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Festivals littéraires

Salon du livre de Bastia

Le 19 septembre 2020 sur la place du marché, à 14h, s’ouvre le premier salon du livre de Bastia : retrouvez le programme de la remise du Prix du concours d’écriture Musanostra et des rencontres prévues, ainsi que la liste des auteurs et des éditeurs présents

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Les rencontres

Vendredi 18 septembre 2020, Centre culturel Alboru, 17h30 : Pierre Jourde remettra le Prix du concours d’écriture Musanostra. Frédéric Aribit, auteur de Trois langues dans ma bouche, sera interrogé à 18h par Pascal Ottavi.

Samedi 19 septembre 2020, Vattelapesca, 11h : Catherine Vincensini et Kévin Petroni interrogeront Pierre Jourde. (Pour des raisons liées au contexte sanitaire, le rendez-vous est privé. La discussion sera accessible uniquement sur les réseaux sociaux)

Dimanche 20 septembre, Vattelapesca, 11h : Janine Vittori et Marie-France Bereni-Canazzi interrogeront Claire Berest. (Pour des raisons liées au contexte sanitaire, le rendez-vous est privé. La discussion sera accessible uniquement sur les réseaux sociaux)

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Les auteurs

Jean-Yves ACQUAVIVA

Jean-Yves Acquaviva est un agriculteur, parolier et écrivain corse ; il a écrit de nombreuses chansons pour le groupe Vitalba et a fait une entrée remarquée  en littérature avec son roman Ombre di guerra, publié chez Albiana ; puis les publications ont continué avec un second roman, Cent’anni centu mesi, aux éditions Colonna puis avec le recueil bilingue Dans la main du Diable. Il s’est vu décerner de nombreux prix. Il est l’un des responsables de la maison d’édition Tonu è Timpesta

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Carine ADOLFINI

Diplômée d’un master en Lettres modernes, Carine Adolfini Bianconi est poète conférencière. Elle est également l’auteure d’un essai anthropologique sur L’ochju. Origine et sens des pratiques symboliques corses. Elle gère une association littéraire, Arzilla, qui propose également des ateliers poétiques pour enfants. Ma Béance, ta demeure, son recueil avec traduction de S Cesari, est disponible aux éditions A Fior di carta.
Da dernière publication Images latentes et un peu plus de deux mois est le fruit d’une collaboration avec le photographe Claude Giannini.

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Philippe ALESSANDRI 

Philippe Alessandri est l’auteur d’un premier roman qui a marqué les lecteurs corses. Son Monsieur Anatole, publié aux éditions La Trace, se démarque par son style simple et son humour acerbe

Que cache l’élégance de Monsieur Anatole?

L’attention maniaque accordée à la tenue, la précise organisation de ses journées, le rituel de ses repas, tout cela intrigue et inquiète. Cette vie est bien trop réglée pour être honnête .

Derrière cette apparence rendue lisse par un soin méticuleux se dissimule un tueur en série. Les situations loufoques vécues par le héros et son caractère lubrique provoquent le rire. Mais derrière le divertissement il y a la mort.

Philippe Alessandri offre au lecteur un roman au ton très décalé. Le suspens et les rebondissements sont servis avec un humour souvent hilarant. 

Le public ne s’y trompe pas qui a reçu avec enthousiasme ce premier roman d’un auteur qui vit à Bastia. Mais le roman, comme son héros, a plusieurs faces. Il masque derrière le rire la satire sociale.

Présentation du livre par l’éditeur

Tout a commencé avec ce jeune homme en mal de précision horaire. Pourquoi l’avais-je assassiné ? Je n’en sais toujours rien aujourd’hui. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, j’ai eu un trou noir… et tout ce genre de choses que l’on dit devant un juge, aux Assises. Sauf que moi, devant un juge, je n’y suis jamais allé. Puisqu’un autre y est allé à ma place. Un pauvre type, comme on dit. Un type qui n’a pas su se défendre…

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Francis AIQUI

Artiste de théâtre contemporain, Francis Aïqui est directeur du centre culturel l’Agha à Ajaccio. Il présentera sa pièce de théâtre, éditée aux éditions Albiana, Les Hospitalières.

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Alexia ANGELI

Alexia Angeli est écrivaine. Pour le Projet Décaméron de la maison d’éditions Albiana, elle a réalisé trois textes : Le Mur, La Maison du poète et A la croisée des non-lieux, co-écrit avec Jean-Pierre Santini. Aux éditions A Fior di carta, elle a publié Le Chemin des immortelles.

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Frederic ARIBIT

Frédéric Aribit est né à Bayonne en 1972. Il vit entre Itxassou et Paris. Professeur de Lettres, il enseigne au Lycée Jeannine Manuel, établissement créé par une Résistante, en 1954, et qui est réputé pour la qualité de son enseignement bilingue et ses valeurs humaines. L’auteur, qui a grandi au Pays Basque, a suivi des études supérieures à Paris. Il a obtenu un doctorat de Lettres et il est reconnu comme un spécialiste du surréalisme. Frédéric Aribit est aussi musicien: tromboniste et bassiste. Il écrit également de nombreux articles dans des revues universitaires en France et à l’étranger. Dès 1997 il publie des nouvelles qui obtiennent le Prix de la nouvelle de L’Oeil Sauvage ainsi que le Prix de la Ville de Bayonne.

A lire aussi : Renouer avec la langue de Janine Vittori

Frédéric Aribit, Georges Bataille, Le vif du sujet, Paris L’Harmattan, 2012.

Comprendre Breton, Essai graphique, Avec Eva Niollet, Paris, Max Milo, 2015.

Trois langues dans ma bouche Paris, Belfond, 2015.

Le mal des ardents, Paris, Belfond, 2017.

Et vous m’avez parlé de Garry Davis, Paris, Anne Carrière, 2020.


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Julien BATTESTI

Julien Battesti est l’auteur de L’Imitation de Bartleby, publié dans la collection L’Infini des Editions Gallimard. Il s’agit de l’histoire d’un jeune étudiant, lecteur de Melville, qui tombe sous la fascination d’une vidéo de Michèle Causse, traductrice de Melville. Il s’ensuit une recherche pour concilier les trois destins du livre, celui du narrateur, de Bartleby et de Michèle Causse. Prix Musanostra 2020.

A lire aussi : Josyane Savigneau présente L’Imitation de Bartleby

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Guidu BENIGNI

Guy Benigni est né en 1931 à Marseille. C’est un poète et auteur de romans pour la jeunesse. Cet ancien militaire est un amateur de sculpture et un passionné d’histoire et de chevaux. Il a écrit des paroles de chansons pour les groupes I Muvrini et Diana di l’Alba. Il a également écrit de nombreux ouvrages tels que Amadeu u Turchu publié en 2002 aux éditions Albiana avec lequel il obtient le Prix du livre Corse et L’Affreschi di a Santa Trinita qui est roman historique publié en 2013 et avec lequel il obtient le Prix des Lecteurs Corse. Il est également l’auteur de La petite encyclopédie du cheval en Corse, de Babbò… ou l’enfant retrouvé, de Favule, de Ieiettu, de Mitulugia, de Quattru cantate gialle, et de U viaghju di a « Fortunate » aux éditions Albiana. L’œuvre Ieiettu a été traduite en italien par Gianni Repetto et sert même de support d’étude pour les étudiants. Il a récemment traduit L’enfer, de Dante , en corse et vient de publier sa dernière oeuvre aux éditions A fior di carta

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Claire BEREST

Après avoir démissionné de l’éducation nationale, Claire Berest publie son premier roman Mikado à 27 ans. Prix Femina de l’essai pour son livre Gabrielle, co-écrit avec sa soeur Anne Berest, elle a publié au éditions Stock Rien n’est noir, son dernier roman, consacré à Frida Kahlo.

A lire aussi : Frida et Diego

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Francis BERETTI

Doyen de l’Université de Corse, agrégé d’anglais, Francis Beretti est spécialiste de l’image de la Corse dans la littérature anglaise du XVIIIe siècle. Il viendra présenter le dernier ouvrage qu’il a co-dirigé avec Didier Rey et Antoine-Laurent Bindi, Histoire du cyclisme en Corse, publié aux éditions Piazzola

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Bernard BOUQUET

Auteur de polar, cet ancien professeur agrégé de lettres du lycée Fesch à Ajaccio s’est illustré avec 4 romans .

« Bertrand , la quête » (Éditions APL)
« Une seconde vie » (Éditions APL,Grand prix de l’Académie Normande de lettres).
« Le voile de la mariée »(Éditions Ancre latine-Corsicapolar,2018).
« La tour d’Omigna » (Corsicapolar 2019).


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Alain CADEO

Premier Prix Marcel Pagnol pour Stanislas, Alain Cadeo vient de publier Mayacumbra aux éditions La Trace.


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Jean CARDI

Jean Cardi est éleveur en Corse. Cet ex syndicaliste est très impliqué dans la défense de sa terre et du statut des agriculteurs qu’il juge livrés à eux-mêmes. Il présentera son ouvrage, Les Prédateurs.

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Xavier CASANOVA

Après Codex Corsicae aux éditions A Fior di carta, Xavier Casanova publie, avec Petr’Anto Scolca, une anthologie de Pastiches et de Corstiches.

Cecilia CASTELLI

Cette jeune romancière ajaccienne a publié Mollusque au Serpent à plumes et tout récemment Frères Soleil dont l’action se passe entre le Valinco et Ajaccio (éditions Le passage).

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Claire CECCHINI

Claire Cecchini est éditrice aux éditions Materia Scritta. Elle est aussi la fondatrice de la revue Fabulla et l’organisatrice du festival LittOral, qui se déroule chaque année à Propriano.

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Stefanu CESARI

Enseignant à Bastia, Stefanu Cesari est aussi poète. Son dernier recueil, Bartolomeo in Cristu, publié aux éditions Eoliennes, a obtenu le Prix Louis Guillaume, La Prix du Livre corse, Le Prix de la CDC et le Prix Musanostra.

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Astrid CHAFFRINGEON

Astrid Chaffringeon est enseignante et auteure. Elle a publié avec Claire Morel aux éditions Eléments de langage Chambre avec vue. Son dernier ouvrage, Je ne chasse pas sur mon territoire, à paraître en automne.

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Hervé CHEUZEVILLE

Hervé Cheuzeville est l’auteur de Kadogo, enfants des guerres d’Afrique centrale (L’Harmattan, 2003), de deux recueils de chroniques publiés par les éditions Persée et de Au fil des chemins (Edilivre, 2013). Après un premier tome consacré à six pays d’Asie, paru en novembre 2015, un second tome Des Royaumes méconnus a été publié chez Edilivre. Nouveaux prêches dans le désert, son dernier ouvrage, est publié aux éditions Vincentello d’Istria.

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Jean CHIORBOLI

Professeur à l’Université de Corse, Jean Chiorboli est linguiste. Auteur du Corse pour les nuls, il a également publié aux éditions Albiana La Légende des noms de famille et Langue corse et noms de lieux.

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Olivier COLLARD

Amoureux de la nature, il découvre la Corse l’année de ses 18 ans. Il vit désormais à Bastia et se consacre à l’écriture. A ce jour, il a publié une douzaine d’ouvrages dans des registres variés : roman noir social, fantasy et nouvelles humoristiques. (U Corsinu)

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Robert COLONNA D’ISTRIA

Robert Colonna d’Istria est né en 1956 à Marseille. Sa famille est originaire de Petretu-Bicchisanu. Journaliste il écrit aussi bien pour des titres nationaux tels que Le Figaro et Le Point ou pour des magazines insulaires tel Corsica. Essayiste, il est l’auteur de très nombreux ouvrages sur l’Histoire dont: 

Histoire de la Corse – Éditions Texto -1995

La Corse au XIXe siècle– Éditions  France Empire-1998

Corse et Histoire de La Provence– Éditions France Empire- 2000

Histoire de La Savoie– Éditions France Empire- 2002

Robert Colonna d’Istria est également spécialiste de Georges Bernanos . En 1998 il a  publié, toujours aux Éditions France Empire auxquelles il va rester fidèle:

Bernanos , Le prophète et le Poète.

Journaliste, essayiste, historien, l’auteur est aussi romancier. En 2018 il est distingué par Le Prix du livre corse pour:

Une famille corse – 1200 ans de solitude dans la collection Terre Humaine Plon.

Et en 2020 son dernier roman, La femme qui voulait écrire des romans d’amour, paraît chez la très belle maison d’édition Matteria Scritta. Cet observateur de la vie politique corse est un écrivain prolifique et passionnant.

