien-pensants, ce n’est pas un simplificateur, ni un pisse-vinaigre contemporain. Impossible alors de la ranger dans une case, si ce n’est celle, aujourd’hui galvaudée, d’intellectuel dans la cité. C’est donc un homme libre, qui vit sa pensée et la partage dans le commun.

À lire aussi : Les Images latentes de Carine Adolfini

Il est partie prenante de cette société. Impliqué dans le monde culturel : écriture de contes pour enfants, de chansons, réalisateur, historien, enseignant à Praticalingua. Paul Turchi-Duriani apporte ainsi un souffle vivifiant dans ce marécage, il permet de ressentir les dernières fluctuations d’un territoire en décomposition. En cela, il est l’un des rares penseurs de cette île. À découvrir.

Vous pouvez également aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *