Audrey Acquaviva nous parle de Love me tender, le nouveau roman de Constance Debré aux éditions Flammarion.

Le roman de Constance Debré, Love me tender est avant tout l’histoire d’une libération.

On ne suit ni la réflexion, ni le choix, ni le moment de bascule concernant le changement de vie radical de la narratrice, on en lit uniquement les conséquences. Les codes d’une vie rangée et matérielle ayant volé en éclats, celle qui s’exprime se consacre à l’écriture. Se contentant de peu, elle se débrouille, montrant son adaptabilité et un détachement étonnants qui concentrent l’essentiel.

Le roman lorgne vers l’autofiction. Ainsi retrouve-t-on l’introspection, le positionnement dans différents domaines : sociétal, social,  familial et intime. La narratrice se libère et devient une aventurière de sa vie.
Vivant son homosexualté comme un cheminement vers soi, elle repousse les limites de l’intimité d’une manière simple, vraie, crue. Une vie d’ascèse à un détail près : l’appel du corps. Ce dernier est d’ailleurs très présent à travers ses ébats. 

Dans son autoportrait elle le présente : acéré, tatoué et percé. Rajeuni. Fort, puissant et musclé grâce à ses longueurs quotidiennes en piscine. Grâce à lui, elle tient et résiste à l’effondrement.

En effet, la narratrice aurait très bien pu s’effondrer durant sa traversée de la douleur. Le roman initie cette dernière avec une interrogation sur la fin de l’amour, interrogation que l’on pourrait juger universelle. Mais en va t-il de même pour l’amour maternel ? Le tabou qui se brise ici est le fruit d’un long processus qui mêle séparation, sacrifice et combat. Attente et deuil de l’amour de son fils. Libération aussi. Au final, la narratrice préfère laisser le temps faire son oeuvre et apprend à savourer le fait d’être aimée par une femme. Au passage, sont épinglés une société, une justice, un homme blessé et en colère, confus aussi, qui ne sont pas en mesure de l’accueillir dans son intégrité et sa liberté. Elle ne changera pas mais leur laisse le temps de cicatriser pour le faire.

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2 commentaires

  1. Je n’ai encore lu aucun roman de l’auteure mais cette présentation me donne envie de lire ce livre car le sujet est à la fois excitant et intrigant, sociétal et intime.

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