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Michele CORROTTI

Michèle Corrotti est née à Sartène, elle a enseigné au lycée de Bastia les Lettres classiques, puis le cinéma. Elle est fondatrice et présidente d’Arte Mare, festival du film et des arts en Méditerranée. Michèle Corrotti est à l’origine du Prix Ulysse décerné à un premier roman et à l’ensemble d’une oeuvre. Peintre, elle est également l’auteur de romans historiques en collaboration avec Philippe Peretti. Elle a publié un livre pour les enfants.

SES ŒUVRES

  • Les Mauvais Sujets, Ajaccio, Piazzola, 2016.
  • Entre chien et loup, Ajaccio, Piazzola, 2014.
  • A scola di i casi addisperati, Bastia, Editions Eoliennes, 2017.

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Letizia COSIMI

Letizia Cosimi est née en 1979. Professeur des Écoles bilingues elle est animée par la passion de la poésie et par le domaine de l’enfance. Elle a composé plusieurs recueils de poésie en langue corse:

Core in Puesia, Barretali, A Fior di Carta, 2018

Da l’alma à la rima, Barrettali, A Fior di Carta, 2019

Ciriola, illustré par Patriziu Croce, A Fior di Carta.

Mais également des adaptations en langue corse de contes traditionnels:

A Bella è a Bestia Illustré par J-F. Gandon, Barrettali, A fior di Carta, 2018

A zitelluccia cù i fulminenti illustré par J-F Gandon, Barrettali, A Fior di Carta, 2018

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Pedru Felice CUNEO ORLANDUCCI

Né le 30 mars 1987 à Bastia, Pedru-Felice Cuneo-Orlanducci 
a déjà publié Les Rêveurs des deux tours aux Editions Colonna. Bilingue et poly-passionné, il est également coadministrateur du site littéraire Anima Cappiata et du blog des langues minoritaires Lingua 610. (Sources : Scudo)

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Jean-Pierre CRUCIANI

Jean-Paul Cruciani est auteur de polars. Son roman, 44 fillette, est publié aux éditions du Cursinu.

Présentation de l’éditeur

Janvier 1970. En charge d’une affaire de disparition inquiétante, le détective privé Jean-Toussaint Croce (ancien du 36 Quai des orfèvres) va devoir démêler les frasques d’un mari au-dessus de tout soupçon. À peine volage, mais sacrément combinard… Entre un chassé-croisé de la DST et de la STASI, cette intrigue digne d’un film de Lautner a pour toile de fond la guerre froide. Un polar à la fois captivant et truculent, qui plongera le lecteur au cœur de la diaspora corse à Paris. Avec l’ambiance, le mode de vie et la gouaille impayable des années 70.

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Josette DALL’ AVA-SANTUCCI

Ancienne cheffe du service de physiologie au groupe hospitalier Cochin à Paris, ancienne professeure à la faculté de médecine de Cochin-Port-Royal, Josette Dall’Ava Santucci est l’auteure Des Sorcières aux mandarines, aux éditions Calmann-Lévy, Vivre mince, mieux, plus longtemps aux éditions First.

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Xavier DANDOY de Casabianca

Xavier Dandoy de Casabianca est à la fois auteur et éditeur. Il a fondé les éditions Eoliennes. Son dernier ouvrage Quai Tino Rossi est édité aux éditions Colonna. Il est le fondateur de la revue Koan.

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François DE NEGRONI

François de Negroni est sociologue. Il a enseigné dans de nombreuses universités étrangères et françaises. Il s’est investi dans l’édition, notamment au Castor Astral, et à Materia Scritta, qu’il a co-fondée. Ses oeuvres souvent un brin provocatrices, comme Le Savoir-vivre intellectuel et Afrique fantasmes, lui assurent sa réputation de polémiste. Son dernier ouvrage, Un immense caveau, est disponible aux éditions Materia Scritta.

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Lisandru DE ZERBI

Lisandru de Zerbi est professeur de corse en Haute Corse ; il est l’auteur du recueil Messe è Santi nustrali, paru en 2017 aux éditions Le Bord de l’eau, dans la collection Spondi

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Paul DESANTI

Paulu Desanti est né en mai 1968 à Pitretu è Bicchisgià. Il est professeur de lettres et aussi de langue et culture corses. Il enseigne à l’université de Corse. Il a travaillé sur le poète Marcu Angeli, a présenté une thèse sur la littérature corse de l’entre-deux-guerres. Il a publié romans et nouvelles, chez Albiana,souvent dans une veine satirique.

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Marie-Paule DOLOVICI

Marie-Paule Dolovici vit à Bastia où elle enseigne. Sa première publication s’intitulait Ribella , recueil de nouvelles qui date de 2013.Sa passion pour l’histoire l’a amenée à publier deux romans La fille de l’aube, paru en 2017, L’enfant de la nation, sorti en juillet 2018. Ils mettent en scène Pascal Paoli et la société corse du XVIIIe siècle.


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Cecce FERRARA

Originaire de la région de Sartène, Ceccè Ferrara est auteur et éditeur. Il a fondé la collection Spondi aux éditions Le Bord de l’eau. Il est l’auteur du recueil A Fanga è l’oru. Il a collaboré à Paroles en noir et blanc avec Norbert Paganelli et Alain di Meglio.

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Martine FERRARI

L’auteure, originaire de Ponte-Novu, est née à Bastia où elle réside aujourd’hui. C’est auprès de sa mère qu’elle a rencontré la lecture qui danse et qui raconte. Elle a suivi son premier cycle scolaire au collège de Moltifao, puis ensuite sa scolarité au Lycée Giocante de Casabianca. Son livre, Emotions, est disponible aux éditions A Fior di carta.

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Jean-Pierre FLEURY

Jean-Pierre Fleury est né en 1943 à Granville. C’est un écrivain, un producteur et un réalisateur français. Il fait ses premiers pas à la télévision en 1972 après avoir été marin pêcheur à Granville puis bûcheron en Sologne. D’abord assistant de production puis journaliste, il fait la connaissance de Pierre-André Boutang et de Pierre Shoendoerffer dont il devient l’assistant. Il réalise par la suite de nombreux documentaires avec Igor Barrère puis l’émission Histoires Naturelles, dont il est coproducteur et coréalisateur. Il crée également la chaine Seasons qui diffuse des programmes sur la chasse et la pêche.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique tels que Histoires de saisons aux éditions Grasset, le Roman de mes chemins buissonniers aux éditions du Rocher, de Si les abeilles disparaissaient... aux éditions Alphée, Bestiaire Insolite, aux éditions Bourin mais surtout des ouvrages Oiseaux de Corse et Poissons de Corses publiés aux éditions Albiana.


Jean-Pierre Fleury anime l’émission Naturellement vôtre consacrée à la nature en Corse sur Radio Corse Frequenza Mora en compagnie de Jean-Pierre Acquaviva.


Jacqueline GUERRINI- GARCIA

Née à Bastia, Jacline Guerrini est professeur de philosophie. Elle a publié deux ouvrages :

U viaghju du Lulina , Bastia, Eoliennes, 2015.

Celui  qui croyait en Dieu,celle qui n ‘y croyait plus, Ajaccio, Albiana, 2016.

 « Il ne s’agit pas ici d’un dialogue cousu de fil blanc où l’un sert de faire valoir à l’autre qui mène l’entretien, mais d’une vraie conversation entre celui qui croyait, prêtre du diocèse d’Ajaccio, et celle qui ne croyait plus, professeure de philosophie. Il ne s’agit pas non plus d’un rapport de forces où chacun est obligé de s’enfermer dans son rôle, mais d’une libre conversation qui s’interrompt, puis rebondit sur un autre sujet, et dont on pressent qu’elle est interminable. Dans cet exercice passionnant, chacun essaye de se mettre à la place de l’autre et tout compte, le dit comme le non-dit. » (Nathalie Sartoux-Lajus)


Francis GUTHLEBEN

En parallèle à une vie dans les médias (journaliste, rédacteur en chef, directeur des programmes au sein de France Télévisions), Francis Guthleben est auteur. Lorsqu’il était enfant, les livres son oxygène, aujourd’hui ils sont ce qu’il appelle « un supplément de vie».

Après la rédaction de livres d’investigation, il s’est résolument tourné vers l’écriture romanesque. Son dernier ouvrage, paru en décembre 2019, s’intitule : Ces mille jours pour commencer à être père. Il y a décrit, à la manière d’un carnet de route, l’aventure de la parentalité du point de vue du père.

Francis Guthleben partage sa vie entre son Alsace natale et sa Corse de cœur. Il a notamment consacré une nouvelle à la Citadelle de Bastia, intitulée  Un parfum d’immortelle, paru en 2017 dans un ouvrage collectif Celles d’un soir, paru aux Editions Atine Nenaud.

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Pierre JOURDE

Écrivain, professeur d’université et critique littéraire, Pierre Jourde est l’auteur de La Première Pierre, Winter is coming, ou encore La Littérature sans estomac. Son dernier roman, Le Voyage du canapé-lit est publié aux éditions Gallimard. Pierre Jourde a aussi co-dirigé avec André Guyaux l’édition de la Pléiade consacrée à Joris-Karl Huysmans

À lire aussi : La lettre ouverte à Pierre Jourde par Catherine Vincensini

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Katerina KOVANJI

Katerina Komanji est une chanteuse lyrique originaire de Saint Petersbourg qui s’est éprise de chants corses, découverts par son mariage avec un corse d’Alesani. Elle a choisi d’interpréter des chants corses traditionnels dans son album Corsica Lyrica qu’elle présente en ce moment

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Général Vincent LANATA

Vincent Lanata est né en 1935 à Bastia. En 1955, il rentre à l’École de l’air à Meknès. À partir de cette date son parcours décline les titres de chef, commandant, chef d’état major, général, inspecteur général des armées. Une ascension professionnelle qui le conduit à occuper des fonctions prestigieuses au sein du Ministère des Armées. Vincent Lanata a également eu des responsabilités dans les domaines de l’Industrie et de la politique. Le général Lanata est aussi un passionné d’Histoire.

Les jours de mai qui ont fait l’histoire de France, Paris, Odile Jacob, 2018.

Dans cet ouvrage il remonte le cours des siècles pour analyser les faits importants qui se sont déroulés au mois de mai, d’Hugues Capet en 987 à mai 68. Une approche inédite de l’histoire de France.

Trajectoires ou les chemins d’une vie, Ajaccio, Editions Scudo, 2020.

Il s’y présente comme un témoin privilégié de notre époque. Il joint à son autobiographie une série de six nouvelles écrites pendant le confinement.

De l’histoire la plus ancienne remontant à la fin du premier millénaire jusqu’à celle brûlante du début du troisième millénaire c’est en effet une trajectoire passionnante.

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Anouk LANGANEY

Enseignante, Anouk Langaney est l’auteure de Cannibal tour et de Même pas morte, deux polars particulièrement remarqués, publiés chez Albiana. Son dernier ouvrage, Le Temps des hordes, toujours aux éditions Albiana, raconte comment un groupe d’adolescents tente de surmonter les différentes catastrophes écologiques qui frappent la ville d’Ajaccio en 2036.

Roman d’anticipation, le récit prend la forme d’une véritable fable. Derrière ce récit à plusieurs voix, c’est une réflexion passionnante sur le futur de la ville qui est présentée au lecteur. Par le détour de la fiction, elle invite le lecteur à se saisir de l’urgence qui menace son habitat.

– Anouk Langaney, Le Temps des hordes, Ajaccio, Albiana, 2020.
Cannibal Tour, Ajaccio, Albiana, coll. Nera, 2014.
Même pas morte, Ajaccio, Albiana, coll. Nera, 2013.

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Marie-Michèle LEANDRI

Marie-Michelle Leandri, vit et travaille entre la Corse et l’Inde. Elle construit une oeuvre singulière qui mêle culture, traditions corses et spiritualité indienne. Elle a publié chez le même éditeur Lève-toi et va (2012) et La Nomade ou le goût du chemin (2015). Son dernier ouvrage Faustina. Du chaos à l’étoile, est disponible aux éditions Le Bord de l’eau dans la collection Spondi.

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Jean-Luc LUCIANI

Publié aux éditions Alain PiazzolaMusa chí parte da Corscia est un magnifique hommage à la poésie niulinca. Il s’agit d’une oeuvre patrimoniale, dédiée à la région de l’auteur, et d‘une oeuvre de recherche précieuse sur la poésie corse. Prix Musanostra.

