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La Corse que nous voulons, un livre de Jean-Guy Talamoni

Et si l’on pensait la Corse autrement ? Et si penser la Corse autrement faisait aussi bouger la réflexion sur l’Europe, et grandissait la France ? Depuis la victoire des nationalistes, en décembre 2015, le nouveau président de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni porte les espoirs d’indépendance de l’Île. Mais à quel titre ? La Corse est-elle vraiment une nation ? Dans un récit vivant et documenté, Jean-Guy Talamoni livre un véritable plaidoyer en faveur du droit des Corses à disposer de leur destin. S’appuyant sur leur histoire, il nous fait découvrir la richesse de la langue, ses héros tels Pasquale Paoli, rédacteur de la première constitution corse et défenseur de la tolérance religieuse, Maria Gentile ou encore Napoléon. La Corse a bien, dit-il, un passé démocratique sans la France ; elle fut même la première république moderne proclamée au XVIIIe siècle. L’histoire corse s’éclaire aussi des revendications de son peuple qui ont pu inspirer la lutte armée depuis 1976. Et faire de ses soldats des prisonniers politiques. Mais s’il faut entendre la parole blessée et se souvenir des morts, il faut aussi tourner la page pour avancer et refonder l’avenir. D’autant que depuis leur victoire, les dirigeants nationalistes président aux destinées de l’ensemble des Corses. S’inspirant du Québec, de l’Écosse ou encore de la Catalogne comme modèles, le leader nationaliste offre au lecteur une réflexion stimulante sur notre société qui dépasse enfin le simple antagonisme franco-corse. Avocat et enseignant-chercheur à l’université de Corse, Jean-Guy Talamoni est le chef de file du mouvement indépendantiste Corsica Libera. Militant depuis son plus jeune âge, il a conduit la délégation nationaliste lors de la négociation des accords de Matignon (1999-2002). Il est depuis décembre 2015 le président de l’Assemblée de Corse.

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Loviconi, en circonstance

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Dans son premier ouvrage, Déclarations, Colomba Loviconi se livre à l’exercice poétique de la circonstance, exercice que l’on pourrait résumer par un verbe, s’exprimer; car déclarer, ce n’est pas uniquement rendre publique une parole, ce n’est pas seulement la demander dans le champ littéraire, ce qu’un premier recueil, après tout, exige, déclarer consiste surtout à sortir de soi, à mettre à distance sa vie dans le but de l’expliquer. C’est ce dévoilement que nous devons retenir du sujet lyrique, ce dévoilement qui s’accomplit à travers un rituel de parole propre au deuil, ce dévoilement marquant le passage de la poétesse de l’enfance à l’âge adulte. Ainsi, la poésie de Loviconi, de la déploration de sa maison familiale aux regrets adressés au père défunt, en passant par les rapports ambivalents que celle-ci entretient avec l’objet amoureux, toute la poésie de Loviconi s’intéresse non pas à ce qui a disparu, mais à ce qui vit, caché devant nos yeux, caché en nous, tout ce qui est dicible dans l’indicible et qui, selon Heidegger, définit l’acte poétique. En d’autres termes, tout ce qui contribue par un acte de parole à prolonger le lien déchirant qu’une poétesse tente de conserver avec un Éden qu’elle ne reconnaît plus.

Extrait

Place Jemaa el fna

J’ai déjà été ici auparavant./Bruits incessants, vacarme enjoué./Ciel rose et soleil orangé./La tombée du jour laisse place à la vie nocturne./Agitation ininterrompue./Ces rues familières ma ramènent quelques années /en arrière./Je les ai traversées à maintes reprises./Ces odeurs douces et épicées me rappellent la / jeune fille que j’étais./ Les voix de part et d’autre, n’ont pas changé./Les calèches colorées et les chauffeurs épuisés qui/sillonnent la route non plus./Dans un élan romantique et innocent, les souvenirs/d’autrefois envahissent mon esprit./Le Palais des Roses n’est pas si loin./Mon coeur s’emballe./Oui tout est là comme avant.

Sur la place Jemaa el fna,/c’est mon amour qui n’est plus.

Informations utiles: 

Colomba Loviconi, Déclarations / dichjarazioni, Ajaccio, Colonna, coll. « Poésie », 2016, 63p., 10 euros.

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Le rêve, l'autre réalité; une critique de Sandrine Mège

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Présentation de l’ouvrage

Cet ouvrage est né de l’exploitation d’un millier de rêves recueillis par le docteur André-Jean Bonelli au cours de sa collaboration avec la revue l’Inconnu. Un livre très intéressant, à découvrir.