A lire aussi : L’interview de Jean-Luc Luciani, Prix Musanostra 2020

Jean-Luc Luciani, au sujet de sa démarche d’auteur : « Je dis souvent qu’en cherchant du passé j’ai trouvé du présent, et même de l’avenir, puisque sans ma recherche de poésies « du passé », certains textes n’auraient jamais été écrits ! En outre, je me suis intéressé au regard porté par les gens du cru sur ces poésies, et il m’est apparu que leur lecture n’était que très peu esthétique ou littéraire. Cela m’a permis de comprendre que les auteurs, souvent des bergers, traduisaient en quelques vers leur vision du monde, de la vie, ou racontaient en poésie les événements qui leur semblaient marquants ».

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Danièle MAOUDJ

Enseignante à l’Université de Corse, Daniele Maoudj est poète et essayiste. Elle participe à de nombreux recueils de textes, comme Mémoire(s) de corse. Elle est surtout l’auteure d’une importante oeuvre poétique dont le dernier, L’Eau des ténèbres, est disponible aux éditions Colonna.

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Nicolas de Mar-Vivo

Linguiste, Nicolas de Mar-Vivo est polygraphe. Il est membre du Collectif des premières personnes du singulier. Il est l’auteur de Paroles dégelées, recueil paru chez éléments de langage en 2014. Il vit, lit, écrit à Bruxelles.

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Dominique MEMMI

Dominique Memmi est l’auteure d’une oeuvre littéraire considérable. Prix du Livre insulaire pour Retour à Mouaden, elle est aussi connue pour ses albums adressés à la jeunesse, Les contes du potagerLes Détectives du potager, ou encore son guide de voyage, La Corse insolite et secrète, aux éditions Jonglez. Son dernier roman, Le Voyage de la fanfare, racontait le voyage d’une troupe corse dans l’empire de Bokassa. 

A voir aussi : La présentation de La Corse insolite et secrète par Gérard Guerrieri

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Rémy MOLINARI

Artiste inclassable, amuseur public, chroniqueur, dessinateur de presse et grand voyageur : on se demande comment ce touche-à-tout qui ne tient pas en place a pu rester confiné 55 jours et réaliser cet ouvrage, seule fenêtre ouverte vers l’humour et la liberté dans un monde à l’arrêt.

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Philippe MONCHO

Auteur compositeur, interprète Philippe Moncho est un guitariste atypique et multiculturel. Il a publié un roman Lelo et Lula aux éditions Les orfèvres et continue à célébrer avec littérature et musique la beauté de la Méditerranée.

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Paule ORSONI

Paule Orsoni est née à Bastia. Professeure de philosophie à la retraite, conférencière, écrivain, elle viendra présenter et dédicacer son dernier ouvrage Les œufs mimosa, publié aux éditions Le Bord de l’eau, dans la collection Spondi. Le livre se présente comme le récit d’une corse, à la fois nomade et enracinée, qui porte sur son île un regard bienveillant et passionné. Elle parle de ses rencontres, dessine une histoire du temps présent et annonce son retour en Corse.

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Aurélien ONIMUS

La Blockchain, une révolution dans l’immobilier. La technologie qui va bousculer les codes et usages du secteur – Editions Eyrolles

Construite autour de la promesse de sécurité, d’inviolabilité et de rapidité des échanges, la Blockchain – habituellement cantonnée à la finance et aux cryptomonnaies – intéresse aujourd’hui de nouveaux secteurs de l’économie. Dans le domaine de l’immobilier, son usage s’avère prometteur : elle va permettre de se passer d’intermédiaires, de faciliter la gestion de patrimoine ou le montage financier d’opérations… L’ouvrage met en lumière les avantages considérables de la Blockchain appliquée à l’immobilier, tout en questionnant ses limites. Il est enrichi de cas d’usages concrets d’entreprises ayant déjà recours à cette technologie et de témoignages de professionnels du secteur (notaires, agents immobiliers, fondateurs de startups innovantes [PropTech]…).


Le Monde après la Blockchain ce qui se cache derrière le Bitcoin Auto édition


Ne vous êtes-vous jamais demandé en quoi le Bitcoin était une révolution ?Cet ouvrage vous donne la réponse. Il décrit l’émergence d’une nouvelle technologie appelée « Blockchain » -née du célèbre Bitcoin-. Ce livre est destiné aux personnes sensibles à l’innovation technologique mais aussi aux changements économiques et financiers qui se produiront dans la prochaine décennie.Après lecture de cet ouvrage vous comprendrez pourquoi il existe deux mondes bien distincts : celui d’avant la création du Bitcoin, celui d’après la Blockchain.Le monde après la Blockchain, ce qui se cache derrière le Bitcoin vous ouvrira les yeux sur les conséquences multiples de l’émergence de cette technologie. Vous deviendrez un « sachant » de l’économie de demain ou devrait-on dire plutôt, d’aujourd’hui…

Portrait de l’auteur

Aurélien Onimus est major de promotion 2018 de l’Inseec Grande École Paris et de l’Inseec Start-Up Factory San Francisco 2017. Il est certifié en Design Thinking à l’Executive Program du MIT en 2020. Il a été manager de projets dans le secteur de l’aménagement foncier et de la promotion immobilière. En 2019, il a fondé Manager l’innovation, un cabinet d’innovation qui accompagne start-up et entrepreneurs dans l’élaboration et le développement de leur offre. Il travaille actuellement, au sein de son cabinet d’innovation, au potentiel développement d’une offre technologique combinant l’immobilier et la blockchain. Il a 3 ouvrages sur la blockchain à son actif. 

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Pascal OTTAVI

Pascal Ottavi est, après avoir été instituteur de 1976 à 1988, professeur de langue corse à l’université de Corse, auteur de manuels pédagogiques, conseiller pédagogique en langue régionale, formateur en langue et culture corses à l’IUFM de Corse de 1996 à 2005, militant culturel, littérateur et poète. Il a publié de nombreux articles scientifiques. Il est docteur en sciences de l’éducation. Le bilinguisme dans l’école de la République ? Le cas de la Corse. est issu de sa thèse de doctorat en Sciences de l’éducation, soutenue en 2004 à l’université de Corse. (Source : Albiana)

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Christian PIERACCINI

Enseignant habilité en langue corse, directeur de l’école maternelle de Toga à Bastia, Christian Pieraccini a un engagement fort pour l’éducation, la langue corse, le respect de la vie animale et de l’environnement. Sa méthode d’apprentissage a fait ses preuves tout au long de son parcours pédagogique. (Texte extrait des Editions clémentine)

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David PIETRI

David Pietri vit à Propriano. Son premier roman, Le Jour où Napoléon rencontra Michael Phelps, est publié aux éditions Le Bord de l’eau dans la collection Spondi.

Présentation du livre

Inceste. Insexte. La vie du narrateur, qui n’emploie jamais ce mot (inséminé dans le texte), mais passe le texte (les Essais) au crible de la grammaire, se situe entre la faculté de Corte où, doctorant en littérature, ce dernier prépare une thèse sur Montaigne et le quartier des Salines où il vit reclus en lui-même, convaincu que l’image qu’il a de l’autre et des autres est conforme à la réalité. Tout a basculé dans l’entrebâillement d’une porte que ni la mère ni le fils ne pourront, peut-être, jamais refermer… Misère sociale, économique, culturelle, l’auteur dresse le portrait d’une Corse « assignée à résidence » dans un huis clos étouffant.

Maryline Paoli

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Marie-Madeleine POLI BONIFACI

Enseignante en lettres, Marie-Madeleine Poli-Bonifaci est l’auteure du roman Sorte ingrate aux éditions A Fior di carta. Depuis, elle a fait paraître un autre roman, Matre Tirannu, chez le même éditeur.

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Francesca QUILICHINI

Francesca Quilichini est journaliste et enseignante. Son goût pour la littérature et l’histoire l’a amenée à publier l’histoire d’une infirmière qui a soigné de nombreux Corses durant la Première Guerre mondiale, L’Infirmière des blessés corses de la Grande Guerre aux éditions Scudo.

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Jean-Michel RAFFALI

Jean-Michel Raffalli est un auteur bastiais qui  vit en Corse du sud ; il écrit depuis 20 ans

Il est l’auteur de nombreux textes courts et a participé à des moments éditoriaux collectifs.

Nous retiendrons particulièrement ses deux dernières œuvres, parues en février et novembre 2019, deux volumes d’une série au titre évocateur In lux limine

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Elodie ROJAS-TROVA

Elodie Rojas-Trova est née à Nice en 1985. Affectionnant l’écriture depuis l’enfance, c’est en 2012 qu’elle se lance en publiant son premier ouvrage. Poèmes, nouvelles, romans, elle privilégie les textes courts et intenses. Son style mélodieux et imagé sert des thématiques telles que l’exil, l’enfance ou encore la quête de liberté. Un sixième ouvrage Les Corbeaux Migrateurs sortira au printemps 2021. En attendant vous pouvez retrouver l’auteur lors d’ateliers d’écriture qu’elle anime régulièrement au Couvent Saint-François d’Ampriani en Haute-Corse.

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Jean-Francois ROSEAU

Jean-François Roseau a publié des ouvrages très remarqués par la critique. Après Au plus fort de la batailleUne comédie à la française et La Chute d’Icare, Prix du Livre corse et Prix François Mauriac de l’Académie Française, Jean-François Roseau revient avec La Jeune Fille au chevreau aux éditions de Fallois.

A lire aussi : L’Interview de Jean-François Roseau réalisée par Kévin Petroni

Réécrire Pygmalion

Son quatrième roman, La Jeune fille au chevreau, publié aux Editions de Fallois, est un roman d’apprentissage aux heures tragiques de la seconde guerre mondiale. Durant l’occupation, à Nîmes, un jeune homme de quinze ans tombe amoureux d’une statue. Quelques années plus tard, il rencontrera celle qui avait servi de modèle : une femme d’une trentaine d’années, entourée de collaborateurs, qui n’échappera pas à l’épuration en dépit des services rendus à de nombreux Nîmois. A partir d’une réécriture du mythe de Pygmalion, récit antique d’un sculpteur tombé amoureux de sa statue et de celle-ci devenue femme, l’auteur plonge le lecteur dans une époque trouble où l’allégresse de la Libération céda parfois devant la lâcheté de la vengeance. Récit d’une éducation sentimentale, La Jeune Fille au chevreau est le portrait d’une femme face à la fureur des foules.

Jean-François Roseau, au sujet de La Jeune Fille au chevreau 

«  Le « vrai » Pygmalion, celui d’Ovide, partage avec le personnage de La Jeune fille au chevreau, un même rapport craintif et fuyant à la réalité. Il la rejette pour mieux se réfugier dans un idéal esthétique qui finalement prend forme, se réalise, comme si le rêve, la foi ou l’imagination avaient précisément le pouvoir de faire advenir un réel attendu. L’art, le mythe ou la littérature agissent sur le réel, ne serait-ce qu’en suscitant des vocations et en modifiant le regard que l’on porte sur lui.

C’est peut-être une observation banale, mais les exemples sont nombreux. Icare offre un modèle à Preziosi [aviateur corse des forces françaises libres, tombé en Russie en 1943]. Pygmalion est un modèle pour l’artiste en général et pour mon personnage en particulier… Narcisse, à l’inverse, fait figure de contre-exemple et nous invite à l’humilité. La mythologie, la littérature, les contes de fées, et jusqu’aux histoires de familles (qui parfois tiennent du mythe) sont un réservoir de récits et de références grâce auxquels nous construisons nos vies ».

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Sampiero SANGUINETTI

Sampiero Sanguinetti, journaliste et homme de télévision depuis plus de trois décennies, est l’un des pionniers de la télévision régionale en Corse et l’un des principaux promoteurs de « Via Stella », la télévision insulaire diffusée par satelite. 
Il fut aussi le rédacteur en chef pour la France de l’émission Mediterraneo, une coproduction méditerranéenne unique en son genre. Il est l’auteur de deux essais sur l’exercice du métier de journaliste à partir de ses propres expériences professionnelles, dont Les jours d’un témoin, 2002). (Source : Albiana)

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Jean-Pierre SANTINI

Jean-Pierre Santini, enseignant à la retraite, vit à Barettalli où il a fondé les éditions A Fior di carta. Depuis des décennies, il publie des ouvrages liés à la culture corse, en corse et en français. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, des essais et des romans, comme L’Ultimu, Nimu, Corsica clandestinu. Un ouvrage collectif, intitulé Lire Santini, est publié aux éditions A Fior di carta.

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Gilles SANTUCCI

Gilles Santucci est l’auteur du Temps du doute, aux éditions Maïa.

Présentation du livre par Nathalie Nadaud-Albertini

Un bruit sourd au sol, le léger frémissement d’un buisson par une nuit sans lune lors d’un parachutage d’armes en 1943 dans les montagnes corses et le destin prend un autre tour. Un homme, Ange-Mathieu, a cru voir son ami, Étienne, jeter une sacoche dans le maquis. Incrédule, incertain de ce qu’il va vu, il préfère garder le silence, mais le doute a des doigts de velours. Il ne se fait pas serre, il frôle les consciences, effleure les destins, leur donne une pichenette et les change à jamais.

Tout d’abord parce que l’amitié entre les deux hommes ne sera plus la même. Elle se fera défiance d’un côté, incompréhension de l’autre. Plus tard, ce seront leurs enfants, Stella et Dominique, qui en feront les frais. Sans le doute, ils seraient déjà mariés. Cependant le doute est là, il ouvre le destin de Dominique sur les tentations d’ailleurs que représente Chantal, une jeune femme rencontrée en Algérie partie vivre au Canada. Et voilà Dominique qui envisage une autre vie, celle d’un autre, celui qu’il aurait pu être si… autant que celui qu’il pourrait être si… Autrement dit, le doute encage et libère les destinées dans le même mouvement.  

Le Temps du doute de Gilles Santucci, c’est également l’histoire de la guerre, pas une guerre en particulier, la guerre en général, avec son cortège de malheurs et de misères humaines, d’exactions et de cruautés. La guerre comme une face monstrueuse et déformante de l’être humain qui explore sa version sombre. L’action se déroule dans les tranchées de Verdun et dans le djebel algérien, mais peu importe en réalité. Quels que soient l’année, l’endroit et les clans en présence, l’histoire est la même. Celle des êtres qui souffrent et se perdent dans l’horreur. Qui tant bien que mal survivent à la destruction justement parce qu’ils sont humains. Alors, sur la toile sombre et sanglante de l’Histoire éclatent des tâches de lumière, jetées là par un peintre qui veut éblouir le lecteur de la beauté de ce qui fait aussi l’être humain. La force de l’amitié, l’amour, la famille, les petits bonheurs quotidiens, le charme d’une rencontre, le bonheur d’un lieu à l’atmosphère chaleureuse et envoutante. La vie plus forte que tout.

Le Temps du doute, c’est donc avant tout un récit qui travaille sur le clair-obscur de l’être humain, où tel un équilibriste, chaque personnage marche sur son fil, oscillant entre ombre et clarté.

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Louis SCHIAVO

Né en 1949, Louis Schiavo est une figure bastiaise incontournable. son slogan « une morue offerte pour tout tableau acheté » résonne comme un manifeste surréaliste plein d’humour et de poésie. « Il est ce créateur infatigable, passionné et passionnant, toujours en phase de recherche et de renouvellement. Sa culture musicale est encyclopédique et ses histoires sont constellées des très grands artistes, peintres, sculpteurs et musiciens, qui ont fait partie de sa vie. Bastia et la Corse, partout cachées dans ses symphonies picturales, furent l’une des pistes directrices de sa peinture  » (Jean-François d’Abouchar).

Il a exposé ses peintures en Europe et en Orient. Passionné de jazz, il assure aussi des conférences, il réalise aussi des couvertures de livres pour des chanteurs, des philosophes, comme Michel Clouscard ou Stanislas Adotevi. Il a écrit dans la revue Musanostra, et a réalisé la couverture de la revue.

Louis Schiavo, Claire Décongelée, Bastia, Matteria Scritta, 2020.

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Petr’Anto SCOLCA

Né le 14 février 1966 à Scolca, Petr’AntoScolca est écrivain.  Il écrit aussi bien des romans que des nouvelles sur la Corse, mais aussi des pièces de théâtre et de la poésie. Il est le traducteur de Pasquale Paoli et de Guerrazzi.

Petr’Anto Scolca, Pulitichella et autres histoires qu’il ne faut pas dire, Ajaccio, Albiana, 2009.

Sentimental Motel, Ajaccio, Albiana, 2011.

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Pia STREGA

PIA Strega ne se veut pas écrivain, mais juste auteur de ce qu’elle produit.  Elle s’approprie de sombres émotions puis les transforme en rêves réparateurs et poétiques. On la dit sorcière car après une vie dans l’agglomération toulonnaise où elle y a soigné les arbres, elle choisit le retour aux sources, dans sa vallée sauvage en Corse, près d’un cimetière, et entourée d’animaux.

Ces premiers écrits sur les réseaux sociaux, après son amitié magique avec un renard blessé, sont encouragés. Elle franchit le pas grâce à Daniel Bombert, toulonnais d’origine corse, fondateur des éditions Modernités Latines, avec Trois Contes du Cruzzini, des contes pour grands, imaginés dans l’esprit des veillées. Puis avec « la Maison du Maquis », toujours avec la même maison d’édition toulonnaise elle affronte les destins humains avec simplicité et gravité, inspirée par les thèmes de la transmission, la rigueur de la vie sans concession, le secret et l’engagement. 

Daniel Bombert considère le portrait à la fois aigu et chaleureux : « Avec la sincérité de l’instinct, PIA strega décrit le temps long humain du Cruzzini. Elle s’inscrit dans la tradition de ces montagnes qui ont produit beaucoup d’écrivains. Les atmosphères qu’elle nous livre ont des correspondances avec celles des grands romans de Marie Susini – à sa lecture reviennent notamment les ambiances de « La Fiera », dans leurs âpreté et justesse. »

Pour son dernier ouvrage, « L’histoire du milan corse », elle préfère à la solitude le travail collectif. Avec son amie et co-auteur Emel Hessger, la fille de la rade de Toulon, qui vit à La Seyne sur mer, elles retravaillent un texte que PIA avait dans ses tiroirs. Elles en font une fable déjantée qui invite à la rêverie. Emel Hessger illustre également ce livre par ses magnifiques œuvres graphiques,

Elles se jouent des mots et les font danser par le graphisme et la mise en forme de Delphine Guttierez. Le texte est enrichi par la traduction en corse de Ludovic Baris-Pezet. L’éditeur en est Jean-Jacques Colonna d’Istria, Édition du Scudo.

PIA strega et Emel Hessger travaillent actuellement sur un nouveau roman,« Les bonnes femmes partent comme des nomades », en recherche d’éditeur.

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Jacques THIERS

Agrégé de Lettres classiques, Professeur des Universités à l’Université de Corse, Jacques Thiers a publié de nombreux articles, romans, pièces de théâtre, chansons, depuis le début des années 80. Ses titres les plus célèbres sont A Funtana d’Altea, In corpu a Bastia, A Barca di a Madona, et des essais comme Papiers d’identité. Son dernier roman, Qual’hè chi hà tombu a Gilac ?, est disponible aux éditions Albiana.

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Paul TURCHI-DURIANI

Docteur en histoire à l’Université de Corse, Paul Turchi-Duriani écrit des textes pour des chanteurs. Il est aussi l’auteur avec Fabien Mariani de Pirru è Ricuccata et de Statuts particuliers aux éditions Albiana.

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Gilles ZERLINI

Nouvelliste et romancier, Gilles Zerlini, est né à Toulon et vit aujourd’hui près de Bastia. Sa première œuvre, Mauvaises nouvelles, publié en 2012, puis Chutes ou Les mésaventures de Monsieur Durand  (Materia Scritta, 2016), son premier roman, en font un écrivain à la vision cruelle et acérée d’une réalité serrée au plus près.
« Transformez les plages en restaurant, les places en foire les rivières en piscines, les quais en boîte de nuit. Offrez-leur votre amitié avant qu’ils ne partent, c’est toujours quelque chose de plus. Ne vendez pas votre âme, vous n’en avez plus, contentez-vous de manger leur merde » ( Mauvaises Nouvelles ). Son dernier ouvrage, Sainte Julie de Corse et autres nouvelles, inspiré de contes de son pays, porte comme le dit Jacques Fusina dans sa préface « une énergie bénéfique et un goût du merveilleux, comme une intéressante vivacité ».

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Les éditeurs

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Une librairie

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Partenaires

L’équipe

Présidente : Marie-France Bereni Canazzi.

Directeurs : Antoine-Marie CanazziKévin Petroni.

Membres de l’équipe : Audrey Acquaviva, Laure Antoni, Francis Beretti, Cristofanu Ciccoli, Sophie Demichel, Alain Franchi, Louis Garcia-Guerrini, Eugène Gherardi, Laëtitia Giannechini, Marion Houssin, Marianne Lalliman, Cynthia Lassey, François-Marie Lucchetti, André Martelli, Mathilde Mattei, Lucia Memmi, Isabelle Pasqualini, Anne-Marie Sammarcelli, Janine Vittori.

Articles

Le grand dérangement : comment la Corse est devenue française ?

ARTICLE – Comment la Corse, terre de culture italienne, a-t-elle fini par adhérer à la culture française ? Jean Guy Talamoni nous présente Le Grand Dérangement, une anthologie de textes diplomatiques du XVIIIe siècle, publiée par les professeurs Eugène Gherardi et Didier Rey aux éditions Albiana et à l’Université de Corse.

Jean Duplessis-Bertaux, La Délivrance de la Corse, 29 Vendémiaire de l’an V

Une oeuvre de référence sur la francisation de l’île

Hè un opera di riferenza ch’elli anu publicatu issi dui insignanti di l’università di Corti. Stu testu, serebbe statu difficiule di fà lu esce vinti o trent’anni fà, quandu i ricordi di l’ultima guerra mundiale impedianu sempre i Corsi di parlà incù serenità di certi affari, è di stu periodu induve l’isula hè passata da u spaziu italicu à quellu di a civilisazione francese. Stu cambiamentu linguisticu è culturale hè analizatu da l’autori in tutte e so dimensione storiche è antropologiche. Perchè u prugettu francese hè statu di cunduce à una vera cunversione, cum’ella a ci face vede a citazione di Ambroise Mottet, procuratore generale in Bastia in u 1836, inserita in u testu : « La langue a sur les mœurs une influence manifeste. Tant que ce peuple parlera italien et il ne parle qu’italien, il ne sera français que de nom ». 

Une oeuvre actuelle

Gravure du XIXe siècle représentant Pascal Paoli et Napoléon Bonaparte : deux hommes, deux visions pour la Corse

Malgratu i mezi messi in ballu per sradicà e lingue taliana è corsa, ben chì l’isulani avessinu amparatu u francese, averà finalmente fiascatu, stu prugettu di cunversione. Accerta Fernand Ettori – citatu à a fine di u libru da D. Rey è E. Gherardi – chì dopu à dui seculi è più « la Corse n’est pas la Creuse ou le Loir-et-Cher ». L’opera discrive e differente tappe di a francisazione, ma dinù e resistenze ch’ella scuntrò. Al dilà di i fatti, l’interpretazione pruposta ghjè cunvincente assai. In particulare quand’ellu si tratta di l’idee sviate è razzialiste di certi cursisti, è chì l’autori facenu vede ch’elle s’appughjavanu st’idee, paradussalmente, nantu à u pensà puliticu francese di l’epica… 

A lire également : Le Mystère John-Antoine Nau

Aghjusteremu chì D. Rey è E. Gherardi anu ripruduttu in u so libru parechji testi impurtanti, per puntellà a dimustrazione. L’inseme custituisce un cartulare trimendu per mette in statu d’accusa l’autorità pulitiche rispunsevule di a situazione attuale di l’isula.

En savoir plus

Didier Rey, Eugène F.-X. Gherardi, Le grand dérangement. Configurations géopolitiques et culturelles en Corse (1729-1871). Anthologie, Albiana – Università di Corsica, 2013.

Articles

Napoléon III et la Corse : le temps des grandes mutations

Article -Comment Napoléon III s’impose en modernisateur de la Corse ? Le Musée National de la Maison Bonaparte avait consacré en 2012 une exposition aux liens entre Napoléon III et la Corse. Francis Beretti revient sur ce catalogue d’exposition publié aux éditions Albiana.

A première vue, quand on feuillette rapidement  par curiosité, le catalogue de cette exposition,  il est évident qu’on manipule un bel ouvrage : le papier est  glacé, la  mise en page est élégante, les illustrations sont variées et impeccables. Quant au contenu, il est à la hauteur des attentes suscitées par cette première approche. En effet, le sujet est rendu encore plus intéressant  par les regards croisés, de douze auteurs,  issus de formations diverses: non seulement des historiens universitaires spécialistes de la période  mais aussi des historiens indépendants, des  conservateurs de bibliothèques et de musée, des écrivains, des journalistes.