Les rêves présentés comportent une double analyse : psychanalytique, par Christophe di Caro ; et quantique, par André-Jean Bonelli.

André-Jean Bonelli explique le processus complexe de production des rêves et celui-ci s’est aperçu que le mécanisme onirique obéissait aux lois de la physique quantique, expliquant toutes les formes rencontrées, y compris les rêves dits «paranormaux ». Les lois de la physique quantique donnent à l’espace et au temps une valeur différente de celles de notre univers à trois dimensions aboutissant à une question : Le rêve nous fait-il entrer dans une autre réalité ? André-Jean Bonelli, romancier et médecin, ancien attaché d’électrologie dans le service du Pr Chevrot a fait partie du groupe Ark’All animé par le Pr de physique quantique Jacques Ravatin et a créé l’association Argona consacrée aux rêves éveillés dirigés dont le but était de démontrer que le rêve était facteur d’évolution. Christophe di Caro, enseignant en philosophie à l’université de Corse, anime des cafés philo et est le créateur de la Coupe corse de philosophie interlycéenne et interuniversitaire. Parmi les thèmes évoqués : Le rêve est-il la voie royale de l’inconscient? La couverture est une partie du tableau de Jérôme Bosch (1450-1516), L’Ascension vers l’Empyrée.

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L’avis de Sandrine Mège

Qu’est ce que le rêve est-il réalité ? Est-il irréel ? Cet ouvrage nous amène à cette réflexion, dans ce groupe d’études à quatre mains, qui rejoint tous ceux qui ont étudié les rêves, comme Carl Gustav Jung et ses contributions dans ce domaine, qui ont été déterminantes. Un livre très intéressant qui interpelle. Mettez en avant la réalité de votre âme, en pensant à écrire chaque matin vos rêves….

Informations utiles

André-Jean Bonelli, Christophe Di Caro, Le Rêve. L’autre réalité, Paris, Édilivre, 2016, 190p., 16,5 euros (papier) et 1,99 euros (numérique).

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«Questions aux arbres d’ici», de Dominique Ottavi

Jeté dans mon carnet, et à la hâte, parcourant la très belle exposition du même nom d’Alexandre Hollan à Lodève, au cours d’«Urgence Poésie » en juillet 2016.

Pas les racines qui comptent, non, seulement les arbres.

Les arbres qui battent la campagne, tombent, se relèvent et s’empalent de leur victoire sur la mort et l’assassinat à gueule de hache et de scie. Demeure toujours la présence de l’arbre, même après sa disparition, et qui prononce le ciel. La sagesse profonde de l’arbre, son initiation, parfaite et complète, font mal à l’arbre, le blessent, mais du même coup le sauvent.

A perte d’arbre donc, l’arbre coupable, désappointé et frondeur silencieux. Palarbre, on mange son pain blanc, tous arbres confondus. Malabarbre, arbre désarbré, changé en lutteur de foire, justaucorps et moustaches tombantes, arbre de vie, jamais de mort.

L’intime certitude que l’arbre dans sa course finira par faire le résumé du ciel et de ses mondes. L’encens du soleil laisse des traînées bleues, jaunes et vertes dans la pénombre d’une canicule inventée. Je revois en filigrane les pierres enfiévrées où s’accroche une lumière engendrée, sans ostentation, par ces branches lourdes, jamais résignées. Je signe les sauf-conduits aux étoiles qui peut-être ne reviendront jamais. Nulle capitulation et nulle insolence. L’espérance jaillit du sol, immobile. Et puis dans l’or du soir d’été les formes se chargent d’étranges couleurs de viandes vives. Bigarrures. C’est un serment que de vivre, tenu avant même que d’être énoncé. Fatras, fouillis calculé, ordonné par la grâce d’une mystérieuse logique visible pourtant à l’oeil nu. Tu t’inclines devant l’élégance du rameau éclaboussé de lumière rentrée et qui te la restitue sur le champ, sans gêne ni remords. Et l’arbre s’exaspère de présence, d’innocence lourde de sens et d’expérience. Filigrane encore, bleu cette fois. Concupiscence blanche. J’égrène mon regard de la plus haute à la plus basse branche. L’arbre redit la lumière. La fait naître de ses entrailles, éclater en « implosante fixe ». Poètes à la dérive devant cette poésie qui se passe de mots. Puisque te voilà à présent incapable de faire la part de l’arbre et la part du monde. « Je suis sûr d’une présence ».