Les Corses durant le Second Empire : une influence relative

La gloire de Napoléon Bonaparte est incontestable, et son règne une source d’études inépuisable. Mais quand on s’intéresse plus précisément à la Corse, il est juste que l’on mette à l’honneur son neveu, le dernier monarque de France, car son règne “a été pour la Corse un moment de développement privilégié” (Amory Lefébure). Avec Napoléon III, “la Corse entre à sa façon dans l’ère industrielle” (Jean-Marc Olivesi).

Alors, a-t-il trop favorisé ses compatriotes en les plaçant aux meilleurs postes?  Eric Anceau conteste, chiffres à l’appui, l’assertion selon laquelle il y aurait eu une sur-représentation des Corses au sein du gouvernement impérial.  En fait, les Corses étaient “loin de monopoliser tous les portefeuilles”. Il n’y eut que quatre ministres insulaires sur les soixante-deux que le régime a comptés, soit seulement 6, 5% de l’ensemble. En ce qui concerne les sénateurs, les Corses représentent 3% de la population française, “sans que l’on puisse pour autant parler de favoritisme éhonté”. “Les Corses sont présents dans toutes les sphères du pouvoir. Cependant, ils ne sont dominants nulle part”. Sampiero Sanguinetti considère 1848 comme une date-charnière dans les mutations du clan.

L’émergence du clanisme

Jacques-Pierre Abbatucci, garde des Sceaux de Napoléon III, chargé des affaires de la Corse

Désormais, les représentants, du fait de leur élection au suffrage universel, allaient acquérir une véritable légitimité, mais “la force du clan ne s’additionne pas à celle du peuple, elle s’en distingue, et elle prime”. En 1848, Louis-Napoléon est élu avec plus de 70% des voix (en Corse: 95%). “Les dirigeants républicains ont favorisé l’émergence d’un clan radical face au clan bonapartiste.

Le clanisme est alors devenu un véritable système. Le Second Empire est donc au coeur des mutations qu’a connues la Corse au dix-neuvième siècle”. Raphaël Lahlou définit Jacques-Pierre Abbatucci comme “l’homme-clé de la politique de développement de la Corse”. Il est certain que “se dire originaire de Corse laisse espérer des avantages”. Le satiriste Léon Bienvenu fustige “l’invasion corse dans tous les services publics”. Xavier Mauduit rétablit les faits sur ce sujet en individualisant les Corses qui entourent l’empereur, notamment Félix Baciocchi “le meneur attitré des divertissements de la cour”. Etienne Conti, Tito Franceschini Pietri, que l’on connaît mieux maintenant, grâce aussi à Sampiero Sanguinetti.

Les artisans du développement de la Corse

Thierry Choffat nous retrace, entre autres, la carrière “du plus célèbre des préfets corses”, Denis Gavini (de Campile), qui a marqué profondément la vie politique insulaire, au point de laisser son nom à son parti, “u gavinismu”. Autre personnalité remarquable, un véritable bienfaiteur, le docteur Henri Conneau, à l’origine des premiers soins médicaux gratuits en Corse, modernisateur de l’agriculture, “initiateur économique” (Emmanuelle Papot-Chanteranne).

Dès 1864, le docteur Conneau préconise alors l’installation du chemin de fer dans l’île. Le portrait particulièrement expressif de Vincent Benedetti, “le sphinx des Tuileries”, un grand professionnel de la diplomatie est brossé par Yves Bruley. Félix Baciocchi était chargé de tâches plus agréables, comme celle de de repérer “les danseuses les plus jolies” (Catherine Granger). Mais il contribua aussi à créer des chantiers navals à Ajaccio, et marqua de son empreinte l’urbanisme de “la ville impériale”, en faisant édifier sur le cours Grandval quatre maisons, les fameux “cuttesci”, qui signaient le label “Ajaccio station d’hiver” pour touristes  de l’époque victorienne. 

A lire aussi : Corsica imperiale, l’exposition du musée de Bastia consacrée aux relations entre Napoléon III et la Corse.

Les réalisations du Second Empire

A ce sujet, Audrey Giuliani et Jean-Marc Olivesi exposent les progrès apportés par le nouveau régime, et l’empreinte visible qu’il a laissée à Bastia. Le 12 mai 1858, à l’inauguration du nouveau palais de justice, près de 4.000 mille personnes assistent à cet événement. D’autre part, l’aspect général de la ville change radicalement. “Le plan à damier est adopté… sur des axes larges et aérés, les familles de notables font édifier de majestueuses demeures à la modénature soignée.”  Des notables de familles établies depuis longtemps, mais aussi des négociants et des industriels prospèrent, mettant ainsi en scène leur réussite. L’un des avantages d’un ouvrage soigneusement illustré, est que les images parlent d’elles-mêmes.

Napoléon III introduit le train en Corse

Prenons deux exemples. On voit côte à côte deux plans de l’église de Saint Jean-Baptiste, dressés par Paul -Augustin Viale; un projet d’inspiration néo-classique, l’autre “ conservato il suo antico stile”. C’est ce dernier que va retenir  le conseil de fabrique. Il illustre l’attachement des bastiais à la tradition baroque italienne, “non pas une simple déclinaison du baroque génois, mais une forme artistique qui a su se renouveler”.

Deuxième exemple. Si l’on rapproche la photo du Palais Valery, qui faisait l’ornement de la ville, du dessin représentant  la villa Valery à Cenaia ( dans la province de Pise), on comprend immédiatement pourquoi le riche armateur, qui avait des attaches sur les deux rives de la Tyrrhénienne,  avait choisi ce style. Du point de vue de l’histoire culturelle, le Second Empire marque aussi un tournant. C’est le moment où l’imprégnation italienne commence à céder la place à la présence française. La grande figure de Salvatore Viale incarne cette transition (Eugène Gherardi).

Une économie modernisée

Marco Cini fait par la suite le point sur les réalisations de l’empire. On a constaté une notable croissance démographique. Le réseau routier a été amélioré. Des canaux ont drainé les plaines insalubres. Le secteur agricole a progressé. Les activités artisanales, commerciales et manufacturières ont été en expansion, ainsi que  les secteurs miniers et métallurgiques. La manifestation la plus spectaculaire de cette amorce d’expansion (relative) est la participation de délégations corses aux expositions universelles de Paris et de Londres. L’intention était “de briser le cliché établi d’un département économiquement arriéré”.

En savoir plus

Musée national de la Maison Bonaparte. Napoléon III et la Corse. Notables du Second Empire, Ajaccio, Albiana, 2017, 126 pages, plus de 70 illustrations, 29 €.

Ont contribué à la rédaction de cet ouvrage: Eric ANCEAU, Yves BRULEY, Thierry CHOFFAT, Marco CINI, Eugène F.X. GHERARDI, Audrey GIULIANI, Catherine GRANGER, Raphaël LAHLOU, Xavier MAUDUIT, Jean-Marc OLIVESI, Emmanuelle PAPOT-CHANTERANE, Sampiero SANGUINETTI.

Revue

Revue #24

REVUE – Du manga à la poésie en passant par le roman, ce vingt-quatrième numéro de la revue est très éclectique. Retrouvez l’interview inédite de Jean-Marie Rouart, l’académicien passionné. Mais aussi la recension du magnifique ouvrage de Luce Deramo, Le Détour, publié chez l’incontournable Tripode. Ou encore un poème inédit de Petru Canon, Ti faraghju alta… Julien de Casabianca nous fait l’amitié d’illustrer d’une de ses oeuvres cette édition.

Sommaire

ARTE – Présentation de la couverture : une oeuvre de Julien de Casabianca // L’Editorial de Marie-France Bereni-Canazzi – P.3 // MUSINATEPatricia Guidoni, Le monde d’après… et alors – P. 4 // CHRONIQUEFrancis Beretti, Gabriel Garcia Marquez, Le Triple Champion dévoile ses secrets – P.6 // CONCOURSFantine Billieux, Une longue nuit – P. 8 // Chronique – Lena Maria Perfettini, Zaï zaï zaï – P.11 // CHRONIQUE – Dominique Memmi, Cher Saul – P. 12 // PORTRAIT – Jean-Marie Rouart, l’académicien passionné – P.14 // CHRONIQUE – Marie-France Bereni-Canazzi, La Jeune Fille au chevreau – P.19 // CHRONIQUE – Alain Walter, Stefan Zweig, Marie-Antoinette – P.20 // DOSSIER – Sam Bozzino, Le Prix des découvreurs : une fenêtre ouverte sur la poésie vivante – P.22 // CHRONIQUE – Marie-Anne Perfettini, Luce Deramo, Le Détour – P. 26 // MANGA – Elina Marcelli-Bertrand, Bungo stray dogs – P. 28 // CRONICA – Marianne Laliman, Piuma albeghja – P. 30 // PUESIA – Petru Canon, Ti faraghju alta – P.31.

Articles

Le temps des hordes

ARTICLE – Gérard Guerrieri nous présente l’ouvrage d’Anouck Langaney, Le Temps des Hordes, publié aux éditions Albiana.


Ajaccio 2036. La ville s’étend jusqu’aux falaises du mont Guzzi, sur la paroi duquel est édifié le nouveau collège de la cité. 

Parmi les élèves, nous comptons entre autre Alex, Nadia, Sevan, Ceccé, Moktar, Louna qui est parisienne, ce qui semble être une tare pour Pierre, qui est bizarre… Ambiance bon enfant et collégiale qu’une intempérie remettra vite en cause et marquera le préambule de toute une réaction en chaîne d’épreuves et de malédictions nustrales qui forceront les protagonistes à faire preuves d’actions et introspections…

La lecture associe un certain humour au plaisir de la découverte d’un nouveau  »contexte ajaccien ». Malgré le caractère SF et teenage du roman, la psychologie des personnages n’est pas mise de coté, elle est même finement constructive au travers toutes ces péripéties de horde, d’équipe de japonnais, Triade chinoise, cadastre du village, fragment de météorite et énigmes géo-logiques…

Extrait de l’incipit

« Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve les gens normaux assez chiants. Les tarés me font rire davantage. Dans certaines limites.

Dans ma classe, la troisième K de la cité scolaire du Gozzi, jusqu’à ce matin, on comptait sept tarés. Dont :

– quatre comiques ;

– un fantôme ;

– un lourd ;

– un vrai psychopathe.

Soit une majorité de tarés marrants. Et voilà qu’à la mi-novembre, on nous colle sur les bras une parisienne hystérique, folle à bouffer ses doigts, et manifestement nuisible ! ça fiche en l’air mes statistiques ! Les fous méchants sont aussi nombreux que les bons. On est mal. Enfin, quand je dis  »on », je me compte dans les gens normaux : c’est peut-être vite dit. »

En savoir plus

Anouck Langaney, Le Temps des Hordes, Ajaccio, Albiana, 2020

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Articles

Témoigner

ARTICLEFrancis Beretti présente l’ouvrage autobiographique de Noëlle Vincensini, Le morceau de sucre et autres récits, publié aux éditions Albiana. Noëlle Vincensini a obtenu pour cet ouvrage le Prix de la Collectivité de Corse.


La page de couverture représente une jolie fille au sourire charmeur, au regard malicieux : l’image de la joie de vivre. Si l’on s’en tient à cette photo, on est loin de se douter que ce sujet a vécu l’enfer.

Une adolescence brisée


Lycéenne à Montpellier, Noëlle Vincensini a 17 ans quand elle s’engage dans le groupe des FTPF (Francs-tireurs et partisans français) de la Résistance. Mais la Gestapo, qui a infiltré le groupe, l’emprisonne. Dès lors commence pour elle une longue série de jours, de semaines, de mois, de tortures, d’humiliations de toutes sortes, d’esclavage, dans des conditions inhumaines.

Les années de déportation

Manque d’hygiène, manque de sommeil, privation de nourriture, travaux forcés au service de  Siemens, dans le « Kommando » de Neudrandenburg, administrativement rattaché à l’infâme camp de concentration  de Ravensbrück. Finalement, mue par l’énergie du désespoir,  elle s’échappe avec quelques camarades. Dans leur fuite, un soldat italien qui les a croisées, leur lance de son camion un paquet de sucres qui leur permet de tenir bon, alors qu’elles étaient à bout de forces.

Ecrire pour témoigner, témoigner pour écrire

C’est un témoignage rare, donc précieux, de la vie dans les camps de concentration. C’est déjà une qualité de ces récits. Mais il y a en plus, la façon de les raconter. Dès l’âge de 10 ans, nous confie Noëlle, elle avait la passion d’écrire, et de lire. 

On le voit dans le soin avec lequel elle nous met sous les yeux, comme prises sur le vif,  des images significatives qui sont restées gravées dans sa mémoire. Parmi les ruines d’un bâtiment, un piano à queue miraculeusement intact.

La surveillante du camp a appris qu’elle avait à faire à une musicienne virtuose. Elle l’installe de force sur le tabouret, et la pianiste se met à jouer la «Polonaise» de Chopin. Et là, autre miracle : les prisonnières stupéfaites voient des larmes couler sur le visage de la tortionnaire sadique. 

Autre moment poignant : des soldats russes en camouflage de combat croisent les rescapées hagardes, squelettiques : 

« Jamais je ne pourrai oublier la discrète raie blanche que des larmes ont tracées sur des faces noircies par la suie ».     

En savoir plus

Noëlle Vincensini, Le Morceau de sucre, Ajaccio, Albiana, 2018.

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Château de la Punta

Marceddu Jureczek
Entretien

Intervista di Marceddu Jureczek

Marceddu Jureczek (Photo : Pascal Pochard-Casabianca)

Marceddu Jureczek, presidente d’onore di u cuncorsu in Corsu di Musanostra, risponde à e dumande di Marianne Laliman, presidente di u cuncorsu in Corsu.

Marceddu Jureczek hà publicatu dui rumanzi, Ghjuventù, ghjuventù (Cismonte & Pumonti, 2008), Chì ùn sia fattu di guai (Albiana, 2016), dui assaghji, U Vantu di a puvertà (Cismonte & Pumonti, 2008) è Caotidianu (Cismonte & Pumonti, 2010) è parechje cuntribuzione à e riviste Avali, U Taravu è Bona Nova

Musanostra : Prima, chì sceglieriate di dì pè prisentavvi in duie parolle?

Marceddu Jureczek : Mi chjamu Marceddu Jureczek, sogu natu in Aiacciu in u 1973, in u quartieru di U Borgu (Rue Fesch), locu chì à spessu si trova com’è retropianu in a me scrittura. Sogu prufissori di Lingua è Cultura Corsa in Aiacciu, maritatu è babbu di dui figlioli. Di casa stocu in I Peri.

Musanostra : Ci pudete parlà di u vostru raportu à a literatura? A vostra pratica di a scrittura, cume avete principiatu à scrive… È in tantu chè lettore, chì sò i vostri gusti?

Marceddu Jureczek :Anzi tuttu, è prima di pinsà à scriva, bisogna à leghja. Sò un littori appassiunatu è accanitu. Saria a prima cundizioni pà scriva, leghja, turrà à leghja è leghja dinò. Quiddi chì si dicini scrittori senza leghja mai, contani bucii. È comu mi piacia è mi piaci sempri à leghja ciò chì l’anglusassoni chjamani « fantasy », aghju cumenciu à scriva robba di « fantasy ». U me prima abbozzu era, à tredici anni un picculu rumanzu in u mondu di Tolkien. Sò un gran littori di Tolkien ch’e leghju è rileghju suventi. Stu manuscrittu, in francesu, l’aghju persu. Eccu pà l’iniziu. Pà a scrittura in lingua corsa, ebbè mi sò impignatu più tardi, à l’epica di i me studii di storia in Corti, versu 22 o 23 anni. Sò i scritti di Rinatu Coti (talavesu com’è mè), chì m’ani datu a brama di scriva in corsu. L’aghju presu tandu da mudellu, in quant’è a tecnica è macari pà l’impegnu puliticu è intelletuali soiu. D’altrondi, hè Rinatu (semu amichi avali) chì m’hà incuraghjitu à publicà in a rivista ind’eddu scrivia un edituriali, U Taravu, tant’anni fà. Eccu pà a me scola di scrittura.

Par ciò chì sariani i me tichji di scrittura, impennu piuttostu a mani matina, à bon’ora, chì tandu ci hè a paci in casa. M’accadi ancu di scriva di notti tempu, quandu t’aghju travagli in iritardu. Ma a mani si scrivi megliu, pà mè contu, u spiritu hè scioltu di più. 

Musanostra : È chì sò e vostre letture attuale?

Marceddu Jureczek : A v’aghju ditta dighjà, lighjiu è leghju assai fantasy. Ma cù l’anni aghju scopru autori com’è Orwell, Pasolini, Camus, Césaire chì pà mè sò punteddi. Leghju dinò mori assaghji, libri di storia (aghju compiu pocu fà un libru di Jean Favier à puntu di a « Guerre de Cent Ans », scrittu propiu bè !), di filusuffia è avà aghju cumenciu un assaghju di James Scott intitulatu « Zomia » chì parla di quiddi sucetà senza Stati di l’Asia cintrali. Di fatti, leghju parechji libri à listessu tempu. Aghju principiatu un rumanzu di Edward Abbey, « Désert Solitaire », è in corsu, rileghju à « Rise è Frizzure » di u tintu Santu Casta… senza cuntà i figuretti (BD).

Musanostra : I vostri scritti danu una visione rialista è à le volte abbastanza dura di a sucetà corsa oghjinca. Pudemu pensà à stu persunagiu di Chì ùn sia fattu di guai, Andria, chì hà vulsutu fughje l’isula, scurdassi ancu di a so lingua. Ma si sente attempu una tenerezza prufonda pè a Corsica è a so ghjente in ciò chè vo scrivite. Pensate chì a literatura ci pò aiutà à avanzà, à vince i nostri demonii truvendu una forma d’equilibriu, ch’ella sia in Corsica o in altrò?

Marceddu Jureczek : In prima locu, à a forza catartica di a literatura, ùn ci crergu tantu. Eiu, ùn hè pà quista ch’e scrivu. Ni sò ghjuntu à a scrittura in lingua corsa par via di u me impegnu puliticu anzi tuttu. Dopu à u bascigliè è una stonda di studii in Nizza, aghju sparmintatu ch’eru diffarenti di i me cumpagni studienti, aghju scopru ch’erami diffarenti in quant’è populu. U me impegnu nasci da quì. Dunqua, scrivu, è scrivu in corsu pà dì quali sò à u mondu, dicu a me manera particulari è unica di essa di pettu à quidd’altri, megliu cà ciò ch’e a pudiu fà in francesu. À a dumanda di sapè cosa edda pò fà a literatura, in quant’è à mè, a literatura hè un strumentu putenti di capiscitura, di l’omu è di i sucetà ch’eddu inghjenna. Ùn appratendu mancu stampa à scambià calcosa cù i me scritti ; anzi tuttu m’aiutani à renda capiscitoghju pà me a cunfusioni, u caos, u caotidianu dundi no campemu. S’e possu aiutà dinò à quiddi chì mi leghjini, cuccagna ! Ma ùn sò micca un omu di sistema, ùn truvareti dogma micca in i me libri, dubbiti sì, à vulenni più.

Musanostra : Chì pensate di a pruduzzione literaria attuale in lingua corsa? Ci sò tematiche o forme chì vi piacenu, v’interessanu?

Marceddu Jureczek : Ciò chì mi stupisci u più, visti i cundizioni di a sucetà corsa è di a so cultura, in pochi paroli, una situazioni di diculturazioni giniralizata, hè chì part’è più di i ghjovani, quant’eddi facini atti di criazioni artistica, a si provani in lingua corsa. Pensu à a musica, di sicura, ma dinò à a literatura. Fighjuleti par asempiu u travagliu d’avviera strasurdinariu intaccatu da Marcu Biancarelli è i so cumpagni cù u siti internet « Tonu è Timpesta », chì divizia ! Ùn hè ancu ghjunta l’ora di tiracci l’usciu !

Musanostra : Ci fate u piacè di sustene u cuncorsu Musanostra in corsu è d’essene u presidente d’onore. Sò parechje e dimarchje ch’invitanu à scrive (si puderebbe dì pè u piacè di sparte più chè pè a gloria) : cuncorsi, blogs, pagine FB… Chì hè u vostru parè nant’à ciò ch’elle ponu purtà à a lingua è à a creazione ste dimarchje?

Marceddu Jureczek : Aghju dighjà rispostu di una certa manera, a divizia faci prò. Più ci n’hè, più tistimunieghjani di a forza di a cultura, in modu ginirali, è di a lingua corsa in particulari. Fà attu di criazioni scritta, oghji ghjornu, qualivoglia fussi a lingua, hè attu di risistenza di pettu à l’acculturazioni cunsumerista in anda.

Musanostra : Avete scrittu 2 assaghji è 2 rumanzi, apprezziati assai da membri è amichi di Musanostra è aspettemu di pudè leghjevi torna. Ci pudete dì sè vo travagliate nant’à qualcosa è s’ella serà puittostu fizzione, assaghju o altru affare?

Marceddu Jureczek : Bisogna à dì chì quiddu cunfinamentu hè statu à veru una binadizzioni pà mè. Aghju pussutu dà capu com’è vuliu à dui prughjetti di scrittura. In prima, aghju compiu d’accoglia nuvelli, vechji è novi, pà fanni un libru ch’aghju da prupona da quì à pocu à u me editori. A tematica sarà fantasiosa è storica. In sicondu locu, sò in via di compia un scrittu longu, trà una nuvella longa è una « novella » o rumanzu cortu, ùn sò comu chjamallu, abbastanza fantasticu quistu dinò. Eccu, a faccenda ci hè, com’è sempri, hè u tempu chì ci veni pocu…

Eccu.

Agatha Christie
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Une piste Corse après la disparition d’Agatha Christie

Mrs Christie prend le maquis
Mrs Christie prend le maquis

Jean-Pierre Girolami suit l’enquête de Marie-Jean Vinciguerra dans son « ciné-roman onirique » original, Mrs Christie prend le maquis, publié chez Albiana

Un jour brumeux de décembre 1926, Agatha Christie disparaît. Lancée à sa recherche, la police anglaise retrouve la voiture de la célèbre romancière tous phares allumés près de l’étang de Silent Pool dans le Surrey.

Maigre indice et sombre pressentiment. Où est donc passée la « lady of crime » que l’on dit très affectée par la mort de sa mère ? C’est une énigme que doivent résoudre les limiers de Scotland Yard, tant est vaste le champ des hypothèses. Accident ? Crime? Suicide ? Ou bien fugue savamment orchestrée d’une femme délaissée cherchant à regagner l’attention de son époux ? La presse britannique s’empare de l’affaire. Onze jours après, Agatha Christie est retrouvée dans un hôtel où elle était descendue sous un faux nom, semblant frappée d’amnésie. Détail qui traduit un souci de brouiller les pistes, comme dans les romans qui ont fait sa renommée.

Or, il ne s’agit pas ici d’une fiction, mais de la réalité, d’un scénario rocambolesque échafaudé par une imagination fertile. Agatha Christie n’ayant jamais donné d’explication sur sa disparition, Marie-Jean Vinciguerra a mené sa propre enquête. Pour l’auteur des «Chroniques littéraires », il n’y a aucun doute, la piste d’Agatha Christie aboutit en Corse.

C’est là, au bout du monde, que l’énigme rejoint la légende…

Comment expliquer ce « blanc » dans la biographie de l’auteur du « Crime de l’Orient-Express ? » « Devenu à mon tour détective, je cherche à percer les secrets de cet épisode de sa vie sur lequel Agatha a toujours fait silence, » indique Marie-Jean Vinciguerra. Et si Agatha Christie avait pris un billet de bateau pour la Corse sous le nom de Nancy Neele, la maîtresse de son mari, Archibald.

L’hypothèse repose sur une trouvaille. Dans le recueil « Mr Quinn voyage,» figure une nouvelle – « The world’s end » – dont l’intrigue, que le détective Harley Quinn s’emploie à démêler, se situe précisément entre Ajaccio et Coti-Chiavari. Harley Quinn ? Un avatar d’Arlequin, personnage de la commedia dell’arte, genre prisé par la romancière. Mettre bas les masques n’est-il pas le but de toute enquête? Cette clef italienne a poussé Marie-Jean Vinciguerra à mettre ses pas dans ceux de l’auteur de « Dix petits nègres.»

L’hypothèse d’un séjour d’Agatha Christie en Corse sous l’identité de Nancy Neele hante l’auteur de « La veuve de l’écrivain» depuis 1990, où il a piqué la curiosité du public en révélant l’affaire par un article dans« Kyrn ». Que s’est-il donc passé durant cette escapade incognito de la « lady of crime ? » L’idée de creuser un récit autour de la fugue d’Agatha Christie en Corse, prend corps à la faveur d’une rencontre entre Marie-Jean Vinciguerra et le cinéaste Daniel Vigne (Le retour de Martin Guerre). Envisagé au départ comme un scénario, le récit adopté sera celui d’un « ciné-roman onirique », mêlant les techniques narratives de la scénarisation à celles du roman, suscitant ainsi des ruptures de ton.

Humour anglais et âme corse. Il en résulte un récit construit comme un synopsis, différent du roman classique. Exercice délicat où il s’agit de rester fidèle à l’univers d’Agatha Christie -suspense et humour compris – tout en respectant l’âme corse des personnages – parmi lesquels un certain Santu Frangolacci gérant du Grand Hôtel – ainsi que l’atmosphère d’une époque révolue, celle des bandits de légende et de l’Art nouveau.

Morceau choisi : « Le Grand Hôtel. Veduta ajaccienne. Dimanche 5 décembre 11 heures. La baie d’Ajaccio, la place du Diamant, les parcs… l’air scintille. Décembre printanier. La rue des Anglais, caprice d’une ville ordonnée autour du souvenir du grand homme. Cottages, église anglicane. Good morning, dear friend !

« J’ai pensé qu’il fallait faire du texte littéraire le véritable enjeu du roman, » explique Marie-Jean Vinciguerra qui depuis « Bastion sous le vent » a engagé une réflexion autour du style considéré comme« un personnage à part entière. » Ainsi cette phrase posant une énigme dans l’énigme : « Mais qui raconte l’histoire d’une mystérieuse disparition sur laquelle la romancière anglaise ne s’est jamais expliquée ? » Question centrale qui renvoie au masque, au double. Agatha Christie a le sien, Harley Quinn. Ce « processus de scénarisation littéraire», selon l’expression de l’auteur, permet de combiner une action faite de plans séquences et de dialogues en style direct, avec une écriture subjective rendue par les monologues intérieurs. « Je est un autre » écrivait Rimbaud.Alors qui parle et à quel moment ? « Est-ce Agatha, son double Harley Quinn, ou encore cet auteur qui se cache sous un vrai patronyme ? » Faire d’une énigme policière un jeu littéraire, une invention romanesque, c’est prendre le parti du « mentir vrai » cher à Aragon. Un défi relevé par Marie-Jean Vinciguerra, romancier devenu scénariste.

La littérature devient ici instrument d’enquête chargé d’éclairer un épais mystère . Écrivain mué en détective, Marie-Jean Vinciguerra signe une oeuvre originale où brillent à la fois le style, l’imagination… et le flair.

Désormais, il appartient au cinéma de reprendre l’enquête là où la littérature l’a laissée. Au bord de l’étang de Silent Pool, ou bien au Grand Hôtel d’Ajaccio…

Jean-Pierre Girolami

Extraits

« Nourrice, suis-je belle ? »

EXTRAIT – Jean-Marc Olivesi, conservateur général du Patrimoine, auteur aux éditions Albiana de Salomé aux Enfers, nous propose un extrait de l’Hérodiade de Mallarmé.

Assez ! Tiens devant moi ce miroir.
                                                    Ô miroir !
Eau froide par l’ennui dans ton cadre gelée
Que de fois et pendant des heures, désolée
Des songes et cherchant mes souvenirs qui sont
Comme des feuilles sous ta glace au trou profond,
Je m’apparus en toi comme une ombre lointaine,
Mais, horreur ! des soirs, dans ta sévère fontaine,
J’ai de mon rêve épars connu la nudité !
Nourrice, suis-je belle ?
 
                            N.
                                      Un astre, en vérité
Mais cette tresse tombe…
 
                            H.
 
                                      Arrête dans ton crime
Qui refroidit mon sang vers sa source, et réprime
Ce geste, impiété fameuse : ah ! conte-moi
Quel sûr démon te jette en le sinistre émoi,
Ce baiser, ces parfums offerts et, le dirai-je ?
Ô mon cœur, cette main encore sacrilège,
Car tu voulais, je crois, me toucher, sont un jour
Qui ne finira pas sans malheur sur la tour…
Ô jour qu’Hérodiade avec effroi regarde !

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U Balcone, Ghjacumu Thiers, Albiana 2016

Ludovic Baris Pezet 

U Balcone hè un rumanzu scrittu da Ghjacumu Thiers, isciutu in u 2016, conta 232 pagine frà e quale 20 capituli.

A scena si passa in u 1975. Durente a perioda di u Riacquistu. Conta a storia d’una parsona anziana, bella vechja, « chì li hè vinuta l’età nantu » (p.18), Agata Fulleoni, chì si ramenta da a so casa di pensione Ave Maria, sott’à a direzzione di madama Poli Arnesini, occupata da e duie serve Julie è Mélodie, è da a sicritaria Francesca Pinettini ; tutta a so ghjuventù passata cù u so maritu Petru, da u principiu, vali à dì, da u scontru trà i dui parsunaghji in Colmar durenta a festa di l’Armistizia (da duve u cugnome d’Agata à u filu di u rumanzu « L’Alsassiana »), chì Petru era militariu, u mumentu ch’elli si sò visti pè a prima volta. 

Cunfideghja à u lettore Agatta ch’ella era cum’è una ricunniscenza piuttostu cà una rimarca. Veru colpu di fulmine discrittu à e pagine 13 è 14 di u rumanzu :

« Rimarcatu, rimarcatu.. soca saria megliu à dì ricunnisciutu ! Tutti quant’è no simu, ùn avemu in un scornu di a nostra mente, a forma o l’ombra d’isse persone chì sò quì, propiu à mezu à noi, è chì parenu cusì luntanu da a stonda è di ciò chì si passa ? 

O ancu :

 « Mi sò intesa trasundà, affascinata è certa di avè ritrovu quellu ch’o avia persu, in un’altra vita in quantu à mè, è chì issa stonda bella è strana mi rendia cusì, un rigalu bellu è pienu cum’è a pace.. » 

Una parolla nantu à u modu d’offre à u lettore u ricordu ch’avarà Agata. Ùn esiteghja micca l’autore Ghjacumu Thiers à ghjucà cù  U tempu chì Berta filava, paragunendu a sturietta di « La madeleine de Proust » veru classicu di a literatura francese, cù « U fumu di u caffè caldu di madama Fulleoni » à a pagina 12.

I lochi di Colmar sò ancu più chì prisenti, si ponu leghje à i pagini 12 è 13, lochi cum’è Krutenau, a piazza Turenne, a Lauch, e ringhere di a calatta…

Da u so sughjornu, si stà bè à Agata Fulleoni in casa di pensione.

U coppiu s’hà da tramuttà si in Corsica

Hà messu dui anni Ghjacumu Thiers à scrive issu rumanzu.

Trè epiche sopralineghjanu a storia :

  1. A festa di l’Armistizia dopu à a prima guerra mundiala.
  2. A fine di l’anni 1920. In paese di U Matticciu
  3. L’annu 1975 in casa di pensione.

A rifarenza di u nome di u paese U Matticciu, vole dì chì situeghja u paese in Corsica Suprana (Cismonte), duve a custruzzione di case fatte da matticciu. Invece chì in Corsica Suttana (Pumonte) sò fatte e case da a granita.

In issu paese un parsunaghju assai simpaticu, hè quellu di u fattore, assai riservatu, abbastanza timidu, ma chì hà una capacità tamanta à a literatura è à a cunniscenza di i classichi, in uppusizione cù a ghjente di u paese stessu.

Si pò leghje à a pagina 21 :

« Quandu l’altri paisani facianu l’ortu o a partita à bocce o u giru di e cantine cun l’amichi, ellu pigliava una scusa o l’altra è si tirava à l’ombra una carreia o si stracquava longu tiratu sottu à un arburu di a curtalina è cacciava d’istacca e Bucoliche o e Metamorfosi d’Apuleiu è mettia à leghje, quasi vergugnosu di ùn fà cum’è l’altri, ma ùn si ne pudia impedì… »

Aspittarà Agata u vultà di u maritu chì si ne andatu pè isse isule uceaniche à truvà l’allegria assoluta, mandarà trè lettere, eppo dopu più nunda… Agata l’aspittarà quarant’anni dopu nant’à u balconu di a casa. 

Da duve u titulu di u rumanzu.

A prima volta chì u balcone hè ammentatu in u rumanzu hè a a pagina 23, quandu si tratta à truvà un nome à a sgiocca bianca bianca chì si chjamarà Gninina pè ride si di u fratellu u fratellu di Paulandria :

« Era Madama Fulleoni, Agattuccia l’Alsassiana, chì avia lampatu quellu nome da u so balcone, ghjustu di punta à a casa di Paulandria. »

I libri citati da Ghj Thiers anu una funzione attiva in i so rumanzi. Marc Chadourne « Vasco » 1927. A dumanda a più impurtanta di u rumanzu è chì tutti i parsunaghji si facenu : Cosa hè diventatu Petru ?

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Choisir la vie

Gaston Pietri publie aux éditions Albiana Fragments de vie, reflets d’Évangile, un livre dans lequel l’auteur donne une vision du quotidien motivée par la Parole de Dieu.

Dans Fragments de vie, reflets d’Évangile, Gaston Pietri propose une lecture du quotidien à travers quelques citations de la Bible. D’où le sous-titre : la Bible et le journal. Il s’agit, pour l’auteur, de montrer combien Dieu se trouve au coeur de la vie des hommes. En effet, tout l’enjeu de cette écriture fragmentaire, minimale, qui est celle de Gaston Pietri, repose sur la nécessité de renouer avec une Parole incarnée : Dieu s’insère dans les thématiques morales, politiques, sociales, qui répartissent notre vie. Bien sûr, si une vie se trouve mise en question dans ce livre, c’est celle de l’auteur lui-même : Gaston Pietri propose, avec toute l’humilité qu’on lui connaît, sa vision de la société, ses souvenirs, son rapport à la philosophie – sa manière donc d’accueillir et de restituer dans sa vie les mots de Dieu. Si une vie se trouve interrogée, c’est celle du lecteur : renouer avec une parole incarnée, c’est désirer, pour un catholique, que la communauté des chrétiens parvienne à réinvestir le domaine de la Parole. En d’autres termes, faire en sorte que le chrétien, impliqué dans un temps difficile et éloigné de la Parole de Dieu, inscrive pleinement dans ses mots et dans ses gestes la Parole du Très-Haut.

Si ce livre se présente sous une forme désorganisée, il s’organise néanmoins autour d’une idée centrale. Cette idée est extraite du Deutéronome (30 19): « Choisis la vie ». Autour de cette injonction se déploie la vision sociétale de l’Eglise : le refus de l’euthanasie (« La vie du mourant est encore la vie humaine », p. 15), le refus de l’avortement ( « Refuser à une vie naissante la chance d’aboutir, parce qu’on sait ou on croit d’avance l’accomplissement compromis : tel est le choix difficile à admettre », p.16). Cette façon de concevoir la vie intègre un débat philosophique que Gaston Pietri mène tout au long de son livre avec Jean-Paul Sartre. Gaston Pietri défend une position, celle de la responsabilité humaine vis-à-vis de la Création. Citant Hans Jonas, et son principe de responsabilité, ou encore Emmanuel Levinas, et l’ « assignation » qui est celle de l’homme dès sa naissance, Gaston Pietri défend un existentialisme chrétien : l’homme, né dans un monde qu’il ne comprend pas, n’est pas pour autant « jeté » dans celui-ci, mais « donné » par Dieu. L’homme possède, possession qui lui est attribuée par Dieu, l’ « autorité » (Genèse, 28) sur les choses et les êtres qui l’entourent ; cette autorité fait de lui le responsable du monde qu’il reçoit. Ce geste n’est pas une pleine puissance : l’homme possède certes la liberté de répartir et de ménager son espace, de protéger et d’organiser le vivant à sa guise ; mais cette liberté le contraint à d’immenses devoirs. Pour reprendre les termes de Gaston Pietri, la vocation de l’homme n’est pas simplement un appel de Dieu, c’est avant tout un « acte relationnel » (P.47). L’homme a la responsabilité de tout le vivant, et par cette responsabilité, il est lié à toute la création : l’homme agit sur la Création, et la Création vit en lui (« Le croyant sait que Dieu est non pas à côté mais à l’intérieur de sa liberté, ‘plus intime à moi-même que moi-même’ […] », p. 48). Cette position s’oppose au « projet » athée, celui du projet sartrien : dans l’existentialisme athée, Sartre considère que l’homme, sans avoir choisi de naître, se retrouve piégé dans un monde où rien ne lui est assuré. L’homme doit donc par ses gestes, par ses choix, par une certaine forme de refus de la « situation » familiale, scolaire, sociale, qui fonde sa liberté, bâtir son être. Dans la conception sartrienne, Dieu est remplacé par l’homme ; l’homme est au centre de sa propre création (Sartre, L’existentialisme est un humanisme : « L’homme est non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence, l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait »). Le projet tient dans mon existence. L’auteur appelle « permissivité » cette liberté de l’homme qui lui permet d’administrer la vie telle qu’il l’entend : un individu qui fonde sa vie sur une liberté absolue peut décider de se tuer (euthanasie), gérer son corps et la vie qui y germe (avortement). L’individu n’est pas pour autant inconscient : dans la pensée de Sartre, autrui est emporté par mon « image ». Reconnaître l’autre comme un autre moi, c’est considérer que la construction de son moi entraîne toute l’humanité.

De cette manière, nous le voyons assez bien : il ne suffit pas d’inviter à « choisir la vie ». Après tout, les athées et les catholiques choisissent tous deux la vie. Cependant, il s’agit d’une vie et d’une responsabilité très différente. Deux formes de vocation s’interposent : celle d’un appel et celle d’une angoisse. Toutefois, et c’est sans doute ce qu’un catholique du XXIe siècle peut dire à son père : notre siècle nous appelle. Les catholiques, comme tous les êtres humains, sont responsables de la vie sur Terre ; ils veulent oeuvrer pour que le monde ne se défasse pas ; mais pour cela il faut que l’Eglise soit exemplaire, et il faut que l’Eglise écoute son siècle : pour ce faire, il faut investir les débats de société ; mais pas par une morale inadaptée à l’usage des hommes. Nous n’avons pas la vocation d’interdire à des personnes de même sexe qui s’aiment de ne pas s’aimer ; nous n’avons pas vocation à dire aux femmes et aux hommes qui décident de ce qui est bon pour eux d’agir autrement ; nous n’avons pas vocation à l’injonction – en revanche, nous avons le devoir de faire le ménage dans notre maison, qui est celle de Dieu, d’écouter les déshérités, d’aider ceux qui veulent s’élever, d’aimer les désespérés, de tailler du mieux que nous pouvons notre pardon, d’affiner notre écoute et notre silence, de proposer à la société qui est la nôtre, lorsqu’elle est si proche de la guerre, lorsqu’elle est traversée par une telle violence, un projet à la hauteur de notre temps et de notre responsabilité.

En savoir plus :

Gaston Pietri, Fragments de vie, reflets d’Évangile, Ajaccio, Albiana, 2019.

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U rimitu di u collu à Boziu, Ghj. de Zerbi

Georges de Zerbi, U rimitu di u collu à Boziu, éditions Albiana,
coll. Calamaii, 2011

par

La mémoire de la « pieve »

Après son premier roman  L’ultima pagina  Ghjorghju de Zerbi nous
offre U rimitu di u collu à Boziu , histoire d’un étudiant de l’université de Corti Ghjuvan Francescu qui prépare sa thèse précisément sur l’histoire de sa région du Boziu. Au lieu d’entamer une recherche classique le jeune homme s’intéresse davantage à certains dits villageois, à certains signes mystérieux qu’il lit sur paysages de sa région de montagne parfois même avec l’aide de sa grand-mère ou du tailleur de pierre du village. Un caractère franc et loyal, une volonté de faire pour le mieux face aux obstacles qui ne manquent pas, lui feront découvrir peu à peu d’étranges éléments qui s’inscrivent dans l’ancienne mémoire d’une « pieve » fière et
courageuse.


L’intérêt de l’enquête personnelle que le jeune homme mène de son
propre chef tient aussi au climat fantastique que l’auteur a su installer dans son récit : surprises, constats étonnants, coïncidences étranges invitent le lecteur à cheminer à son côté tout au long, à trembler et espérer avec lui, à mesure qu’il avance et se persuade d’une vérité historique générale corse ou locale et aussi d’un point de vue plus proche, celui d’une vérité familiale et même intime. C’est à un voyage passionnant que nous invite ici ce livre, un voyage dans une Corse moderne et villageoise d’aujourd’hui, qui ne renie ni l’histoire ancienne ni sa culture enracinée, un voyage dans une
société contemporaine telle que nous la connaissons d’expérience, avec
ses comportements habituels, raisonnables ou têtus, insouciants ou
attentionnés, un ensemble qui séduira celui qui le découvre, jeune ou
moins jeune, grâce aux nombreux signes possibles de connivence et
d’identification.


Sans parler de la force convaincante d’une langue soignée et précise,
avec ses mots parfois précieux, ses formes et ses formules à la fois archaïques et poétiques, une langue qui témoigne de la sensibilité et
de la bonté naturelle d’un auteur qui atteint avec ce second ouvrage
un degré de plus dans son talent narratif.
C’est là aussi une qualité que peut apporter le roman moderne, genre fort changeant qui mêle à plaisir fiction et réalité, et il peut ainsi communiquer cette étrange pouvoir de nous faire découvrir des mondes nouveaux, même lorsqu’ils sont proches et très fréquentés.

Réédition d’un article de 2011

Articles

Murtoriu de Marcu Biancarelli (2009, Albiana)

« Un terramottu in a literatura corsa »

par Sébastien Quenot

Da a guerra di u 14 à i mojitos di a Rambla in Barcelona, passendu per passate indiavulate à i comptoirs, l’ultimu rumanzu di Biancarelli hè una vera soma, un terramottu in a literatura corsa, the libru à ùn micca mancà !

Sta parabula d’una sucetà corsa post-muderna in pezzi, in pisticciuli, in panna, allupicata è loscia dopu a scossa di a francisazione è l’assaltu di a mundialisazione, presenta un intrecciu d’epiche è di tematiche chì sò tante chjave per capisce u sguardu ch’ellu porta l’autore nant’à a Corsica. U versu trash di l’opera ùn cerca micca a pruvucazione à tutti i patti. À u cuntrariu, a descrizzione d’una sucetà persunalizata in a figura di Mansuetu è di l’imaginariu di e brame nustrale ind’è Cianfarani o Maroselli sò tante vie duve à dilla franca, u lettore, ancu in e so pazzie, si pò ritruvà…

Sta parabula d’una sucetà corsa chì intoppa una mundialisazione viulente, inghjenna un umanisimu paisanu ma cusmupulitu dinù.

U risultatu hè tremendu, incù una lingua senza pastoghje, incù unalibertà di tonu è di parolla bella ammaestrata, Biancarelli hà scrittu ciò chì firmerà per avà, l’opera maestra di a so generazione. Cun d’altri autori o artisti chì viaghjanu trà sintimu d’abandonnu, di sparizione, nihilisimu fintu, indiatura palesa ma libera è vuluntà di nurmalizà, di mudernizà a lingua, nun solu l’equilibriu vene d’incantu trà tutte ste tentazione, ma sopratuttu, cù stu libru, passerete una bella stonda di piacè. È quessa pò, hè digià una bella vittoria chì in Corsica dinù, malgratu u chjoccu seccu di u Murtoriu, the show must go on !”

Prima edizione Musanostra , marzu 2011

Articles

Nimu de jean-pierre Santini Editions Albiana – 2006 – « La Corse en 2033 ».

par A-X. Albertini

Quelques mots sur Nimu, de Jean-Pierre Santini – Après un cataclysme toutes les communications sont interrompues «  Il n’y avait plus aucune nouvelle du monde » La lumière du jour a disparu. Quelques clartés giclent ça et là comme des soleils. Ambiance de fin du monde assez angoissante. On entre dans le livre avec précaution,  sur la pointe des phrases. On fait la
connaissance de trois personnages importants : Paolo, Alice et le commissaire Caramusa dont la maison tient encore debout parmi les
ruines. L’auteur nous parle de la scène du crime, en effet il y aura plusieurs crimes, mais le plus grand crime est celui exercé sur cette terre qui meurt et qui montre du doigt la résignation. La résignation conduit à renoncer progressivement à ses vrais besoins, à son authenticité, à taire sa révolte et à accepter l’inacceptable.

L’histoire se passe dans le Cap Corse et particulièrement sur la côte ouest. Les adultes sont partis, il n’y a plus d’enfants et les rares vivants oublient de vivre. Ils s’évitent, ne se parlent plus. Ils se sont rangés prudemment dans le circuit du manège social, castrés par le capitalisme triomphant. Dans ce livre étrange où le lecteur patauge dans la mort et le désastre, l’écriture est envoûtante et le mot juste. Mais on cherche l’ouverture vers la vie pour respirer une coulée d’air. On y rencontre également une certaine organisation, le FASCI, dont les pratiques pour se débarrasser des dissidents relèvent de l’horreur. L’un d’eux, Petru Santu Casta s’étonne. Il a remarqué
que les couleurs de l’Organisation correspondent avec les couleurs des
rites religieux : le rouge, le blanc, le noir ( page 358 ) – Dans cette Organisation, on « travaille » par équipe. Chaque équipe désignée exécute ceux qui dénoncent, crient la vérité, et remet ensuite un rapport à l’Assemblée des Témoins.


Imagination ? Scènes surréalistes ? Pas tant que ça, car elles nous
ramènent à de funestes réalités dont nous avons le souvenir . Parfois,
on est en plein polar, mais le lecteur est vite ramené à une profonde
interrogation sur le devenir de la Corse. Quant au passé, à toute la
pourriture qui s’en dégage, à tous les mensonges gobés, le crime est
justement de n’avoir pas eu le courage de faire aboutir une situation honnête, juste et cohérente. De tous temps la vérité a avancé masquée,
cagoulée, nourrie de profits dérisoires et humiliants, jusqu’à en
perdre sa langue et son âme.


Le livre refermé, les images restent imprimées devant nos yeux tellement l’écriture est visuelle. Ce livre pèse lourd. Ce que j’ai lu me colle à la tête. Un renouveau est-il possible ?


Jean-Claude Loueilh, philosophe, a résumé sûrement mieux que moi, ce
récit : « et tout le roman est transi de ces faux-semblants et de ces
évitements qui désolent le village et le vident de sa tessiture humaine
 » Pourtant, pense –t-il, toute désolation peut aussi façonner un sol et un volcan nouveaux.   Espérons.

Article réédité , première publication 2011

Articles

Fiori di machja. Petru Santu Leca, C. Luzi Ed. Albiana 2018

Recension de P. Alibertini, traduite par C Campana

Trad. di Cathy Campana

Petru Santu Leca hè unu di i più grandi poeti corsi.
U libru « Petru Santu Leca » di Cristofanu Luzi , ed. Albiana u face scopre. Stu poeta, d’Arbori, à a discrezione legendaria, hè l’autore di e famose canzone,  » Sottu à u ponte » è  » Ti tengu cara « .

Hè statu professore di talianu prima in Corsica è dopu in Nizza. Si n’hè mortu in Nizza à 72 anni. Petru Santu Leca era nipote carnale di u grande Santu Casanova è cugnatu di Paul Arrighi, u fundatore di u Centru di Studii Corsi in Echisi.

Avia un amicu caru, Paul Valery, d’origine corsu da u babbu. Stu libru di Cristofanu Luzi ci rigala qualchì belle lettere trà i dui poeti. Petru Santu Leca hè statu direttore di  » l’Annu corsu » è fondatore di a rivista litteraria mediterrania » L’Aloès ».
A so collezzione era spapersa ma Cristofanu Luzi ( dottore es lettere, ingeniore di ricerca CNRS à l’università di Corsica Pasquale Paoli) s’hè fattu un dovere sacru di ricapizzala. Dopu a scuperta di certi quaderni è carte inedite,hà ghjudicatu chì st’opera meritava una ricunuscenza più grande. Hè cusì ch’hà publicatu testi corsi versificati è ancu in prosa. Omu scopre tandu un’opera di qualità, un’opera corsa, dilicata è classica, moderna ma tradiziunale, incù i tema prediletti di a natura, a morte, u tempu chì passa…

Cristofanu Luzi hà misuratu u valore di Petru Santu Leca, di quale a Corsica s’era scordata, forse per via di a so umilità. Vole chì st’opera, veru patrimoniu litterale corsu, sia infine ricunisciuta. Incù finezza, si serve di a Ricerca per mette in manu di tutti l’opera cumpleta di st’autore corsu di prima trinca. Per prisentà l’opera di Petru Santu Leca è u so studiu criticu, Cristofanu Luzi hà fattu u giru di a Corsica ma dinò di e biblioteche è centri d’archivi di Francia cuntinentale.

Ch’ellu sia ringraziatu per stu bellu travagliu chì permette a spartera di u Capitale corsu.